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Régions - Laurentides
Rimouski, Trois-Rivières, corridor Saint-Sauveur/Mont-Tremblant

Ces villes qui rockent!

Ces communautés n’apparaissent sur aucun palmarès économique. Pourtant, elles rockent! Par le dynamisme et l’ingéniosité des gens qui les habitent, Rimouski, Trois-Rivières et le corridor du cœur des Laurentides parviennent à se démarquer. Elles sont entreprenantes, combatives, imaginatives et ambitieuses. Avis à ceux qui partagent ces traits de caractère.

par Éric Grenier, Jean-Sébastien Marsan, Christine Lanthier
Photo: Patrick Deslandes


Magazine Jobboom
Vol. 5 no. 3 mars 2004


Le corridor Saint-Sauveur/Mont-Tremblant

Un effet boule de neige
Ce n’est pas une ville à proprement parler, mais un chapelet de localités situées au cœur des Laurentides. Il va de Saint-Sauveur à Mont-Tremblant, en traversant Sainte-Adèle, Val-David, Saint-Faustin et bien d’autres villages.

En fait, il n’y a même pas de ville dans ce lacet de 60 kilomètres : la plus grosse entité municipale, Sainte-Agathe, peine à compter 10 000 habitants, même si elle a avalé deux villages voisins lors de la grande vague des fusions municipales.

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N’empêche, dans la région, on ne se demande pas comment stimuler la croissance, mais plutôt comment la ralentir! Pour absorber cette croissance, il faut construire des routes, des logements, des écoles, des cliniques, former de la main-d’œuvre, organiser du transport collectif…

Ce dynamisme, beaucoup l’attribuent à l’arrivée du promoteur de centres de villégiature Intrawest. Si cette analyse est un peu exagérée, il reste que ses réalisations et ses projets de deux milliards de dollars autour de la montagne tremblante ont donné un coup de fouet à la région. Une classe d’entrepreneurs y a vu le jour, des professionnels flairant la demande s’y sont installés. Toute une gamme de services devenus nécessaires à cause de l’augmentation rapide de la population et des entreprises ont créé d’innombrables commerces.

À La Conception, près de Mont-Tremblant, le revenu moyen des familles a augmenté de 103 % depuis 1996! L’onde de choc va jusqu’à La Macaza, connue autrefois de quelques trappeurs de loups et militaires seulement. Une base y hébergeait des ogives nucléaires américaines pendant la guerre froide. Aujourd’hui, la base est devenue l’aéroport international de Mont-Tremblant, grâce aux idées audacieuses d’un entrepreneur local.

L’effet boule de neige atteint le sud de la région. «Il y a quelques années, on ne pouvait même pas trouver de bas à Saint-Sauveur!» ironise Stéphane Lalande, directeur général de la Société de développement économique des Pays-d’en-Haut. Aujourd’hui, on peut y magasiner ses chaussettes sans problème — on y trouve même des Christian Dior.

Dans la région, on ne se demande pas comment stimuler la croissance, mais plutôt comment la ralentir!

Avec une telle rumeur de prospérité, la région se fait attirante et connaît un taux de croissance démographique de deux à trois fois supérieur à celui du Québec. En 2000, Philippe Laudat vendait son petit restaurant d’Outremont pour déménager toute sa famille dans le vieux village de Mont-Tremblant, en se portant acquéreur d’un petit hôtel aussi vieux que le village. «C’est le nom de Tremblant qui m’a permis d’être financé! dit ce chef d’origine française. Ça paraissait rassurer les institutions prêteuses.»

Innover ou rien
Les «régionaux» des Laurentides innovent sans cesse. Ils y sont condamnés, faute d’attrait de leur coin de pays pour les grands industriels.

Tout a commencé au début du XXe siècle quand, menacés d’indigence par une terre trop pauvre et trop froide, les habitants ont développé autour de Sainte-Marguerite-Estérel et de Sainte-Agathe les premières stations d’hiver en Amérique.

Aujourd’hui, pour contrer sa trop grande dépendance à l’industrie touristique, la région se lance dans un concept inédit de «nouveau travail». L’idée est d’étendre à 80 % de la population le réseau de fibre optique pour permettre l’accès à Internet haute vitesse. L’objectif : attirer les travailleurs autonomes et les petites entreprises nécessitant l’accès à la technologie de pointe. Déjà, les travailleurs indépendants comptent pour plus de 20 % de la population.

D’anciens employés du défunt studio André Perry à Morin-Heights (où Sting a déjà enregistré) n’ont pas attendu l’arrivée de la fibre pour développer le créneau des nouvelles technologies. En 1991, ils lançaient ce qui est devenu aujourd’hui Hybrid Technologies, un important créateur d’effets spéciaux par ordinateur installé à flanc de colline, à Piedmont. «Nous ne voulions pas quitter la région, dit Sylvie Talbot, responsable des communications à Hybrid. Nos clients viennent de Hollywood. Alors, que nous soyons à Montréal ou à Piedmont, ça ne change pas grand-chose!»

Vie de qualité
Le cœur des Laurentides n’a que deux as dans son jeu qui le distinguent des autres régions : sa relative proximité avec Montréal et sa qualité de vie. Là-dessus, on ne fait pas de compromis. «Il n’y a pas de mégaporcheries ni d’usines polluantes, dit Stéphane Lalande. Et nous n’en cherchons pas. Quand je parle à des collègues ou à des amis d’ailleurs, je sens qu’ils m’envient de travailler et de vivre à Sainte-Adèle.»

Si, par cupidité électorale, les politiciens oublient ce principe de développement, les habitants s’en chargent. Ainsi, en décembre dernier, les gens de Sainte-Adèle ont refusé un projet récréotouristique de 130 millions de dollars. On y aurait érigé une abracadabrante tour de béton aussi haute que la Place Ville-Marie, au sommet d’une colline!

La qualité de vie prime donc, avec comme principal atout le plein air. Aucune autre région dans l’est du Canada ne peut se vanter d’offrir à ses résidents une telle variété de sentiers de ski de fond ou de pistes cyclables. Et, bien sûr, des centres de ski. Presque chaque village a son remonte-pente, son lac, sa plage…

À quelques minutes en voiture de la maison, on peut aller voir des vedettes internationales du rock au Bourbon Street, visionner un film d’Almodovar au cinéma Pine — un petit complexe de salles de cinéma unique en son genre — ou se fouetter le sang dans l’un des nombreux spas nordiques, par exemple.

Et puis, quelle autre région peut se vanter d’avoir attiré aussi bien Riopelle que Michèle Richard et la famille Bronfman que Léo-Paul Lauzon?


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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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