La Mauricie, longtemps terre de papier, se cherche de nouveaux axes de développement. Si les «pointcom» semblent un terreau peu fertile pour une reprise de l'emploi dans la région, les restes de la vieille économie apparaissent passablement plus prometteurs.

Sur le Saint-Maurice, la «pitoune» ne suit plus le courant. On est à enlever les derniers billots et à nettoyer les berges.
La Mauricie, ancienne capitale mondiale du papier, ne s'est toujours pas remise de la crise de l'industrie papetière amorcée dans les années 80. Elle doit maintenant emprunter de nouvelles pistes pour sortir du bois. L’enjeu de la région est simple : c'est la diversification ou la désertification.
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À mi-chemin entre Montréal et Québec, sur la rive nord du Saint-Laurent, la Mauricie voit plusieurs de ses travailleurs quitter la région, tantôt pour Montréal, tantôt pour la rive sud, dans la nouvelle région administrative du Centre-du-Québec (autrefois rattachée à la Mauricie).
«La situation géographique de Trois-Rivières est un couteau à deux tranchants, estime Jules Bergeron, économiste à Emploi-Québec. On est près de tout, sauf que ça facilite le départ des jeunes.» C'est particulièrement vrai dans l'industrie des technologies de l'information, où le géant montréalais aspire toute la main-d'œuvre spécialisée. Quant aux jeunes infirmières, elles n'ont carrément pas le choix de «s'exiler». Peu de postes à temps plein sont offerts dans les établissements de santé de la Mauricie.
L'exode est amplifié par la performance des régions voisines. Les industries manufacturières de Bécancour, Plessisville et Drummondville, de l'autre côté du pont Laviolette, dans la nouvelle région du Centre-du-Québec, vident le Grand Trois-Rivières de ses travailleurs. «Les gens qui sont spécialisés quittent la région», constate Louise Déry, coordonnatrice au Club de recherche d'emploi de la Mauricie.
«C'est difficile d'expliquer cet exode, juge Stéphanie Hamel, présidente de la Jeune Chambre de commerce de la Mauricie. Malgré un haut taux de chômage, plusieurs secteurs économiques de la région manquent de main-d'œuvre.» C'est le cas à Louiseville et à Maskinongé, où des fabricants de meubles et de planchers de bois franc sont à court de travailleurs spécialisés.
En Mauricie, une cinquantaine de PME «technos» ne fournissent que 600 emplois, une maigre part des quelque 100 000 postes que compte ce secteur au Québec. Pour l'année 2001, le Carrefour de la nouvelle économie de Trois-Rivières estime pouvoir créer 80 emplois, surtout des postes d'informaticiens, de techniciens et d'ingénieurs en informatique.
Dans l'espoir de profiter davantage de la vague de l'économie du savoir, le Cégep de Trois-Rivières a fait une demande d'accréditation auprès du ministère de l'Éducation pour instaurer un centre spécialisé en télécommunications. Ce centre obtiendrait des mandats de recherche, principalement auprès d'entreprises de télécommunications et de câblodistribution, dont Cogeco, qui a son siège social à Trois-Rivières.
Ses efforts de diversification économique incluent le tourisme. Le développement de la villégiature haut de gamme dans la vaste forêt de l'arrière-pays est particulièrement appuyé par l'association touristique régionale. De plus, l'association entend valoriser le patrimoine historique du Vieux-Trois-Rivières — une ville fondée huit ans plus tôt que Montréal —, et ne manque pas de souligner l'importance d'attractions locales tels le Grand Prix de Trois-Rivières, le Festival western de Saint-Tite et l'incontournable pêche aux petits poissons des chenaux.
C'est surtout le secteur des services qui sera le moteur de la croissance en 2001. Les réinvestissements du gouvernement — qu’on nous a annoncés récemment — dans les services d'enseignement et de santé, ainsi que le développement des industries de l'hôtellerie, de la restauration, du commerce et des services aux entreprises seront responsables d'une grande partie de la croissance de l'emploi cette année.
Que voulez-vous!
Loger le premier ministre du Canada chez soi n'est pas toujours gage de succès. À Shawinigan, le berceau de Jean Chrétien, presque un chômeur sur dix est issu de l'administration publique fédérale! Ainsi, si la fonction publique fédérale ne représente que 1,9 % de l'emploi en Mauricie, elle est responsable de plus de 4 % des chômeurs... Sur les 1 800 salariés du Centre fiscal de Shawinigan, 1 000 sont des travailleurs saisonniers.
(Source : DRHC)