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Le transport aérien

Turbulences

En un an, le ciel canadien s’est trouvé complètement chambardé. Les lignes aériennes à tarifs réduits prennent les devants, alors que les transporteurs réguliers rongent leur frein.

par Mylène Tremblay


Magazine Jobboom
Vol. 3 no. 5
septembre-octobre 2002


Disparition de Canada 3000, mises à pied massives chez Air Canada et Air Transat, lancement de Tango et de JetsGo, montée fulgurante de WestJet : l’après 11 septembre aura été fertile en turbulences pour le ciel canadien et ses gens de l’air.

Seuls les transporteurs à rabais semblent prendre de l’altitude pour le moment. On assiste à une multiplication de ces lignes aériennes aux tarifs parfois dérisoires (des vols Montréal-Toronto à 20,02 $, comme lors d’une récente promotion!), offrant peu de services et employant moins de personnel, qui ont été attirées par le succès phénoménal du transporteur de l’Ouest canadien, WestJet. En moins de six ans, ce nouveau transporteur s’est accaparé 50 % du marché canadien dans le créneau des tarifs réduits. La récente crise du transport aérien l’a à peine ébranlé.

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Air Canada, comme plusieurs autres gros transporteurs réguliers à travers le monde, compose difficilement avec les nouvelles réalités. Déjà fortement touchée par le ralentissement économique de 2001, la compagnie a été très affectée par les conséquences des attaques terroristes : les pertes du transporteur s’élevaient à 1,25 milliard de dollars en 2001. En décembre dernier, Air Canada comptait 5 643 employés de moins qu’à la même période un an plus tôt. «Nous avons travaillé avec les syndicats pour éviter les mises à pied, en insistant pour des départs volontaires. Près de 3 500 employés s’en sont prévalus», précise Nicole Couture-Simard, porte-parole d’Air Canada.

Si Air Canada a terriblement souffert des contrecoups du 11 septembre, d’autres transporteurs ne s’en sont carrément pas remis. Au pays, ces événements auront eu raison de Canada 3000 et de ses récentes acquisitions, CanJet et Royal Aviation. Une faillite durement vécue par les 4 800 employés, mis au chômage sans aucun préavis. Air Canada en a d’ailleurs profité pour lancer au même moment sa propre filiale à tarifs réduits, Tango, dans le but de récupérer sa clientèle d’affaires passée entre les mains de son rival WestJet. «Les gens d’affaires sont de plus en plus exigeants et sensibles aux prix, observe Jacques Roy, professeur de gestion à l’École des Hautes Études Commerciales (HEC) et spécialiste de l’aviation. Ils ne sont plus prêts à dépenser les yeux fermés.»

Nouveaux joueurs

De nouveaux choix s’offrent maintenant à ces voyageurs lucratifs, alors que les anciennes têtes dirigeantes de Canada 3000 et consorts lancent leur propre ligne aérienne. Ainsi, l’ex-président de Royal Aviation, Michel Leblanc, a annoncé le 12 juin le début des activités de son transporteur à rabais JetsGo. Dans l’est du pays, CanJet est sur le point de renaître sous la houlette du Groupe IMP de Halifax, son premier propriétaire, qui l’avait ensuite vendue à Canada 3000. Quant à elle, Air Canada, qui offre déjà le service Tango dans l’est, devait lancer Zip à la fin de l’été pour faire concurrence dans l’ouest au transporteur WestJet.

Dans les régions du Québec, trois nouveaux projets de transporteurs régionaux sont sur la table et pourraient se concrétiser au cours des prochains mois. Il s’agit d’Air Régional, Bravo et Sprint Air. Un quatrième service de transport, connu sous le nom de Groupe Charlot, devrait voir le jour à l’automne sans l’aide du gouvernement québécois, contrairement aux trois autres. De quoi relancer la saine concurrence étouffée par le monopole d’Air Canada en région, et au passage, stimuler l’emploi dans l’industrie.


Pionnier de l’espace

Les Américains se vantent d’avoir été les premiers à mettre le pied sur la Lune. C’est faux : le Québec a devancé d’au moins quelques minutes le plus puissant pays du monde.

C’est que le module lunaire qui a permis à l’astronaute Neil Armstrong de faire un si grand pas pour l’humanité était muni d’un train d’atterrissage fabriqué au Québec par l’entreprise Héroux, aujourd’hui connue sous le nom Héroux-Devtek. L’industrie québécoise a elle aussi fait un grand pas ce jour-là!

Classé au sixième rang mondial, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et le Japon, le Québec représente 55 % des activités canadiennes dans les secteurs de l’aérospatiale et de l’aéronautique.

Parmi les 20 sociétés qui dominent le marché québécois, les maîtres d’œuvre Bombardier Aéronautique et Bell Helicopter Textron, de même que CAE Électronique et Pratt & Whitney Canada sont des leaders mondiaux. Plus de 250 petites et moyennes entreprises agissent comme sous-traitants ou fournisseurs de services dans des domaines aussi variés que la mécanique, le soudage, l’électronique, l’informatique et le traitement des métaux.

(M. B.)


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