C’est connu, Shawinigan est le fief de Jean Chrétien. Ce qui l’est moins, pour ne pas dire carrément inconnu, c’est que l’ancien premier ministre est un amoureux des arts! Toute une chance pour Shawinigan, qui a saisi la balle au bond et a investi massivement, avec l’appui du gouvernement fédéral, dans ses infrastructures culturelles.
| Pub. |
La Ville ne cesse d’étonner grâce à l’habileté avec laquelle elle attire des événements culturels d’envergure. Le musée de la Cité de l’énergie présentait l’an dernier une exposition de calibre international, L’Arche de Noé, avec des œuvres de Picasso, de Degas et de Bugatti. «Le musée de la Cité de l’énergie a agi comme un chef de file et a démontré que le tourisme culturel pouvait nous permettre d’exploiter les forces qui nous rassemblent», raconte Josette Allard-Gignac, conseillère municipale et responsable de la Corporation de développement culturel.
Le spectacle Voltige, présenté à l’été 2003, est parti en tournée internationale avec une dizaine de jeunes Shawiniganais, qui y ont trouvé une passion pour les arts et un métier. D’autres centres d’exposition se sont développés, notamment l’église Notre-Dame-de-la-Présentation, entièrement peinte de fresques religieuses par le célèbre peintre Ozias Leduc, et l’église Saint-Pierre, qui présente les vitraux de l’artiste italien Guido Ninchiri.
Le Musée d’art de Shawinigan a établi une entente de collaboration avec le Musée des beaux-arts d’Ottawa pour accueillir à l’été 2005 une imposante exposition en provenance de la Belgique. «Le tourisme culturel n’est pas une pratique innée chez les Québécois et il faut toujours innover. Par contre, nous constatons que nos actions aident à démocratiser la culture et à la rendre accessible à notre population», dit Josette Allard-Gignac.
Cet axe de développement a fait boule de neige dans tous les secteurs d’activité économique. Un nouveau centre commercial s’est installé à l’entrée de la ville, deux supermarchés et un Wal-Mart s’y sont ajoutés. Le vieux centre-ville a repris naissance et a vu émerger des cafés, des terrasses, des boutiques spécialisées. La Ville entend aussi mettre en valeur un volet plein air au moyen d’un circuit d’alpinisme au parc de l’Île-Melville, un site particulièrement propice à l’initiation à l’escalade, dans le décor des chutes de Shawinigan.
TROIS RIVIÈRES, DEUX COURANTS
La Mauricie est une région privilégiée par la nature. Quatre-vingt-cinq pour cent de son territoire est couvert de forêts et le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs y dénombre plus de 3 200 lacs et réservoirs naturels. En fait, la Mauricie tient sa renommée de la majestueuse rivière Saint-Maurice et de ses effluents qui ont joué un rôle fondateur non seulement pour le territoire, mais pour tout le Québec.
En 2001-2002, la forêt mauricienne a procuré du travail à 5 000 travailleurs forestiers qui ont alimenté 65 usines de transformation primaire dans la région. Elle est également un important joueur dans l’offre touristique au Québec : c’est en Mauricie que se retrouvent régulièrement les amateurs de chasse, de pêche, de villégiature, de motoneige, de canot-camping. Outre le parc national de la Mauricie, la région recèle un grand nombre de pourvoiries, camps privés, zones d’exploitation contrôlée (ZEC), réserves fauniques et parcs régionaux.
Premier pôle québécois de production énergétique au début du XXe siècle, la Mauricie possède aujourd’hui une puissance électrique de 1 738 mégawatts, ce qui représente 5 % de la puissance totale installée au Québec.
Malgré tout, la Mauricie est une région dont le cœur bat à deux vitesses, selon que l’on vit au sud ou au nord. Au sud, Trois-Rivières connaît un regain industriel. Entre 1999 et 2003, selon l’Institut de la statistique du Québec, la valeur moyenne des permis de construction octroyés dans cette ville a gagné 18,6 %, avec une performance remarquée dans les secteurs industriel (44,6 %), institutionnel (24,6 %) et résidentiel (17,6 %).
Par contre, le nord de la Mauricie éprouve toujours de sérieux problèmes d’exode de ses travailleurs. De sorte que les nouvelles constructions se font plutôt rares. Du côté de La Tuque, toujours entre 1999 et 2003, la valeur moyenne des permis de construction a baissé de 17 %, touchant durement les secteurs commercial (-46,3 %), industriel (-21,8 %) et institutionnel (-21,5 %).
En novembre 2004, le taux de chômage global en Mauricie se situait à 10,3 %, demeurant l’un des plus élevés du Québec. Un an plus tôt, il était à 11,5 %. Mais ce léger regain de l’emploi pourrait n’être que temporaire. «Depuis 2001, la région a perdu 1 000 emplois dans le seul secteur du textile et ça va continuer, puisque c’est un secteur qui périclite, constate Marthe Landry, directrice du Centre d’orientation vers l’emploi le Pont, à Trois-Rivières. Il faut s’attendre à pire, car la concurrence des pays asiatiques fait mal aux usines de meubles et il ne reste que deux papetières. Il faut tout rebâtir et ça se répercute inévitablement sur l’emploi.» D’ailleurs, le taux de chômage de la région augmentait à 10,8 % en décembre dernier. Il s’établissait par contre à 10 % dans le Trois-Rivières métropolitain.