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Régions - Mauricie
L’emploi en Mauricie

Les grandes espérances

La Mauricie poursuit sa métamorphose. Après deux décennies de désindustrialisation, cette région veut devenir une capitale culturelle incontournable au Canada, l’épicentre de la recherche et du développement de l’hydrogène, le deuxième pôle en aérospatiale au Québec et même concurrencer Tremblant sur le plan touristique. C’est de l’ambition, ça!

par Denise Proulx


Magazine Jobboom
Vol. 6 no. 2 février 2005


Après des décennies de marasme économique, une Mauricie nouvelle prend forme, se développe. Cette renaissance repose sur quelques leaders politiques déterminés et des développeurs ambitieux, grands amateurs de la vie en forêt et des plans d’eau, fiers de la qualité des aménagements récréatifs et culturels de la région. Tous misent sur la qualité de vie, comme valeur ajoutée au milieu du travail, pour faire entrer la Mauricie dans le XXIe siècle.

«Nous bénéficions de tous les avantages des grands centres urbains, sans subir les inconvénients qui empoisonnent la vie quotidienne des villes d’envergure», lance avec conviction Yves Marchand, directeur général de la Société de développement économique (SDE) de Trois-Rivières. «Trois-Rivières est une ville à grandeur humaine, située à seulement une heure et demie de Montréal et de Québec. Sa qualité de vie nous procure un positionnement stratégique enviable pour attirer des investisseurs désireux d’offrir un cadre intéressant à leurs familles et employés. On est en train de démontrer qu’il n’y a plus de limites ni d’embûches à notre développement.»

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Cette foi est particulièrement palpable à Shawinigan, où les habitants misent désormais sur la culture comme élément clé de la relance économique de leur coin de pays. «Nous étions une région mal desservie en matière de services de santé. Grâce à nos activités culturelles et à la proximité de nouveaux services commerciaux, quatre jeunes femmes médecins sont venues s’installer chez nous depuis un an», affirme Josette Allard-Gignac, conseillère municipale à Shawinigan et responsable de la toute nouvelle Corporation de développement culturel, un organisme voué au financement de projets artistiques dans la municipalité.

Un envol certain

Premier arrêt de notre tournée régionale : Trois-Rivières, là où le développement d’une industrie aérospatiale autour de l’aéroport local est l’objet d’une attention particulière de la part des autorités.

Sept entreprises spécialisées en aéronautique s’y sont installées depuis mars 1995, au moment où la Ville de Trois-Rivières achetait l’aéroport du gouvernement fédéral. L’aéroport est conçu pour accueillir les gros porteurs.

L’une des entreprises, Les industries aéronautiques Symphony, a relancé en 2004 l’usine d’avions OMF, fermée à la suite de la faillite de cette société allemande, en décembre 2003. À la fin de 2004, Symphony procurait de l’emploi à 20 travailleurs spécialisés en aéronautique et son président, Paul Costanzo, qui dirigeait l’usine OMF avant la faillite, prévoyait en compter 50 avant la fin de 2005.

«À Mirabel, le coût d’exploitation de la main-d’œuvre est plus élevé qu’ici. Si je m’étais installé là-bas, avec les compagnies aérospatiales qui s’y trouvent, comme Bombardier, je craignais que mon entreprise devienne un camp d’entraînement pour les gros avionneurs et de perdre ma main-d’œuvre», précise Paul Costanzo, qui a dirigé l’usine Bell Helicopter Textron, à Mirabel, jusqu’en novembre 2002.

Premier Aviation, une entreprise qui fait de l’entretien et de la remise à neuf d’appareils de types 737 et 757 notamment pour la compagnie West Jet, occupe aussi des locaux industriels sur le site de l’aéroport et fournit de l’emploi à une centaine de travailleurs spécialisés.

Trois-Rivières est le centre névralgique de la filière de l’hydrogène au Québec depuis près de 15 ans!

Afin de fournir les nouvelles entreprises aérospatiales en main-d’œuvre, la SDE travaille avec la Commission scolaire du Chemin du Roy à ouvrir pour septembre 2005 une école professionnelle en aéronautique sur le terrain de l’aéroport.

Maintenant, Trois-Rivières vise même la relance du transport aérien pour donner encore plus de tonus au parc aéroportuaire. «Il y a déjà trop d’achalandage à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, ce qui aide celui de Trois-Rivières à se développer, souligne Yves Marchand de la SDE. Les passagers de la région préfèrent prendre l’avion ici pour éliminer les délais accablants de vérification de sécurité et de déplacement, y compris ceux des embouteillages sur les autoroutes de la métropole.»


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