Et la Bourse de Paris n’était pas un moindre joueur… Elle avait déjà intégré quatre autres places boursières européennes, regroupées sous le nom d’Euronext. «Dans un contexte pareil, TMX risque d’être une proie facile, dit Nabil Khoury. Le marché boursier canadien ne représente qu’environ 2 % des actions dans le monde.»
Sur cette perspective, l’AMF se fait cependant rassurante. «Puisque aucun actionnaire ne peut détenir plus de 10 % des actions sans notre aval, aucune vente ne pourrait avoir lieu à moins que nous y consentions», dit Frédéric Alberro. Il rappelle que TMX s’est également fait imposer la condition de ne pas céder le contrôle de ses Bourses montréalaises des produits dérivés et du carbone.
| Pub. |
L’arrivée à Montréal d’une Bourse climatique — communément appelée Bourse du carbone ou Bourse verte — réjouit tous les intervenants interrogés par le Magazine Jobboom. Son ouverture, annoncée en 2005, a eu lieu le 30 mai. Elle a pour partenaire la Bourse climatique de Chicago, propriétaire de la Bourse climatique d’Europe (basée à Londres).
L’engouement pour les Bourses vertes — où des droits d’émettre du gaz à effet de serre sont échangés en fonction de quotas de pollution fixés par les gouvernements — a gagné jusqu’aux détracteurs de l’Accord de Kyoto. Le candidat républicain à la présidence des États-Unis, John McCain, s’est déjà dit favorable à l’obligation pour les compagnies polluantes de s’inscrire à des Bourses climatiques.
Si la Bourse du carbone se révèle un succès, si les instruments financiers dérivés continuent de rapporter des profits et si TMX respecte ses engagements, la haute finance montréalaise a de beaux jours devant elle.
C’est ce que croit la présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, qui a salué l’accord de fusion. «On a obtenu l’assurance de l’AMF que la Bourse de Montréal va pouvoir croître au sein de TMX, juge-t-elle. La condition stipulant que le quart des décideurs des parterres fusionnés devront vivre et payer leurs impôts au Québec nous assure également que Montréal restera un centre de décision.»
Bourse de Montréal
Moments clés de son histoire
1832
Des actions sont informellement vendues et achetées à l’Exchange Coffee House, une ancienne taverne.
1849
Une première association de courtiers en valeurs mobilières voit le jour.
1874
Le statut de la Bourse est officialisé. Elle servira à financer la
construction de chemins de fer.
1929
Krach boursier.
1965
La Bourse s’installe dans son édifice actuel au square Victoria.
1969
Le 13 février, un attentat à la bombe du Front de libération du
Québec fait 27 blessés et précipite le départ de nombreux gros
joueurs de la haute finance vers Toronto.
1977
La Bourse de Montréal fait ses premiers pas dans le domaine
des produits dérivés.
1982
La Montreal Stock Exchange devient la Montreal Exchange.
En éliminant le mot stock, la Bourse veut montrer qu’elle transige
aussi des instruments dérivés.
1999
Entente de non-concurrence de dix ans entre Montréal et Toronto.
Les produits dérivés deviennent la spécialité exclusive de Montréal.
Toronto se concentre dans le marché des actions traditionnelles.
2007
L’entente de non-concurrence entre Montréal et Toronto tirera à sa
fin dans deux ans. Toronto menace de se lancer dans les instruments
dérivés. Montréal n’exclut pas d’émettre à nouveau des actions.
1er mai 2008
Achat de la Bourse de Montréal par celle de Toronto. La nouvelle Bourse se nomme désormais TMX.
30 mai 2008
Ouverture de la Bourse climatique de Montréal.