À plus d’un titre, la Montérégie profite d’une position stratégique : voisine de Montréal, sa proche banlieue, elle s’ouvre également sur le centre du Québec, l’Ontario et les États-Unis. Autant d’atouts géographiques et une économie plus que diversifiée font de ce territoire une mine d’or pour les chercheurs d’emploi.

Ça bouge en Montérégie! En 2002, ce territoire de la rive sud montréalaise s’est classé au premier rang de la création d’emplois au Québec. Chômage en dessous de la moyenne provinciale, taux d’emploi à la hausse, cette région qui constitue 18 % de la population de la province tire habilement son épingle du jeu.
«La Montérégie a connu une croissance record de l’emploi en 2002, dit Hélène Fortin, économiste à Emploi-Québec Montérégie. Il faut dire qu’au Québec, la croissance économique a été particulièrement intéressante l’an dernier grâce à une hausse de 4,1 % du PIB, une performance supérieure à la moyenne canadienne. Quand l’économie du Québec va bien, celle de la Montérégie va bien aussi.»
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Nichée entre les frontières américaine et ontarienne, ceinturant Montréal, la Montérégie jouit d’une situation géographique qui contribue à son succès. Son économie, très diversifiée, repose à la fois sur les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Contrée à la fois urbaine et bucolique, on y voit des édifices à étages et des champs de maïs, on y fabrique des microprocesseurs et du cidre. En fait, on y trouve l’essentiel de toutes les industries québécoises. Ses entreprises investissent et exportent. Les PME y poussent comme des champignons. Et quatre universités y ont désormais une antenne, tandis que d’autres établissements d’enseignement mijotent des projets d’expansion. «La Montérégie, c’est un microcosme du Québec», résume Jean-François Morel, agent de communication chez Emploi-Québec Montérégie.
Malgré des prévisions économiques plutôt tièdes pour les prochaines années au Québec, tout semble indiquer que la Montérégie poursuivra sa croissance. Selon Hélène Fortin, bien que la création d’emplois dans la région sera moins forte qu’au cours des années passées, un gain de 15 000 emplois est envisageable pour 2003. En 2001, pour l’ensemble de la Montérégie, Emploi-Québec annonçait la création de 112 000 postes d’ici à 2005. Le cap est maintenu et pourrait même être dépassé, selon elle. Près de 6 emplois sur 10 s’expliqueraient par les départs à la retraite et la portion restante, par la croissance des entreprises.
Plus que celle de toute autre région québécoise, l’économie montérégienne est fort bien équilibrée. Mais c’est le secteur tertiaire qui a la plus grosse part du gâteau : le commerce de détail ainsi que les soins de santé et les services sociaux sont les deux principaux domaines d’emploi en Montérégie. Les services professionnels, scientifiques et techniques, le transport et l’entreposage, la finance, les assurances, les services immobiliers et de location ainsi que les services d’enseignement sont aussi fortement présents : à eux seuls, ces domaines regroupent près de la moitié des emplois dans la région.
Le secteur manufacturier compte environ 2500 établissements et fait travailler plus de 92000 personnes. Plusieurs d’entre elles sont au service d’entreprises de technologie de pointe, où dominent l’aérospatiale, l’industrie chimique, la production de matériel de télécommunication et celle de matériel électrique. Mais les industries plus traditionnelles, comme celles de l’alimentation, des textiles, du plastique, de l’imprimerie ou de la sidérurgie, pèsent aussi lourd dans l’économie locale. Et même si elles œuvrent dans des domaines qui ne sont pas nés d’hier, les entreprises qui les représentent se démarquent en faisant une grande place à l’innovation.
Quant au secteur primaire, il est principalement nourri par l’agriculture. En 2001, quelque 7 551 exploitations agricoles étaient actives en Montérégie, soit près du quart des fermes du Québec.
Avantage stratégique non négligeable, le prolongement de l’Autoroute 30, annoncé au printemps dernier, donnera un sérieux coup de pouce à l’économie montérégienne, tous secteurs confondus. Cette nouvelle voie permettra notamment aux camionneurs de contourner Montréal par le sud, ce qui facilitera grandement le transport de marchandises.