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Faire ses gammes (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 5 Mai 2008

Écoles alternatives

D’autres avenues s’offrent à qui veut étudier puis percer dans le milieu, comme en témoigne l’auteure-compositrice-interprète Brigitte Saint-Aubin. Cette autodidacte qui a suivi des cours particuliers de chant et de violon compose ses chansons à l’oreille, à la guitare. En 2004, elle a parfait ses connaissances en participant au camp d’écriture du Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie. Cette formation théorique et pratique d’une semaine lui a donné l’impulsion nécessaire pour écrire les textes des chansons de son premier album, Être, sorti en 2006.

Marc Chabot, qui a enseigné à Brigitte durant l’atelier d’écriture, a lui-même un parcours atypique. Ce professeur de philosophie au Collège François-Xavier-Garneau est également parolier. On lui doit la fameuse Journée d’Amérique de Richard Séguin, ainsi que des textes écrits pour Daniel Lavoie, Vincent Vallières et Luce Dufault. Il estime que la formation offerte à Petite-Vallée, même si elle n’est pas sanctionnée par un diplôme, a une réelle utilité. «Ça permet de s’améliorer, d’approfondir, d’apprendre les techniques de base. De plus, il y a beaucoup de monde qui gravite autour du Festival, on peut y faire des rencontres.» Et créer des contacts avec d’autres musiciens est un atout pour percer dans le domaine.

Le talent, un indispensable

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L’École nationale de la chanson à Granby, née il y a dix ans de l’initiative du Festival de la chanson de Granby et du Cégep de Granby, est une autre porte d’entrée dans le métier. «Au Québec, c’est la seule école en français pour devenir auteur-compositeur-interprète», explique son directeur artistique, Robert Léger, ancien claviériste et auteur-compositeur du groupe Beau Dommage. Parmi les récents diplômés se trouvent Damien Robitaille et Amélie Laflamme, la chanteuse de The Blue Seeds.

Robert Léger souligne que sur la cinquantaine d’anciens élèves sondés récemment, 60 % travaillent à temps plein dans le domaine de la musique (spectacles, albums, enseignement privé, travail en studio, etc.). «Le diplôme seul ne permet pas de décrocher un contrat de disque… Ce n’est pas une carte de qualification! Mais ce qui est appris durant les dix mois de la formation est précieux.» Robert Léger avait lui-même entamé un baccalauréat en musique avant de se joindre à Beau Dommage. «Ce que j’ai appris en composition et arrangement à l’Université de Montréal m’a servi toute ma vie.»

L’ancien directeur du baccalauréat en musique et professeur de chant à l’Université de Montréal, le baryton-basse Michel Ducharme, soutient que la formation est la seule façon d’obtenir de solides compétences musicales. «En revanche, cela ne permet pas d’obtenir un emploi automatiquement, bien que la majorité de nos diplômés travaillent dans leur domaine. Le talent joue aussi, mais un talent brut ne vaut rien! C’est l’expérience et la compétence qui font la différence.»

À talent égal, le diplôme donnerait donc une petite longueur d’avance…


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