Cependant, la région connaît des difficultés à conserver sa main-d'œuvre dans le domaine. «Ce n'est pas seulement une question de salaire, note Roger Tremblay, directeur Planification et Partenariat au bureau régional d’Emploi-Québec. Les salaires sont moins élevés qu'à Montréal, mais le coût de la vie aussi. C'est surtout que l'industrie des technologies de l’information n'offre pas encore de masse critique suffisante. Pour l’instant, nos diplômés préfèrent partir pour Montréal ou Québec, où le nombre d'entreprises et de travailleurs dans ce domaine permet une émulation qu'ils ne rencontrent pas toujours ici.»
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Un problème que la directrice du Carrefour jeunesse-emploi de Sherbrooke, Manon Roberge, reconnaît. «Les employeurs du secteur manufacturier ont déjà diminué leurs exigences d’emploi pour aller chercher le plus de monde possible mais, même en demandant un diplôme de cinquième secondaire plutôt qu’un DEC, c’est encore insuffisant.»
Une autre manière de dire que l’Estrie pourrait bien devenir une terre fort accueillante pour la main-d’œuvre des autres régions du Québec. C’est ce que soutient Jean-Louis Blanchette, selon qui les besoins de main-d’œuvre ne devraient pas diminuer d’ici tôt : «La diversification des dernières années a permis d’équilibrer les choses et de nous rendre beaucoup moins fragiles. On devrait donc continuer de progresser, récession américaine ou non.»
Plus de 200 ans après l’arrivée dans la région des loyalistes fuyant la Révolution américaine, une nouvelle vague d’immigration guette peut-être les Cantons!
Zoom sur l’emploi
avec Roger Tremblay, directeur Planification et Partenariat, Emploi-Québec Estrie
Tendances du marché de l'emploi
«Depuis les derniers mois, nous notons un certain essoufflement du marché de l'emploi en Estrie. C'est loin d'être la récession, mais la croissance est moins marquée qu'au cours des deux dernières années. Huit mille postes ont tout de même été créés entre mai 2000 et mai 2001, mais nous notons une baisse du travail à temps plein, alors que l'emploi à temps partiel progresse. Il n'y a qu'à Sherbrooke que la grande majorité des emplois créés sont à temps plein et que le nombre d’emplois à temps partiel régresse.
«Nous avons reçu à Emploi-Québec plus de 14 000 offres de postes à pourvoir au cours de la dernière année. C'est trois fois plus qu'en 1997-1998. C'est le signe que le marché de l'emploi dans la région a fait de grands pas ces dernières années.
«Le projet Priorité Emploi, organisé depuis quatre ans par Emploi-Québec, Développement des ressources humaines Canada et le quotidien La Tribune, a contribué à faire connaître nos services.» Ce projet consiste en un Salon régional de l'emploi, qui a permis, en avril 2001, de pourvoir à 364 postes offerts chez les employeurs. De plus, plusieurs centaines de candidats étaient en processus d'embauche à la suite du Salon. La diffusion d'un répertoire d'offres d’emploi dans le quotidien La Tribune a aussi permis de pourvoir à 268 des 540 offres publiées, créant au total 812 emplois.
Développement de la main-d'œuvre
«Nous avons mis en place cette année un nouveau comité d’adaptation de la main-d’œuvre à Magog. D'autres existaient déjà à Lac-Mégantic, à Coaticook et à East Angus notamment. Ces comités permettent de répondre aux besoins de main-d'œuvre spécialisée, soit en recrutant des travailleurs à l'extérieur de la région, soit en formant ceux déjà sur place.»