Outre les maîtres d’œuvre et les équipementiers, l’industrie aérospatiale compte aussi 241 sous-traitants répartis dans 13 régions du Québec. Lorsque les affaires vont bien dans les grandes entreprises, les sous-traitants sont très occupés. C’est le cas de Hemmingford Aérospatiale, en Montérégie, dont 85 % du chiffre d’affaires dépend des commandes de PWC. L’entreprise fabrique principalement des injecteurs de carburant pour les moteurs de PWC et des valves pour maintenir la pression dans ces moteurs.
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Quand les affaires vont bien, la bonne humeur suit. «L’activité a repris au début de 2004, affirme le directeur de l’exploitation, Steve Gabias. Les perspectives de croissance seront bonnes jusqu’en 2007-2008. Au cours de l’année 2004, nous avons embauché 24 personnes et nous cherchons présentement deux machinistes.» L’entreprise a ainsi presque le même nombre d’employés qu’avant les événements de septembre 2001. Autre illustration de la santé financière de l’entreprise : elle vient d’agrandir ses installations et prévoit le faire aussi en 2005 et en 2006, nous informe le gestionnaire.
Dans l’ouest de l’île de Montréal, Éric Gagnon, directeur des opérations chez Luminescent System Canada (LSI), affiche un optimisme prudent. L’entreprise, filiale d’Astronics Corporation, conçoit et fabrique les panneaux d’instruments et les claviers éclairés qui se retrouvent dans les cabines de pilotage des avions. Elle fabrique également des composantes compatibles avec la vision nocturne. Elle exporte 90 % de sa production aux États-Unis… et c’est là que le bât blesse. «La remontée du dollar canadien a entraîné une baisse de notre marge bénéficiaire», dit-il en rappelant que toutes les transactions de l’entreprise sont effectuées en dollars américains. «Nous cherchons donc à faire des gains de productivité pour la retrouver.»
LSI s’attend tout de même à avoir une bonne croissance en 2005. L’entreprise, qui compte 90 employés, prévoit embaucher près de 10 personnes de plus cette année : des ingénieurs en mécanique, des électroniciens et des ouvriers d’usine. LSI, dont les activités concernent à la fois les domaines militaire et civil, vient également d’accroître la surface de ses installations.
Ainsi, malgré les mises à pied chez Bombardier ou CAE, les métiers de l’aérospatiale sont toujours dans le vent. La tendance des médias à mettre l’accent sur les mauvaises nouvelles nuit cependant à l’image que le public a de cette industrie, affirme Josée Péloquin, directrice de l’École des métiers de l’aérospatiale de Montréal. «Les problèmes de Bombardier et CAE prennent trop de place dans les médias, car, pendant ce temps, on ne parle pas des entreprises qui embauchent. L’industrie n’est pas bien perçue, parce que plusieurs croient qu’elle n’offre pas d’emplois stables. Or, la réalité prouve le contraire : au fil des ans, le nombre d’emplois est demeuré relativement stable et les postes sont très bien rémunérés [moyenne de 60 000 $].»
Du côté collégial, l’École nationale d’aérotechnique, située à Saint-Hubert, a enregistré une baisse marquée de sa population étudiante entre 2001 et 2004, indique la directrice de l’établissement, Lucie Cousineau. «Bien que le taux de placement moyen [pour l’ensemble des programmes] ait été de 67 % en 2003, il augmentera pour les prochaines années en raison des besoins de main-d’œuvre de l’industrie.»
Par ailleurs, il est faux de croire que cette industrie «siphonne» les gouvernements, ajoutent les spécialistes. Jugeant l’aide gouvernementale insuffisante, l’Association québécoise de l’aérospatiale, le CAMAQ et les entreprises réclament l’adoption rapide d’une politique nationale aérospatiale.