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Le second pilier de l’économie régionale, la forêt, va de mal en pis. Le temps presse pour trouver à la région de nouvelles vocations. Or, les idées ne manquent pas.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent dans l’industrie forestière et la fermeture de l’usine de papier Port-Alfred d’Abitibi-Consolidated en décembre 2004 ne serait que la pointe de l’iceberg, craint le professeur en économie régionale Marc-Urbain Proulx de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).
«Contrairement à ce qui s’est passé dans le domaine de l’aluminium, les papetières ne se sont pas modernisées.» Des usines vétustes seront donc fermées. «La région verra bientôt arriver des mégascieries, qui produiront plus de bois avec moins de main-d’œuvre et qui appliqueront une pression énorme sur les petites scie-ries.» Le phénomène est déjà amorcé avec la fermeture l’hiver dernier d’une scierie à Sainte-Élisabeth-de-Proulx.
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La recommandation du rapport Coulombe de réduire de 20 % les coupes forestières au cours des prochaines années n’annonce rien de bon pour les MRC Maria-Chapdelaine et Domaine-du-Roy, de même qu’une ville comme Dolbeau-Mistassini au nord du lac Saint-Jean, dont l’économie repose en grande partie sur l’exploitation forestière.
Si pendant longtemps, abattre les arbres a fait vivre bon nombre de familles, plusieurs tirent aujourd’hui profit à les laisser debout. En effet, le tourisme d’aventure est en plein essor dans la forêt boréale.
D’ailleurs, l’UQAC offre depuis 1996 le seul baccalauréat en plein air et tourisme d’aventure au Québec. Des jeunes des quatre coins de la province viennent suivre cette formation et plusieurs diplômés élisent domicile dans la région, devenus guides ou entrepreneurs. Des entreprises de tourisme d’aventure comme Québec Hors-Circuits ont vu le jour, sans oublier d’Arbre en Arbre, un concept français importé au Saguenay et qui essaime un peu partout au Québec.
Le dernier-né des parcs québécois, le Parc national des Monts-Valin, gagne en popularité auprès des amateurs de plein air, et l’Association touristique régionale a récemment décidé de miser sur le tourisme d’hiver. Une bonne idée, si on considère que dans les monts Valin, la neige abonde!
La Véloroute des Bleuets, qui ceinture le lac Saint-Jean sur 256 kilomètres, attire également un lot de «vélotouristes» toujours plus nombreux.
À elle s’ajoute maintenant la Route des fromages. Comme ailleurs au Québec, les produits régionaux ont la cote. «Plusieurs agriculteurs se tournent maintenant vers la transformation du lait pour assurer la relève de la ferme familiale», explique Marie Potvin, coordonnatrice à la Table agroalimentaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui a pour mandat de favoriser le développement du secteur agroalimentaire dans la région.
Ainsi, la région mise sur une douzaine de microfromageries, dont neuf autour du lac : la fromagerie Lehmann, dont la réputation dépasse les frontières du Québec, à Hébertville, de même que la fromagerie L’autre-versant et la fromagerie Mistouk à Alma.
Et on ne fabrique pas que du fromage en «crotte» dans la région. La Petite Heidi à Sainte-Rose-du-Nord fabrique un fromage de chèvre, la Bergerie du fjord à La Baie propose un fromage de brebis et la Ferme des Chutes à Saint-Félicien produit un cheddar bio. Ajoutez à cela Le Porc du Royaume à Métabetchouan–Lac-à-la-Croix, biologique et nourri au grain, et la Magie du sous-bois et ses confitures de petits fruits à Dolbeau-Mistassini. «On souhaite augmenter la part de marché des produits régionaux dans nos épiceries au cours des prochaines années et on a amorcé à cet effet une campagne d’identification de ces produits en mars dernier», conclut Marie Potvin.
De quoi nourrir l’économie régionale.