![]() St-Jean-de-Matha |
Des acquis prometteurs
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La région tire avantage d’une très grande diversité économique, bien que l’ensemble du territoire possède un caractère rural et que son marché soit presque exclusivement centré sur la demande intérieure québécoise. Cette vigueur se fait surtout sentir dans les MRC de l’Assomption et des Moulins. À l’instar de la MRC d’Antoine-Labelle dans les Laurentides, la MRC de Matawinie, qui englobe la partie nord de Lanaudière, est un grand territoire forestier dont on compte mettre à profit les attraits touristiques pour générer de nouveaux emplois, particulièrement dans le secteur des services.
Troisième région agricole au Québec, Lanaudière se distingue par sa production biologique (élevage et production végétale). Les producteurs y ont développé une grande variété de produits de qualité supérieure, dont le bœuf biologique, la volaille, les œufs, les fromages fins et les boissons alcoolisées. Les créneaux de l’horticulture et des biotechnologies végétales font par ailleurs des percées porteuses d’avenir. Il en est de même pour la gestion intégrée, à savoir la gestion de l’eau potable et des eaux usées, la gestion des matières résiduelles de l’agriculture et de la forêt, la gestion des déchets municipaux et du recyclage, l’utilisation des plans d’eau et des bassins versants pour la foresterie.
Quant au secteur manufacturier, il se caractérise par la présence d’entreprises de grande taille dans les domaines du caoutchouc, du plastique, des produits métalliques, des minéraux non métalliques ainsi que du bois et de ses dérivés. L’habitation est d’ailleurs l’un des créneaux d’excellence de la région. Lanaudière a en effet développé au cours des 10 dernières années une expertise de pointe dans la fabrication de tous les produits requis pour la fabrication de maisons.
L’emploi sur la bonne voie
«En 2002, la population active atteignait 210 000 personnes, et le taux de chômage s’est maintenu en dessous de la barre des 8 % pour une troisième année consécutive. Le taux d’emploi, lui, était de l’ordre de 62,4 %. Du jamais vu depuis 15 ans! affirme Roger Pedneault, économiste à la Direction régionale d’Emploi-Québec. Comme ailleurs toutefois, l’activité économique lanaudoise a accusé un recul au troisième trimestre de 2003 comparativement au même trimestre de 2002.»
En outre, la performance économique des trois dernières années et les prévisions pour les trois prochaines années permettent aux analystes d’Emploi-Québec d’établir à 14 000 le nombre d’emplois créés entre 2001 et 2006. Le départ à la retraite de quelque 19 000 personnes créera également des ouvertures pour les candidats au marché du travail, si bien que la demande additionnelle de main-d’œuvre dans Lanaudière devrait se situer autour de 33 000 postes.
La croissance globale de la population et l’augmentation probable du nombre de nouvelles entreprises devraient stimuler le secteur tertiaire, qui accapare plus de 70 % de la main-d’œuvre lanaudoise. L’emploi dans les domaines des services aux entreprises, du divertissement, des loisirs, de la santé, du transport et du commerce s’en trouvera vraisemblablement favorisé.
Dans le secteur primaire, l’on s’attend à ce que l’emploi demeure stable, alors qu’il devrait progresser dans le secteur manufacturier grâce au dynamisme des industries des produits métalliques, de la machinerie, du bois, du meuble ainsi que des aliments et des boissons. Le secteur de la construction résidentielle sera pour sa part grandement favorisé au cours des prochaines années, ajoute Roger Pedneault. «Cette vitalité sera causée par la poursuite de l’étalement urbain au profit des régions limitrophes adjacentes à Laval et Montréal de même que par l’accroissement migratoire vers le nord et l’est de la région. À cela s’ajoutent des projets d’infrastructures routières et quelques projets industriels et institutionnels qui sont déjà en voie d’être réalisés, tandis que d’autres devraient être annoncés sous peu.»
Travailler et vivre dans Lanaudière
Michaël Cotard et Sylviane Rolland
Propriétaires de la chocolaterie Le cacaoyer, à L’Assomption
Tous les deux âgés de 28 ans, Michaël Cotard et Sylviane Rolland sont mari et femme en plus d’être associés. En novembre 2002, ils ont ouvert une chocolaterie à L’Assomption, à une douzaine de kilomètres de leur lieu de résidence, Repentigny.
Michaël Cotard a appris le métier de pâtissier auprès de son père, avant de se spécialiser dans la fabrication du chocolat à la pâtisserie La Bruxelloise, à Montréal. Il a également travaillé à La Gascogne, une autre pâtisserie de la métropole. C’est durant ces années de déplacements entre la ville et la banlieue qu’il a rencontré sa femme, titulaire d’un diplôme d’études spécialisées en pâtisserie. Tous les deux viennent de Repentigny.
«J’ai toujours eu l’objectif d’ouvrir une entreprise dans ma région», déclare Michaël Cotard. Sans avoir fait d’étude de marché proprement dite, le jeune entrepreneur raconte s’être informé au Centre local de développement pour découvrir qu’il n’y avait pas de chocolaterie dans les environs. «Et je suis allé avec mon cœur», lance-t-il, en ajoutant avoir eu le coup de foudre pour cette belle maison centenaire où le couple tient commerce. «Les loyers sont moins élevés ici qu’à Montréal, poursuit-il. Nous avons peut-être moins de clientèle qu’en ville, mais, comme la communauté est plus petite, les gens parlent beaucoup de la boutique.» D’ailleurs, Michaël Cotard apprécie les relations plus personnelles qu’il entretient avec ses clients, comparativement à ce qu’il a connu à Montréal. Et, question d’asseoir sa réputation, il a développé pour son chocolat un petit réseau de distribution composé de cinq pâtisseries de la région.
Ravis de pouvoir faire ce qu’ils aiment et à un rythme qui leur permet de jouir d’une belle qualité de vie, les associés sont heureux de travailler à L’Assomption, près du collège et du théâtre. «C’est un coin que j’aime, et je n’ai plus à me déplacer vers Montréal», conclut le chocolatier.
(par Anne Marie Parent)