Dans le domaine de la musique et de la chanson, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Au fil d’arrivée, un diplôme peut-il faire la différence et aider un artiste à commencer sa carrière sur la bonne note?
Impossible de compter sur les statistiques pour déterminer si un diplôme en musique aide à devenir une tête d’affiche au Québec. Car dans le domaine, les chiffres se font rares.
Une enquête réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications révèle toutefois que plus de 46 % des 5 600 musiciens et chanteurs québécois (le total des membres des associations professionnelles du secteur) possèdent un diplôme d’études universitaires. Mais on ne dit pas s’il s’agit d’un diplôme lié à la musique.
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Sur le terrain, les parcours sont variés. Des diplômés en musique comme des autodidactes arrivent à tracer leur chemin. Mononc’ Serge, par exemple, qui a lancé en février dernier son huitième disque solo, Pestak, roule sa bosse dans l’industrie de la musique avec seulement quelques cours de guitare à son actif. «Mon premier professeur de guitare a fait toute la différence, avoue l’ex-membre des Colocs. Il m’a expliqué comment fonctionnaient les accords, comment concevoir des accompagnements à la basse. Mais je ne sais pas lire la musique et je compose mes chansons à l’oreille, contrairement aux musiciens qui ont suivi une formation dans le domaine.»
Conscient de ses faiblesses, il confie d’ailleurs les solos de guitare à des musiciens professionnels lors de l’enregistrement de ses disques.
«C’est fréquent les artistes qui ne lisent pas la musique, surtout dans la pop», confirme Chantal Robitaille, productrice exécutive au Capitole de Québec. Mais dans le secteur où elle travaille – celui de la comédie musicale –, elle souligne qu’il vaut mieux avoir une formation pour lire les différentes partitions de l’œuvre à interpréter.
Benoît Archambault du groupe Mes Aïeux est bien servi par son diplôme d’études collégiales (DEC) en musique populaire (aujourd’hui remplacé par le DEC en techniques professionnelles de musique et chanson) du Collège Lionel-Groulx. Trompettiste, pianiste, claviériste, professeur de musique aux activités parascolaires puis auteur-compositeur-interprète de chansons pour enfants (Mon ami Benoît), il a intégré la formation où son frère, Stéphane, chante également. «Au début ce n’était pas sérieux, on jouait dans les partys…» Et puis ça a décollé et les spectacles se sont enchaînés.
Benoît estime que sa formation a fait de lui un meilleur musicien. «Mon DEC m’a donné des outils concrets, des notions utiles sur les harmonies musicales, par exemple. Au cégep, j’ai aussi développé des façons de travailler en groupe grâce au cours de musique d’ensemble. Je pense que la formation est indispensable si l’on veut devenir un musicien à forfait, un accompagnateur, par exemple, parce que ça demande de solides connais- sances pour la lecture de la musique, notamment.»
Pierre Dumont-Gauthier, responsable du volet interprétation du DEC en techniques professionnelles de musique et chanson au Cégep de Saint-Laurent, ajoute que même si les employeurs ne réclament généralement pas de diplôme, la formation donne un bon coup de pouce. «Elle permet d’étudier avec des maîtres dans leur domaine, de faire du studio, de travailler avec des petits et des grands ensembles… Ce sont des chances uniques.»
Ariane Moffatt et Pierre Flynn, notamment, comptent parmi les diplômés de ce cégep. Plusieurs autres travaillent dans des secteurs variés comme compositeurs de musiques de films, musiciens de plateaux télé et accompagnateurs.