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L’aérospatiale, l’aéronautique et le transport aérien

Air Québec

Une main-d’œuvre qualifiée, des produits novateurs et la présence d’entreprises hautement spécialisées assurent à l’industrie aérospatiale québécoise une position et une renommée importantes à l’échelle mondiale.

par Martine Boivin et Mylène Tremblay


Magazine Jobboom
Vol. 3 no. 5
septembre-octobre 2002


Malgré sa force, l’industrie aérospatiale québécoise n’a pu éviter les contrecoups des attentats terroristes dont on souligne le premier anniversaire ce mois-ci. Dans les semaines qui ont suivi, l’ensemble de l’industrie annonçait la suppression de 4 000 emplois, principalement chez les maîtres d’œuvre.

Or, avant même cette catastrophe, l’industrie aérospatiale mondiale volait déjà en zone de turbulences. «On a mis les licenciements sur le compte des attentats, alors que la baisse des activités commençait déjà à se faire sentir au début de 2001», fait valoir Bernard Strauss, conseiller en emploi au ministère de l’Industrie et du Commerce du Québec (MIC).

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En freinant brusquement le transport aérien, les attaques terroristes n’ont fait que précipiter les annulations ou reports de certains contrats d’achats d’avions, qui se laissaient déjà entrevoir en raison du ralentissement économique de 2001. Ceux qui ont le plus souffert auront été les salariés des grands joueurs tels que Bombardier, Pratt & Whitney Canada, CAE Électronique et Bell Helicopter, alors que les PME semblent avoir traversé la tourmente sans trop de heurts.

Pour Carmy Hayes, conseiller en formation au Centre d’adaptation de la main-d’œuvre en aérospatiale au Québec (CAMAQ), il était évident que la croissance fulgurante des dernières années dans l’industrie (augmentation de 50 % des ventes entre 1996 et 2001, selon le MIC) allait être nivelée, un jour ou l’autre. «Les grands joueurs s’attendaient à un plafonnement de la demande. Ils avaient beau se montrer optimistes, mais dans les faits, ils demeuraient frileux à l’idée d’embaucher car ils craignaient d’avoir à procéder à des licenciements six mois plus tard.»

«On a mis les licenciements sur le compte des attentats, alors que la baisse des activités commençait déjà à se faire sentir au début de 2001.»
— Bernard Strauss, conseiller en emploi au ministère de l’Industrie et du Commerce du Québec (MIC)

Prompt rétablissement

Il faudra attendre au moins le printemps 2003 avant que l’industrie ne se remette de la crise, qui aura pourtant favorisé le développement du transport régional et le marché des avions d’affaires, deux créneaux où Bombardier a pris les devants. «Les compagnies aériennes spécialisées en transport régional ont très bien rebondi à la suite des événements du 11 septembre. Le jet régional est le produit idéal pour faire face à un marché difficile», explique Marc Duchêne, porte-parole de Bombardier. Ainsi, quelque 800 travailleurs affectés à la chaîne de montage du modèle CRJ à 50 places ont été rappelés en cours d’année.

En outre, pour faire face à la compétition féroce qui oppose les entreprises partout dans le monde, les maîtres d’œuvre cherchent de plus en plus à rationaliser leur réseau d’approvisionnement et à réduire le nombre de fournisseurs avec lesquels ils font affaire. Ceci se fait au profit de quelques manufacturiers capables de prendre l’entière responsabilité du financement, du développement et de la fabrication des pièces ou des équipements sous-traités. «Tout le monde est à la recherche du meilleur prix, explique Bernard Strauss, de sorte que les entreprises sont obligées de réduire le coût des équipements.»

Afin qu’elles s’imposent sur le plan mondial, Carmy Hayes croit que les petites et moyennes entreprises doivent parvenir à intégrer plusieurs fonctions et à effectuer l’ensemble des opérations requises pour la production d’une même pièce.


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