Trouvez un article

Rechercher

Régions - Laurentides

Développement probable

Les soubresauts entourant l’avenir du mont Orford prouvent à quel point les parcs nationaux sont convoités comme outils de développement régional. Les régions des Laurentides et de Lanaudière, par contre, semblent ignorer le potentiel de leur bijou, l’immense parc national du Mont-Tremblant.

par Éric Grenier
Photos : Pierre Parent, Sépaq


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 5 Mai 2007


C’est une nomination qui a fait son effet : en 2004, la chaîne de montagnes des Laurentides, qui s’étend de l’Outaouais à la Côte-Nord, a été classée septième destination touristique la mieux préservée du monde par le célèbre magazine National Geographic Traveler.

Devant les Alpes suisses, l’île de Pâques et le parc de Yellowstone!

Le parc national du Mont-Tremblant, qui est à cheval – ou à orignal! – sur les régions administratives des Laurentides et de Lanaudière, occupe les deux tiers des espaces protégés de la chaîne. Créé en 1895, il est aussi le plus ancien et le plus grand parc naturel québécois.

En principe, le parc du Mont-Tremblant devrait être une destination touristique majeure, comme l’est le parc de Yellowstone, dans le nord-ouest des États-Unis, qui a reçu trois millions de visiteurs l’an dernier. Or, seulement 400 000 personnes ont franchi les postes d’accueil du parc emblème des Laurentides, en 2006.

Pub.

«Ce parc est sous-utilisé, confirme Martin Soucy, directeur du parc national du Mont-Tremblant. Il pourrait accueillir pas mal plus de monde, sans que sa mission de conservation en soit affectée.»

Martin Soucy déplore que les deux millions de touristes qui foulent chaque année les pavés de la Station Mont Tremblant ne soient pas plus nombreux à faire un saut de l’autre côté de la montagne, où se situent les principales attractions du parc national. En effet, seulement 0,5 % des visiteurs inscrits aux postes d’accueil du parc sont issus de la clientèle de la station.

Mais Benoît Deshaies, vice-président aux ventes, marketing et communications à la Station Mont Tremblant, considère que ces touristes sont aussi des visiteurs du parc. C’est que 90 % du domaine skiable et des sentiers de randonnée de la station sont situés à l’intérieur même des limites de ce territoire. Les terrains sous la responsabilité de la station couvrent moins de 1 % des 1 500 km2 de cette grande réserve naturelle. «Dès que vous dépassez le premier pylône de la télécabine, vous êtes à l’intérieur du parc. Même s’ils ne passent pas les guérites, les skieurs ou les gens qui grimpent le pic Johannsen – le plus haut des six sommets du massif du mont Tremblant – visitent aussi le parc. Le paysage que les gens apprécient du sommet de la montagne, c’est celui du parc!»

«Un parc national comme celui du Mont-Tremblant est un produit de première classe pour courtiser la clientèle touristique internationale, confirme Claude Péloquin, de la Chaire de tourisme Transat, à l’UQAM. La clientèle à la recherche de lieux naturels intacts s’accroît.»

Cependant, dans les publications promotionnelles de Tremblant, l’immense parc national se fait discret. Son existence n’est signifiée que pour la pratique de quelques activités de plein air organisées à partir de la station, avec transport par navette, comme du canot sur la rivière du Diable.

Les élus de la MRC des Laurentides trouvent eux aussi que la valeur du parc est sous-estimée. «L’Association touristique régionale (ATR) des Laurentides n’en fait pas beaucoup la promotion», constate avec déception le préfet de la MRC des Laurentides, Ronald Provost. «C’est pourtant un incontournable. C’est le site le plus exceptionnel de la région!»

Du côté de Lanaudière, seulement quelques mots sont consacrés à cette attraction naturelle dans le site Internet de l’ATR, au milieu d’une liste d’autres attraits à visiter.

Les appels effectués à la MRC de la Matawinie, dans laquelle se trouve la portion lanaudoise du parc, afin d’obtenir des commentaires sur son importance économique, sont demeurés sans réponse. Pourtant, une de ses communautés, Saint-Donat, est encerclée par le parc. Son maire ne se formalise guère du manque d’intérêt de ses confrères. «Saint-Donat a toujours été plus près culturellement et géographiquement des Laurentides que de Lanaudière, explique le maire Richard Bénard. Nous, nous faisons du parc l’un de nos attraits principaux. On travaille étroitement avec son personnel administratif pour développer ce potentiel touristique.»

Un plan

Le parc n’est pas un gros employeur. Avec ses 160 employés au plus fort de l’été, et à peine une vingtaine pendant les basses saisons, il présente une liste de paie moins longue que celle d’un supermarché!

N’empêche, son impact économique global n’est pas négligeable. Selon le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, les retombées du parc pour les villages voisins s’élèvent à 90 millions de dollars par année. Pour sa part, le parc de Yellowstone engendre des retombées de 550 millions de dollars pour les communautés avoisinantes, évalue le National Park Service, aux États-Unis.

En 2001, le gouvernement du Québec a adopté un nouveau plan directeur pour le parc. S’il est en majeure partie consacré à la protection des écosystèmes, une portion s’attarde à faire fructifier les impacts économiques pour les villages des environs.


guide de survie


En moyenne, combien d’heures de travail supplémentaires effectuez-vous par semaine?








Résultats