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Cependant, si le projet de concentration des vols à Dorval met fin à la dualité Mirabel-Dorval qui a longtemps nui à Montréal, il n’aura pas nécessairement pour effet d’augmenter le nombre de passagers en correspondance à Montréal. «Dorval est un aéroport international indigne d’une métropole comme Montréal», estime Jacques Roy. Non seulement l’aéroport est-il aux prises avec un accès difficile et une exiguïté des lieux, mais Air Canada, qui avait pourtant promis de faire de Montréal une plaque tournante, consolide de plus en plus ses vols sur Toronto. Conséquence : Dorval se voit confirmé dans sa position d’aéroport régional alimentant celui de Toronto, tandis que les emplois reliés au transport aérien suivent le marché qui se développe davantage dans la Ville Reine, croit l’expert en aviation civile.
Comment éviter que Montréal, la seule vraie porte aéroportuaire du Québec, ne se fasse régionaliser et ne perde ses emplois? Le développement du secteur touristique serait la solution ultime. D’ailleurs, les voyages d’agrément semblent reprendre plus vite que les déplacements d’affaires. Jacques Roy se fait optimiste. «Montréal est une ville à vocation internationale qui compte de nombreux sièges sociaux, dit-il. À défaut d’en faire une plaque tournante, les autorités aéroportuaires et les gouvernements doivent susciter le tourisme pour créer de l’activité dans le secteur aérien au Québec.»
Des investissements et de l’emploi
La présence québécoise à l’édition 2002 du Salon aéronautique de Farnborough, en Grande-Bretagne, en juillet dernier, s’est soldée par des annonces d’investissements qui engendreront des centaines d’emplois en aéronautique et en aérospatiale. Parmi les investissements les plus importants annoncés lors de cet événement majeur dans l’industrie, notons ceux de Messier Dowty qui investira 23,2 millions de dollars pour accroître sa capacité de production de fabrication de trains d’atterrissage à Mirabel, et la participation de la Société générale de financement (SGF) dans le projet que nourrit Asco Industries de construire au Québec une usine de structures d’aéronefs. Évalué à 50 millions de dollars, ce projet créerait une centaine d’emplois sur une période de quatre à cinq ans.
La récolte 2002 pour le Québec à Farnborough est cependant moins fructueuse que celle d’il y a deux ans : près de 4 000 nouveaux emplois avaient été annoncés lors de l’édition de 2000.
Par ailleurs, depuis le début de l’année, la Zone de commerce international de Montréal à Mirabel s’était déjà enrichie de deux nouveaux investissements dans l’industrie aérospatiale, totalisant 68 millions de dollars et entraînant la création de 250 emplois. GE Elano Canada et CIC Aérospatial se joignent aux entreprises en place, dont Bombardier, International Cargo Equipment Resource (ICER) et National Metal Finishing (NMF).
(É. G. et M. T.)