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«Trois-Rivières était comme un coffre à outils verrouillé à double tour», illustre le maire Yves Lévesque, un verbomoteur aussi controversé qu’aimé dans sa région. «On a un fleuve avec deux ports, un aéroport, des parcs industriels, une université… Ce n’était pas normal qu’une ville située entre deux grands centres soit la capitale du chômage.»
Aujourd’hui, la vapeur est complètement renversée. Des jeunes y reviennent, créent des PME et des emplois. Le taux de chômage a fondu de plus de la moitié, pour atteindre 10 %. Le Vieux-Trois-Rivières est en pleine restauration et on y enfouit les fils électriques.
La ville n’a plus le même visage depuis. «De la Saint-Jean jusqu’en septembre, le centre-ville est fermé à la circulation», poursuit le maire, pour qui cette décision a contribué à redonner vie au centre-ville.
L’été dernier, il a même fait «ensevelir» le centre-ville sous des tonnes de sable pour y organiser un tournoi de volley-ball de plage de classe internationale. «Les jeunes aiment ça. Ils veulent habiter dans une ville où ça bouge», ajoute le maire.
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Avec ses trois salles de spectacle et son riche calendrier d’événements en littérature, en danse, en musique et en arts visuels, Trois-Rivières s’affiche désormais comme une ville de culture. «De plus en plus d’entreprises de l’extérieur viennent s’installer à Trois-Rivières. Il faut offrir des choses à ces gens-là», note Guy Mercure, directeur de l’Internationale de l’art vocal de Trois-Rivières.
Ce festival, qui a attiré 200 000 personnes au début de l’été 2003, a grandement profité de la récente réfection de la principale artère, la rue des Forges. «C’est une rue où on retrouve maintenant plusieurs restaurants-terrasses. Lorsqu’on parcourt ce demi-kilomètre à partir de la rue Royale et qu’on avance vers le fleuve, on reprend conscience de notre centre-ville et de son effervescence.»
Ce n’est pas fini
Selon François Proulx, les Trifluviens n’ont encore rien vu. Ce promoteur de 29 ans dirige la réalisation d’un projet récréotouristique, résidentiel et commercial sur l’emplacement d’une ancienne usine de papier, au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Maurice. «C’est vraiment l’un des plus beaux terrains au Québec. J’en rêve la nuit», dit-il. Au moins 450 logements, un centre de foires, un hôtel, une promenade et une piste cyclable, voilà à quoi ressemblera sa Cité de l’Émerillon en 2013... pourvu que le gouvernement libéral maintienne la subvention consentie par les péquistes avant l’élection, et que certaines chicanes juridiques entre promoteurs ne s’éternisent pas.
«D’ici à un an, une fois la décontamination des sols terminée, on va ouvrir les clôtures et les gens vont voir que le lieu parle de lui-même.»
Un vent de renouveau souffle aussi du côté industriel. L’aéroport, rénové en 1996, attire de nouvelles entreprises. Il ne faut pas s’attendre à y voir affluer des hordes de passagers, mais plutôt des dizaines de travailleurs en aéronautique, selon le directeur de l’aéroport, Richard Légaré. «Notre créneau est celui des services à l’aviation (entretien, peinture, construction, etc.). Ça crée plus d’emplois qu’un aéroport de passagers. On procède en ce moment à la remise à neuf d’un appareil de WestJet. Quatre-vingts personnes y travaillent.» Une activité qui incite plusieurs mécaniciens mis à pied par Air Canada et Bombardier à s’installer dans la région.
Au dire de plusieurs, les avantages de la vie à Trois-Rivières se résument en un mot : proximité. Celle du fleuve et du centre-ville animé, de Montréal et de Québec, des lacs et de la villégiature.
«On est probablement la seule ville fusionnée où il n’y a pas de mouvement de défusion, ajoute François Proulx. C’est un gros atout. Pendant que tout le monde va se chicaner à savoir s’il va y avoir ou non séparation, nous, on va avancer.»