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Régions - Laurentides

Développement probable (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 5 Mai 2007


L’un des défis pour la direction du parc sera de mieux répartir les visiteurs sur l’ensemble du territoire. Depuis 1999, plus de 10 millions de dollars ont été investis, principalement dans les secteurs de L’Assomption et de la Pimbina, dans Lanaudière, moins développés en matière de campings, de plages, d’activités d’interprétation de la nature, que celui de la Diable, près de Tremblant, où se trouve la plus grande proportion d’attraits naturels et où se dirige la majorité des visiteurs. «D’autres investissements importants sont à venir, indique Martin Soucy. Nous allons notamment doter le parc d’un centre d’expositions thématiques, comme tous les grands parcs nationaux dans le monde en possèdent.»

Selon ce plan directeur, de nouveaux sites de camping et des sentiers de randonnée seront aménagés, des routes seront reconstruites, notamment celle reliant le poste d’accueil de Saint-Donat à celui de Saint-Michel-des-Saints, permettant aux amateurs de plein air d’accéder à de nouveaux territoires jusque-là inexploités.

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Chemins de travers

Mais à Saint-Donat, on a les yeux tournés vers les millions de visiteurs de la Station Mont Tremblant.

Du sommet du pic White, où se trouve la station de ski, on aperçoit Saint-Donat, au pied de la montagne. Si près, mais si loin : avant 2003, se rendre à Saint-Donat relevait de l’héroïsme, pour qui n’était pas un habitué des lieux. Chemins de gravier cahoteux, tortueux et étroits comme des sentiers de lièvres, signalisation déroutante menant à des culs-de-sac inopinés… Au bout de cette ébouriffante virée, Saint-Donat apparaissait enfin.

Pour mieux rediriger la visite parfois nombreuse du secteur de la Diable et amener la clientèle de la Station Mont Tremblant vers Saint-Donat, les projets les plus insensés ont fusé avant la publication du plan directeur. Comme celui d’un train qui aurait traversé le parc, au cœur d’un relief particulièrement inhospitalier pour une voie ferrée! Cette idée jouissait de l’appui de la station. Elle aurait ainsi pu agrandir son terrain de jeu à l’ensemble du parc.

À défaut d’attirer les touristes qui viendraient visiter en voiture, le maire de Saint-Donat souhaite maintenant les inciter... à marcher!

Les autorités gouvernementales ont plutôt opté pour une nouvelle route construite au sud des limites du parc, au milieu d’un territoire encore exempt de développement, si ce n’est des coupes forestières. Inaugurée en 2003, cette route n’a pas tenu ses promesses. La horde de touristes se fait toujours attendre au poste d’accueil de Saint-Donat. «Personne ne l’emprunte! On l’a construite pour rien», tonne Jacques Ruelland, président du Conseil régional de l’environnement des Laurentides.

«La route n’est pas utilisée à sa juste valeur, malgré ses fabuleux points de vue donnant sur les montagnes du sud», reconnaît le maire Richard Bénard, qui siège aussi à la Table d’harmonisation du parc du Mont-Tremblant. «Mais l’accès à la route à partir de la station est encore trop difficile.» La construction d’un pont, en 2008, au-dessus de la rivière du Diable, entre les versants sud et nord de la montagne, pourrait corriger cet accès difficile.

La Table regroupe des représentants du gouvernement et de diverses organisations des Laurentides et de Lanaudière. Elle a pour mandat de concilier les objectifs de conservation du parc et de développement économique régional.

À défaut d’attirer les touristes qui viendraient visiter en voiture, le maire de Saint-Donat souhaite maintenant les inciter... à marcher! Le plan directeur propose en effet de relier les réseaux de sentiers du parc aux autres qui sillonnent les Laurentides et Lanaudière. «Ça créerait une boucle de randonnée extraordinaire. Les visiteurs pourraient marcher des jours sans devoir utiliser leur voiture.»

Mais sur le plan économique, le projet le plus spectaculaire émane encore une fois de la Station Mont Tremblant : l’ouverture du Camp Nord, prévue en 2014, le troisième village bâti par Intrawest, au pied du versant nord de la montagne. Une affaire de un milliard de dollars! «Ce nouveau village sera moins exubérant que les autres, explique Benoît Deshaies. Son aménagement et son architecture seront intimement liés à la personnalité sauvage du parc. Et une bonne part des activités offertes le seront en collaboration avec les autorités du parc.»

Avec le risque que la Station Mont Tremblant s’approprie les espaces du parc pour les besoins de ses clients. Mais Martin Soucy, directeur du parc, a confiance. «Il y a de l’espace pour tout le monde!»


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