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Régions - Laval

Le bon moral

On s’en moque allègrement à Montréal et dans les médias, mais Laval n’en a que faire. Elle demeure l’une des villes les plus dynamiques au Canada. Quel est le secret de son succès?

par Geneviève Dubé


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 4 avril 2006


Ses rangées de bungalows-avec-piscine-hors-terre, ses grands centres de l’achat compulsif et son mégaplexe de cinémas évoquant une soucoupe volante lui valent de nombreuses railleries de l’extérieur de ses frontières. Quoi qu’il en soit, les Lavallois n’ont rien à cirer des prétentions des Montréalais. La croissance économique de leur patelin fait des jaloux dans bien des coins du Québec.

En effet, Laval anticipe la création de plus de 15 000 nouveaux emplois sur son territoire d’ici à 2009, selon Emploi-Québec. C’est une fois et demie la croissance anticipée de l’emploi pour la même période dans l’ensemble du Québec. Cette vitalité repose d’abord sur sa croissance démographique. La population lavalloise a crû rapidement entre 1996 et 2005, passant de 334 882 à 370 368. Elle attire également un nombre important de jeunes à la recherche d’un milieu de vie plus propice à la famille et moins coûteux qu’au centre de Montréal. Les personnes âgées de 15 à 29 ans, qui forment la relève en emploi, représentent 18 % de la population totale de la ville.

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La présence de ces jeunes qui, selon le maire Gilles Vaillancourt, seraient plus scolarisés que la moyenne du Québec, notamment grâce à la proximité des grandes universités montréalaises, encourage les entreprises à s’installer à Laval pour bénéficier de leurs compétences. Par exemple, l’entreprise Algorithme Pharma, spécialisée dans les tests cliniques de médicaments, a choisi d’y établir son siège social et a fait l’achat, en 2005, de terrains qui permettront l’expansion de son laboratoire d’analyse d’échantillons sanguins. Cet investissement favorisa l’embauche de 130 à 230 employés d’ici à 2008. Instacâble, qui est dans le domaine des télécommunications, a également déménagé ses bureaux à Laval l’an dernier.

Pour poursuivre sa croissance, Laval mise sur ses forces. Parmi celles-ci se trouvent quatre grappes de développement qui illustrent bien sa grande diversité économique : les biotechnologies, qui regroupent 90 entreprises; les technologies Internet et informatiques, qui donnent du travail à quelque 4 370 personnes; l’horticulture et l’industrie agro-alimentaire, qui représentent 34 % de la production québécoise; ainsi que la production industrielle, qui offre près de 10 000 emplois.

Tous ces secteurs recrutent et trouvent leur main-d’œuvre qualifiée à Laval, les établissements d’enseignement comme le Cégep Montmorency et les centres de formation professionnelle travaillant de pair avec les entreprises pour offrir de la formation centrée sur leurs besoins. La Cité du Savoir, un campus qui réunira sous la forme d’un consortium les quatre universités francophones montréalaises (Université de Montréal, Université du Québec à Montréal, HEC Montréal et École Polytechnique), ouvrira ses portes à la fin de l’année 2007 près de la nouvelle station de métro Montmorency et enrichira ainsi l’offre de formation.

Le Parc scientifique et de haute technologie, qui comprend la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du Montréal métropolitain, n’est pas étranger au maintien à Laval du siège social canadien de la compagnie Sanofi-Aventis, troisième groupe pharmaceutique au monde, à la suite de la fusion de Sanofi et Aventis. «L’entreprise pensait transférer son siège social à Toronto lorsque Sanofi a acheté Aventis, mais les dirigeants ont constaté la force de Laval en biotechnologie», explique le maire Gilles Vaillancourt.

Outre ces secteurs de pointe, Laval profite de la croissance du commerce. En effet, les power centers, ces nouveaux centres commerciaux extérieurs, y poussent comme des pissenlits. «Il est clair que les gens viennent magasiner à Laval, autant les Montréalais que ceux qui résident plus au nord, affirme le maire. Le réseau routier facilite grandement l’accès à nos centres commerciaux.»

De plus, à court terme, la construction résidentielle ne semble pas être saturée. «Les 10 000 étudiants attendus à la Cité du Savoir et les Lavallois vieillissants qui vendront leurs maisons pour s’installer dans des résidences ou des condominiums auront besoin d’un logis», poursuit M. Vaillancourt.

On ne peut pas parler de Laval sans évoquer l’arrivée du métro sur son territoire. Cette ligne de métro constitue une bonne nouvelle pour tous les secteurs d’activité, les trois stations attirant notamment autour d’elles de nombreux investisseurs commerciaux et résidentiels. L’annonce de la construction du pont de l’Autoroute 25, qui devrait être accessible en 2009, stimulera également le développement dans la partie est de l’île Jésus.

Bref, on a le moral à Laval!


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