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Régions - Laval
Travailler et vivre dans les régions des Laurentides, de Laval et de Lanaudière

Au nord le paradis

Les Laurentides, Laval et Lanaudière : trois régions du nord de Montréal qui attirent de plus en plus de résidents. On s’y installe pour la qualité de vie, la beauté du paysage, la proximité de son lieu de travail ou encore parce qu’il est plus aisé d’y dénicher un toit confortable, à prix relativement abordable et à distance raisonnable de la grande ville. Autre avantage : les possibilités d’emploi y seront nombreuses au cours des prochaines années.

par Jean-Marie Allard


Magazine Jobboom
Vol. 5 no. 2 février 2004


Église de Saint-Jovite
Photo : Thérèse Fraysse

Les récentes statistiques le confirment : de plus en plus de Montréalais se laissent séduire par la banlieue quand vient le temps de choisir l’emplacement de leur nid familial. Propriétés à prix plus abordables, terrains plus spacieux, tranquillité et proximité de la grande ville : les avantages sont nombreux.

En 2002-2003, Montréal a perdu au-delà de 20 000 citoyens au profit de ses rives nord et sud. Les régions de Laval, des Laurentides et de Lanaudière en ont accueilli ensemble quelque 13 000. L’impact de ce mouvement migratoire est indéniable sur leur développement. Centres commerciaux, usines, maisons et condos semblent y pousser comme des champignons depuis quelques années. Une ruée vers le nord qui influe sur la dynamique de ces régions puisque l’arrivée de nouvelles personnes stimule l’emploi local dans plusieurs domaines, en particulier le commerce, les services et la construction.

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Laurentides : trois régions en une

Le territoire des Laurentides se divise en deux zones géographiques : les Basses-Laurentides, qui font partie de la plaine de Montréal, et les Hautes-Laurentides, qui sont dominées par un paysage de montagnes et de plans d’eau. Toutefois, la réalité socio-économique découpe la région en trois sous-régions aux profils bien distincts : le sud, le centre et le nord.

Du centre commercial à la forêt

Le sud de la région, qui s’étend grosso modo de la frontière lavalloise jusqu’à Saint-Jérôme, a particulièrement profité depuis plusieurs années de l’étalement urbain de Montréal, conférant à l’ensemble des Laurentides le premier rang au chapitre de la croissance démographique au Québec. Cette explosion de la population a donné lieu à un boum immobilier résidentiel et commercial sans précédent ainsi qu’à la prolifération de mégacentres commerciaux et de magasins à grande surface. Une effervescence qui demeure toujours très bénéfique pour la vitalité du secteur de la construction, du commerce de détail et des services.

Cette sous-région se caractérise également par un solide secteur manufacturier où évoluent principalement des entreprises de technologie de pointe en aéronautique, en matériel de transport terrestre et en transformation agroalimentaire. Ce noyau industriel place la région au deuxième rang québécois en ce qui a trait aux exportations manufacturières.

Le centre des Laurentides, qui s’étale de Saint-Jérôme jusqu’au mont Tremblant, est reconnu depuis fort longtemps comme le «terrain de jeu quatre saisons» de la région métropolitaine. Le développement récent du mont Tremblant a entraîné une recrudescence d’entreprises à vocation récréotouristique et provoqué, par la même occasion, une flambée dans la demande de main-d’œuvre saisonnière dans le secteur des services, entre autres dans les domaines de la restauration, de l’hébergement et des installations sportives, notamment celles reliées au ski et au golf.

Le nord de la région, délimité par la municipalité régionale de comté (MRC) d’Antoine-Labelle, correspond à un immense territoire où la forêt constitue le secteur clé de l’économie. Depuis une vingtaine d’années, la prise en charge de l’industrie forestière par des entrepreneurs locaux, résolument tournés vers une gestion intégrée axée sur le développement durable, a insufflé à ce secteur une vitalité inégalée. Marquée du sceau de la modernité, cette industrie, en quête d’une main-d’œuvre spécialisée, offre des emplois bien rémunérés. La sous-région devrait par ailleurs connaître un très fort développement de sa vocation de villégiature et récréotouristique alors qu’elle mettra à profit, entre autres, les retombées du développement du mont Tremblant.

Championne de la croissance de l’emploi

«Du nord au sud des Laurentides, la solidité et la diversité des assises économiques auront raison, à moyen terme, des soubresauts de la conjoncture négative qui sévit depuis deux ans dans la région et qui affecte plus d’un secteur de l’économie, affirme Robert Gareau, économiste régional d’Emploi-Québec à Saint-Jérôme. À preuve, ajoute-t-il, la région a bénéficié d’investissements privés et publics totalisant 2,9 milliards de dollars en 2003, en dépit de la fermeture de General Motors, des événements du 11 septembre 2001, de la crise du SRAS, des mises à pied chez Bombardier, Air Transat et Nova Bus, du contentieux canado-américain sur le bois d’œuvre, de la hausse du dollar... et ainsi de suite!»

Emploi-Québec prévoit pour les Laurentides un taux annuel moyen de croissance de la main-d’œuvre de 2,3 %, soit le plus élevé de toutes les régions du Québec.

Emploi-Québec prévoit pour les Laurentides un taux annuel moyen de croissance de la main-d’œuvre de 2,3 %, soit le plus élevé de toutes les régions du Québec (la moyenne provinciale étant de 1,6 %). Cela représente la création de 29 000 nouveaux emplois entre 2002 et 2006. Les postes qui deviendront disponibles à la suite des départs à la retraite sont estimés à 24 000. Au total, c’est donc dire qu’environ 53 000 emplois devront être pourvus durant cette période.

«Compte tenu de la présence plus marquée sur l’ensemble du territoire de certains secteurs comme l’hébergement, la restauration, les divertissements et loisirs, le commerce et la construction, il est à prévoir qu’une part plus importante des postes à pourvoir d’ici à 2006 sera concentrée dans des professions de niveau technique, intermédiaire et de gestion, commente Robert Gareau. Le creux de la vague qui frappe présentement le secteur de l’aéronautique affectera cependant à la baisse les emplois de haute et de moyenne technologie.»

Toujours selon l’économiste, «la croissance et le vieillissement de la population provoqueront une demande accrue pour les professions de la santé et des services sociaux, de l’enseignement et des services publics. Le secteur de la vente et des services offrira également de nombreuses possibilités d’emploi grâce, notamment, à la croissance démographique et aux investissements substantiels dans les domaines commercial et touristique. Les différents métiers de la construction, de même que ceux du domaine du transport et de la machinerie, offriront aussi des débouchés aux travailleurs en quête d’emploi.»


Travailler et vivre dans les Laurentides

Patrice Lemyre
Président fondateur de Dessins de bâtiment Techniplan, à Saint-Eustache

À 27 ans, Patrice Lemyre compte déjà 10 ans d’expérience dans le domaine de la construction. Titulaire d’un diplôme d’études professionnelles en dessin de bâtiment, le jeune homme a décidé de travailler à son compte en 1998. Il exploite seul son entreprise, Dessins de bâtiment Techniplan, à Saint-Eustache. Il s’occupe de concevoir l’infrastructure de bâtiments (plomberie, ventilation, mécanique, etc.) et fait réaliser les travaux par des sous-traitants spécialisés.

Patrice Lemyre a choisi de créer son entreprise dans la ville où il habitait parce qu’il y connaissait beaucoup de gens. «Les contacts déjà établis aident à ouvrir le marché, dit-il. Ça m’a apporté des contrats dès le début.» Il a ainsi piloté des travaux pour de nouveaux commerces, puis il a obtenu d’autres contrats tant au Québec qu’ailleurs au Canada, aux États-Unis et même en Algérie. «J’ai rarement fait de la publicité», ajoute-t-il, en expliquant que le bouche à oreille fonctionne très bien pour lui. Selon lui, «la Chambre de commerce de Saint-Eustache offre sans doute un service plus personnalisé que ce qu’on retrouve dans les grands centres, étant donné qu’elle regroupe moins d’entreprises». Il apprécie d’ailleurs les soirées de type «5 à 7», qui lui permettent d’entretenir son réseau et de rencontrer de futurs clients ou fournisseurs.

Enfin, Patrice Lemyre s’estime bien situé pour se rendre chez ses clients. «Je suis près des autoroutes : la 15, la 20, la 30... Je peux me rendre à Laval en 15 minutes et à Montréal en une demi-heure.»

(par Anne Marie Parent)


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