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Régions - Montérégie
L'emploi en Montérégie

Au beau fixe

Diversifiée, axée sur la PME et l’exportation, il est reconnu que l’économie de la Montérégie est un concentré de celle du Québec tout entier. Mais paradoxalement, pendant que la province semble subir le contrecoup américain, la Montérégie, elle, s’en sort plutôt bien.

par Guylaine Boucher
Photos : PPM Photos


Magazine Jobboom
Vol. 3 no. 1
janvier-février 2002


Un petit samedi automnal, il est 14 h. C’est la cohue sur le célèbre boulevard Taschereau, ce long cordon commercial qui traverse la Rive-Sud de part en part. À regarder la foule qui se bouscule dans les centres commerciaux, les grandes surfaces et les restaurants, on cherche désespérément les signes de récession.

Pourtant, ici comme ailleurs au pays, on a craint que le ralentissement économique des derniers mois et les événements du 11 septembre ne laissent leur marque noire. C'est que la région ne contrôle pas parfaitement l’offre et la demande d’emploi sur son territoire : son économie est fortement axée sur l’exportation vers les États-Unis et le tiers de sa population travaille à Montréal. Cependant, 70 % des emplois de la région sont concentrés dans les services, moins un secteur vulnérable à tout ralentissement.

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Selon Louis-Olivier Cloutier, gestionnaire à la Direction régionale d’Emploi-Québec, à Saint-Hyacinthe, la région n'a que légèrement ressenti les contrecoups du fléchissement de l'économie américaine amorcé au début de l’an dernier.

De fait, mis à part les 600 travailleurs remerciés chez Pratt & Whitney à Longueuil et à Saint-Hubert en septembre, seulement quelques employeurs ont annoncé des pertes d’emplois. «Les entreprises manufacturières de la région ne figurent pas dans les secteurs qui ont été particulièrement touchés par la crise américaine, dit Louis-Olivier Cloutier. Plusieurs sous-traitants dans le domaine de la fabrication du matériel de transport aérien sont présents sur le territoire et les événements leur ont fait mal, mais ce qui nous sauve, c’est que nous ne sommes pas très présents dans les secteurs du tourisme et du transport aérien. Au bout du compte, les dégâts seront donc probablement moins importants que tout le monde le présage.»

«Il y a tellement de PME sur le territoire que la Montérégie n’est pas aussi dépendante que d’autres régions des baisses d’activité des grandes entreprises.»
— Hélène Marcil, Centre de ressources humaines Canada

En maints endroits, comme à Bromont, on embauche même massivement : IBM et General Electric ont annoncé plus tôt cette année d'importants investissements.

Sauvée par la diversification

En accord avec cette lecture des faits, Hélène Marcil, économiste au Centre de ressources humaines Canada (CRHC) de Saint-Hyacinthe, croit que la région doit sa stabilité à sa grande diversification économique. «Il y a tellement de PME sur le territoire que la Montérégie n’est pas aussi dépendante que d’autres régions des baisses d’activité des grandes entreprises.»

Les statistiques le confirment : en septembre 2001, alors que de nombreuses régions voyaient leur taux de chômage faire un bond important, la Montérégie se maintenait sous la barre des 6 % (5,8 %), avec 16 000 emplois de plus qu'à pareille date l'année précédente. Une seule autre région affiche un taux de chômage sous les 6 %, soit Chaudière-Appalaches.

Plus encore, selon le gestionnaire d’Emploi-Québec, le ralentissement ressenti n’est pas spécifiquement attribuable aux événements terroristes. Au début de la saison estivale, la région enregistrait déjà une baisse de 2,4 % du nombre de ses travailleurs par rapport à la même période l’année précédente. Des pertes surtout senties dans l’industrie manufacturière, notamment dans les secteurs de la première transformation des métaux, des produits métalliques et des composantes informatiques et électroniques. Même le secteur des services a accusé un certain recul en juin dernier, principalement dans les domaines de la santé, de la gestion d’entreprises, de la culture et des loisirs.


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