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Régions - Outaouais
Outaouais et Ottawa

Affaires d’État

C'est bien connu, la capitale du Canada compte des milliers de fonctionnaires. Mais autour, ça bouge! La région métropolitaine de recensement (RMR) d'Ottawa-Gatineau fait preuve de dynamisme et grimpe notamment dans le train des nouvelles technologies.

Par Emmanuelle Gril
Photo : Patrick Delandes


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 8 septembre 2006


Dans la région de Gatineau, le premier employeur demeure l’administration publique fédérale, provinciale et municipale. Environ 35 000 personnes œuvrent dans le secteur public, parmi une population active de 166 200 personnes. «Avec les départs à la retraite des baby-boomers, plus de 50 % des emplois de la fonction publique devront être remplacés au cours des prochaines années», explique Laurent Thauvette, commissaire pour Développement économique – CLD Gatineau. Il ajoute que le gouvernement fédéral compte rééquilibrer le nombre de postes selon un ratio d’un tiers pour Gatineau et deux tiers pour Ottawa, ce qui pourrait engendrer une légère croissance de l’emploi du côté québécois.

Cette forte présence de l’administration publique assure à Gatineau une relative stabilité économique. «Plus de 85 % de l’économie est concentrée dans les services, comparativement à près de 76 % pour l’ensemble du Québec. Le secteur manufacturier, quant à lui, ne compte que pour 6 % des emplois, alors que la moyenne provinciale est de 16 %», souligne Ghislain Régis Yoka, économiste à Emploi-Québec, Direction régionale de l’Outaouais. La croissance économique de ce coin de pays repose donc sur la consommation locale, ce qui le protège des soubresauts économiques.

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En deuxième place sur le podium des secteurs d’emploi les plus importants : le commerce, avec 25 500 emplois répartis dans tout l’Outaouais. Plusieurs investissements en 2005 et 2006, dont la rénovation des Galeries de Buckingham et le déménagement et l’agrandissement du magasin-entrepôt Costco aux Promenades de l’Outaouais, ont contribué à favoriser la croissance de ce secteur.

Pierre Proux, économiste à Service Canada, ajoute que les soins de santé remportent la médaille de bronze, avec 19 300 personnes en emploi en Outaouais. On prévoit une augmentation du nombre d'emplois de 3,2 % par an d’ici 2008. «Avec le vieillissement de la population, nul doute que les besoins en santé et services sociaux ne cesseront de croître», confirme Ghislain Régis Yoka.

La Silicon Valley du nord

À Ottawa, les affaires se portent également bien. Comptant 92 300 employés, la fonction publique fédérale constitue le premier employeur des Ottaviens. Et les centres d’appels y poussent comme des champignons : à lui seul, le fabricant d'ordinateurs Dell souhaite embaucher 1 000 employés d'ici quelques mois dans son centre de service à la clientèle.

La ville mise aussi sur l’économie du savoir. Selon une étude rendue publique en juin 2006 par l’organisme Ottawa Centre for Research and Innovation (OCRI), Ottawa compte 1 841 entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies, ce qui représente 78 147 employés. Les trois plus grands employeurs de ce domaine sont Nortel, Bell Canada et Calian Technology, qui embauchent chacun des milliers de travailleurs. Mais d’autres entreprises, comme les équipementiers en télécommunications Convergys et Alcatel Canada, les fournisseurs de services en technologies de l'information EDS Canada et CGI ainsi que l'éditeur de logiciels Cognos fournissent aussi un bon lot d’emplois.

Le taux de chômage à Gatineau n’était que de 5,8 % en juin 2006, alors que la moyenne québécoise s’élevait à 8 %.

La vitalité du secteur des hautes technologies profite aussi à Gatineau, dont l’économie est en quelque sorte «imbriquée» dans celle de sa voisine ontarienne. «Plusieurs entreprises, principalement des PME, se sont développées au cours des dernières années», souligne Pierre Proux. Il cite en exemple Provance Technologies, entreprise œuvrant dans le domaine des logiciels de gestion d’actifs et de services de TI, qui a décroché des contrats avec la NASA. Il mentionne également Plant CML, entreprise spécialisée dans les commutateurs numériques qui a pour clients l’Armée de l’air américaine et le ministère de la Défense nationale du Canada.

Les technologies langagières font aussi une percée remarquée dans la ville de Gatineau. On y retrouve notamment MultiCorpora, connue pour son logiciel d’aide à la traduction, qui a décroché un important contrat avec le Bureau de la traduction du Canada. «L’entreprise s'est installée à Gatineau en 1994, notamment parce que c’est un centre névralgique en ce qui a trait au bilinguisme. En effet, le gouvernement fédéral a l’obligation de traduire toutes ses communications dans les deux langues», précise Pierre Blais, PDG de l’entreprise.

Mais c’est principalement sur le Centre de recherche en technologies langagières que l’on compte pour mettre en commun les connaissances et les expertises. Inauguré en mai 2006, cet organisme abritera 150 chercheurs qui concevront de nouveaux outils, comme des logiciels de traduction. «Avec ce centre, nous espérons créer un pôle technologique de renommée mondiale, souligne Daniel Vincent, directeur général. Notre incubateur d’entreprises devrait aussi permettre à une dizaine d’entreprises de se lancer en affaires d’ici les trois prochaines années. Une grappe industrielle dans le secteur des technologies langagières sera mise en place dans la région, ce qui permettra à l’industrie de prendre de la vitesse», conclut-il.


Les deux rives

Vieillissement de la population? Connais pas, répondent les habitants de l'Outaouais. «À la fin de la période de 2001 à 2026, la population de cette région devrait avoir crû de 19,3 %, contre 9,3 % pour celle du Québec en entier», explique Pierre Proux, économiste à Service Canada. Cette tendance à la hausse est en partie attribuable aux transferts de population en provenance de l’Ontario. «On a commencé à observer ce phénomène il y a deux ans, alors qu’une forte pénurie de logements frappait la région d’Ottawa. Les gens sont venus s’installer en Outaouais, précise Ghislain Régis Yoka, économiste à Emploi-Québec, Direction régionale de l’Outaouais. Un choix particulièrement intéressant pour les jeunes familles ontariennes. Les garderies du Québec à 7 $ constituent un atout de taille!»

«On a une excellente qualité de vie en Outaouais, ajoute Pierre Proux. On est proche de la nature, on a accès à toutes sortes d’activités culturelles et les emplois sont stables.» Le prix des maisons est également à considérer. Selon les dernières données (printemps 2006) de l’Association canadienne de l’immeuble, en ce qui concerne le marché de la revente, les propriétés coûtent en moyenne 257 500 $ à Ottawa, et 168 000 dollars à Gatineau. Même si le régime fiscal est plus avantageux en Ontario, cette différence de près de 90 000 dollars peut faire pencher la balance pour bien des ménages. (E. G.)


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