L’Estrie connaît un rayonnement sans précédent, entre autres grâce à la création du Pôle universitaire de Sherbrooke, qui lui confère une position fort enviable dans l’économie du savoir. Elle s’illustre aussi par sa forte proportion d’entreprises manufacturières, qui doivent maintenant s’attaquer à la préparation de la relève.

Si l’Estrie a toujours su profiter largement de sa proximité avec les États-Unis, elle le fait avec encore plus d’aplomb depuis l’entrée en vigueur du libre-échange nord-américain, il y a une quinzaine d’années.
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L’Estrie occupe d’ailleurs le deuxième rang des régions exportatrices au Québec, après l’île de Montréal, ce qui explique son fort développement industriel. «Environ 30 % des emplois de la région se trouvent dans le secteur manufacturier, comparativement à 18 % pour l’ensemble du Québec», explique Gilles Lecours, économiste régional à Emploi-Québec, Estrie. Les services d’enseignement et les soins de santé représentent 20 % des postes, et le tourisme, troisième secteur économique d’importance, génère 5 % de l’emploi.
À l’instar des autres régions exportatrices, l’Estrie subit cependant les effets de la hausse de la valeur du dollar canadien et de la concurrence étrangère, particulièrement dans les domaines de la fabrication de produits du bois et du vêtement, où les marges bénéficiaires sont peu élevées. «L’Accord de libéralisation du vêtement affectera aussi la région en ouvrant davantage le marché canadien aux produits étrangers en 2005, soutient Gilles Lecours. La fabrication de vêtements et le textile représentent plus de 6 000 emplois, et ce chiffre décroîtra au fur et à mesure que les entreprises à grand bassin de main-d’œuvre continueront d’aller s’établir dans les pays asiatiques.»
Parmi les entreprises manufacturières qui génèrent le plus d’emplois, on trouve celles de la transformation du caoutchouc. D’ailleurs, l’Estrie compte le plus grand bassin d’entreprises dans cette industrie, soit 31, qui embauchent 4 618 des 12 205 travailleurs de l’industrie au Québec. «C’est aussi la seule région où il y a de la formation spécialisée dans le domaine, précise Manon Rivest, directrice générale du Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec. C’est l’attestation d’études professionnelles (AEP) en transformation du caoutchouc, un programme du Centre de formation professionnelle de Memphrémagog. Les entreprises estriennes peuvent aussi avoir recours au laboratoire spécialisé en technologie des polymères de l’Université de Sherbrooke pour la recherche et le développement.»
Certes, l’emploi est en perte de vitesse dans différents sous-secteurs de l’industrie. Cependant, plusieurs entreprises continuent de recruter des opérateurs de machines à transformer le caoutchouc, des travailleurs qui composent environ 65 % de la main-d’œuvre de l’industrie.
Imbroglio linguistique
L’Estrie a longtemps été connue sous l’appellation de «Cantons-de-l’Est», qui tirait ses origines de la traduction du nom Eastern Townships, le toponyme donné à la région par les administrateurs de la colonie britannique. Pourtant, celle-ci est située davantage à l’ouest du Québec qu’à l’est... Mais pour les loyalistes venus des États-Unis, elle se trouvait effectivement à l’est. À la suite de pressions effectuées par des mouvements de défense du fait français, le gouvernement du Québec a décrété, le 3 juin 1981, le remplacement du nom «Cantons-de-l’Est» par «Estrie». Composé du préfixe désignant le point cardinal, ce toponyme contient aussi le suffixe «trie», un mot de la langue romane qui désigne une terre fertile.
Source : Commission de toponymie du Québec.