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Une succession de centres commerciaux et de quartiers résidentiels, Laval? Pas seulement! Car cette région de la Rive-Nord est aussi la capitale horticole du Québec. L’agriculture représente même un levier économique pour cette ville de banlieue. Petite tournée dans le Laval rural.

L’entreprise Les Serres Sylvain Cléroux est le plus important producteur horticole du Québec. Avec ses 123 serres, elle occupe une surface cultivée de près de 63 00 mètres carrés, sans compter une vaste jardinerie ouverte au public, débordant de fleurs annuelles et vivaces, de plantes d’intérieur et de fleurs tropicales.
En tant que grossiste, l’entreprise vend ses produits à Loblaw, Canadian Tire, Walmart, RONA et plusieurs autres magasins à grande surface. Elle couvre le territoire du Québec, mais aussi de l’Ontario, des provinces maritimes et du nord-est des États-Unis.
Fait étonnant, c’est à quelques kilomètres au nord de Montréal que le producteur fait pousser ses fleurs, dans le secteur de Sainte-Dorothée, à Laval, mieux connu pour ses innombrables centres commerciaux.
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Malgré les pressions exercées par le développement commercial et résidentiel, 30 % du territoire de Laval demeure encore consacré à l’agriculture, soit 7 000 hectares, indique Jean-Olivier Guillemette, économiste à Emploi-Québec pour la région de Laval.
«La zone agricole est restée inchangée depuis 20 ans», constate Nancy Guay, directrice de l’Agropôle (l’un des pôles d’excellence de Laval Technopôle) et également directrice des opérations de la Table de concertation agroalimentaire de Laval. Tout cela grâce à la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles qui permet de préserver les terres consacrées à la production.
Résultat : fleurs, plantes, fruits et légumes tels le maïs sucré, le melon d’eau, les fraises, les framboises et les citrouilles poussent en abondance à Laval. Selon Emploi-Québec, on y compte 141 producteurs agricoles dont 118 en horticulture.
Quatre-vingt-trois pour cent de la zone agricole est concentrée dans l’est de la ville, dans les secteurs d’Auteuil, de Saint-François et de Duvernay; le reste se déploie dans sa zone ouest, de Sainte-Dorothée et de Fabreville). C’est qu’il y a plus d’une bonne raison de cultiver à Laval. D’abord, la ville jouit d’une terre riche et d’un climat clément. Selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, la région est la plus chaude du Québec et, conséquemment, c’est elle qui présente la période végétative la plus longue. «Cela nous permet non seulement d’offrir certains produits plus tôt dans la saison, mais aussi de prolonger celle-ci», souligne Nancy Guay.
La proximité d’un vaste marché d’acheteurs potentiels constitue un autre avantage. «Cinquante pour cent des consommateurs du Québec se trouvent à moins de 40 kilomètres de Laval!» confirme Nancy Guay. En premier lieu, la population de Montréal avide de produits frais.
Le secteur agricole emploie 1 400 personnes, mais les travaux dans les champs et en serres requièrent des bras supplémentaires au cours de la haute saison, d’avril à juillet (fleurs, plantes) ou de mai à octobre (fruits, légumes). «Sur les 141 producteurs agricoles, 78 embauchent des travailleurs autres que de la main-d’œuvre familiale», indique Jean-Olivier Guillemette.