Derrière chaque virtuose de musique classique se cachent des années de labeur. Et c’est dans les conservatoires de musique qu’instrumentistes, chanteurs et chefs d’orchestre développent leur art.

Le talent, ça se travaille jeune! Dès l’âge de neuf ou dix ans, les petits prodiges peuvent faire leur entrée dans un conservatoire de musique. Au Québec, on compte sept de ces établissements, disséminés à travers la province, soit à Montréal, Québec, Gatineau, Trois-Rivières, Rimouski, Saguenay et Val-d’Or.
Là, les musiciens en herbe entreprennent une formation de premier cycle (études préparatoires) et de deuxième cycle (études intermédiaires). Durant cette formation, les élèves poursuivent en parallèle le primaire et le secondaire dans un autre établissement, tandis que l'enseignement collégial est assuré par le conservatoire. Le cursus se poursuit par les troisième et quatrième cycles, qui correspondent au baccalauréat et à la maîtrise universitaires. «Un élève en violon, par exemple, peut étudier de dix à douze ans chez nous», illustre Guy Fouquet, directeur par intérim du Conservatoire de musique de Montréal.
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Chaque année, cet établissement reçoit environ 150 demandes d’admission, mais seuls 30 ou 40 élèves sont retenus. «Des auditions devant jury se déroulent au mois de mars pour évaluer les capacités instrumentales ou vocales des candidats, précise M. Fouquet. Le choix se fait à partir de là, mais nous devons aussi tenir compte des places disponibles dans chacune des classes des différents cycles.»
Une fois la formation terminée, quels sont les débouchés possibles? «Beaucoup d’élèves vont se perfectionner en Europe ou aux États-Unis. Mais plusieurs possibilités s’offrent à nos finissants : l’enseignement, l’accompagnement, la musique de chambre, le récital, les orchestres, etc.», énumère M. Fouquet.
«La majorité de nos diplômés travaillent dans des orchestres symphoniques ou en enseignement, poursuit Pierre Normandin, directeur du Conservatoire de musique de Trois-Rivières. Quelques-uns se tournent vers l’animation culturelle, la critique musicale ou la production.»
M. Fouquet soutient cependant que la concurrence est extrêmement forte. «Une cinquantaine de candidats convoitent parfois le même poste dans un orchestre. Il ne faut pas seulement être bon, mais être le meilleur!» Plusieurs anciens du Conservatoire de Montréal choisissent de s’exiler, comme Robert Langevin, premier flûtiste au New York Philarmonic.
Il y a aussi le travail à la pige. On peut être substitut (une sorte de surnuméraire) dans un orchestre symphonique, par exemple. Par ailleurs, comme dans bien des secteurs d’emploi, on demande aux professionnels d’être de plus en plus polyvalents. «On conseille aux violonistes de jouer également de l’alto afin d’augmenter leurs chances de travailler, car les altistes sont rares», précise M. Fouquet. Comme quoi il vaut toujours mieux avoir plusieurs cordes à son… violon!