Cidre, pommes, miel, vins, élevages de toutes sortes… La Montérégie est une corne d’abondance pour les gourmets et les travailleurs du terroir.

Magazine Jobboom
Une balade sur les routes champêtres de la Montérégie permet de découvrir la beauté de ses paysages. De Rougemont à Hemmingford, de Mont-Saint-Hilaire à Franklin s’étalent des centaines d’érablières, de vergers, vignobles, ruches et productions maraîchères.
«Le climat de cette région est favorable à l’agriculture parce qu’il est particulièrement doux. Les jours de gel sont moins nombreux ici qu’ailleurs au Québec», explique Gilles Cardinal, président du conseil d’administration du Conseil de développement du bioalimentaire de la Montérégie.
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À proximité de Montréal et de Sherbrooke, les produits issus de ce terreau fertile sont commercialisés chez les citadins. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à venir cueillir eux-mêmes pommes, poires, légumes et divers petits fruits ou à se déplacer pour déguster des produits régionaux tels que le cidre, le miel, les charcuteries et les produits de l’érable.
Des établissements spécialisés dans le secteur bioalimentaire se sont installés dans la région. Par exemple, l’Institut de technologie agroalimentaire, à Saint-Hyacinthe, offre ses programmes de niveau collégial technique en agriculture et en transformation des aliments. Cette municipalité accueille aussi le Centre de recherche et de développement sur les aliments d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et la Cité de la biotechnologie alimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale. «Cette masse critique de savoir aide les entreprises à innover», précise Gilles Cardinal.
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Le personnel de ce vignoble varie de 6 à 22 employés, suivant les saisons. Au printemps et à l’automne, des employés sont embauchés et formés pour tailler les pieds de vigne et faire les vendanges. «C’est un travail exigeant physiquement. On a besoin de gens en forme!» souligne Sandra Ashby.
En novembre 2006, Mont-Saint-Hilaire accueille le cinquième Salon des cidres et saveurs du terroir. Cette région est le berceau de la pomiculture au Québec, explique l’organisateur du salon, Alain Merlin. «En 1851, on comptait déjà 150 arpents de vergers à Rougemont et dans ses alentours.»
À Hemmingford, la Cidrerie du Minot emploie une dizaine d’employés et vend la majorité de sa production annuelle de 200 000 bouteilles à la Société des alcools du Québec. D’origine bretonne, son propriétaire Robert Demoy a débarqué au Québec en 1978. Cet œnologue de profession a travaillé dans le domaine du vin pendant plusieurs années, puis a démarré son entreprise en 1987. «J’ai le cidre dans le sang. Comme il est plus facile de faire pousser des pommiers que de la vigne au Québec, le choix a été facile. J’ai mis au point les méthodes de fabrication et je me suis lancé. Aujourd’hui, nous offrons différents produits. La compétition nous oblige à en créer des nouveaux, comme notre apéritif à base de pommes.»
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Selon lui, seulement une vingtaine d’apiculteurs montérégiens – les plus importants – engagent de la main-d’œuvre de la mi-mai jusqu’à l’automne. «Les gens ont souvent peur de se faire piquer. Ils reçoivent une formation pour apprendre à manipuler les ruches. Certains apiculteurs font appel à des travailleurs mexicains.»
Comme ailleurs au Québec, l’exploitation d’Yves Gauvin n’a pas été épargnée par le parasite Varroa destructor, un acarien qui s’attaque aux abeilles. Au plus fort de l’épidémie, en 2002, l’entreprise a perdu près de 60 % de ses ruches. Aujourd’hui, elle remonte doucement la pente. «C’est difficile de vivre de l’apiculture. Pour être rentable, une ruche doit rapporter environ 300 $ par an. Cela représente beaucoup de travail. Il faut une bonne mise en marché. Le fait que nous soyons proches d’un grand bassin de consommateurs comme Montréal nous aide beaucoup.»