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Régions - Montérégie
Transformation alimentaire

De bonnes recettes

Jetons un coup d’œil à votre boîte à lunch. Un yogourt Danone s’y trouve à côté d’un morceau de fromage Saputo et d’un sandwich composé de pain Weston et de charcuteries Olymel. Un jus Lassonde et des biscuits Dare complètent le tout? De Boucherville à Saint-Damase, des milliers de personnes ont contribué à créer ce repas tout à fait montérégien.

Par Emmanuelle Gril


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 10
novembre-décembre 2006


Selon Denis Timmons, économiste à Emploi-Québec Montérégie, la proximité des matières premières (fruits et légumes, élevages, etc.) explique en grande partie l’implantation vigoureuse de la transformation alimentaire en Montérégie. «Cette région est l’une des meilleures terres agricoles du Québec. Les conditions climatiques sont excellentes : la durée d’ensoleillement est longue, la période de gel est courte. Par ailleurs, plusieurs grands bassins de consommateurs, comme Montréal, et d’exportation, comme les États-Unis, sont proches.»

La main-d’œuvre en agroalimentaire compte en effet pour 19 % du secteur manufacturier en Montérégie, selon Service Canada. Et Emploi-Québec prévoit que 1 700 nouveaux postes auront été créés à la fin de la période 2005-2010. Cette croissance de 7,4 % se compare avantageusement aux maigres 2,2 % prévus pour l’ensemble du secteur manufacturier dans cette région.

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La présence d’une masse critique de savoir en matière agroalimentaire est aussi un important facteur d’influence. Parmi les organismes membres de la Technopole agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, notons le «parc technologique», nommé Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale. En s’y installant, les entreprises profitent de crédits d’impôt et de faibles coûts d’établissement, entre autres.

Le Centre de recherche et de développement sur les aliments (CRDA) d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et le Centre d’innovation technologique en agroalimentaire ont aussi choisi la Technopole. Grâce à ces organismes, les entreprises actives en transformation alimentaire peuvent notamment avoir accès à des usines pilotes pour tester de nouveaux procédés de fabrication.

Vers la troisième transformation

Tout n’est pas rose, toutefois, pour les entreprises qui donnent dans la première transformation des aliments. La concurrence asiatique s’intensifie, la valeur élevée du dollar canadien et l’augmentation du coût du pétrole freinent les exportations. Pour prospérer, les entreprises doivent pousser plus loin la transformation des aliments. Certains entrepreneurs empruntent déjà cette voie.

La Technopole abrite notamment Kooll Desserts, qui devrait lancer sous peu des desserts probiotiques à base de lait. Ces produits contiendront des suppléments alimentaires constitués de bactéries (bifidobactéries et lactobacilles, par exemple) qui contribuent à l'équilibre de la flore intestinale. De son côté, Abiasa, qui exporte déjà dans 22 pays, fabrique des ferments lactiques et probiotiques à intégrer dans les fromages et les yogourts, entre autres.

«Nous nous sommes établis ici parce que la Technopole favorise la coopération scientifique, technique, industrielle et commerciale», explique Monica Daga, directrice adjointe.

Les entreprises traditionnelles tirent aussi leur épingle du jeu. Agropur, par exemple, profite de la présence de la Technopole. «L’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe est une excellente pépinière de talents. Nous embauchons de jeunes diplômés en technologie de la transformation des aliments. En outre, les usines pilotes du CRDA nous permettent de développer divers projets en RD», précise Jean Brodeur, directeur des communications.

Qu’il s’agisse de tester de nouveaux procédés de fabrication ou de recherche fondamentale, les découvertes pourront possiblement être utilisées en production à grande échelle.


Quelques entreprises de la transformation alimentaire en Montérégie

Olymel : 3000 employés

Exceldor : 300 employés

Artic Garden/Aliments Carrière : 2000 employés

Lassonde : 800 employés

Agropur : 900 employés (en 2007)


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