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Emploi en série

Si la plupart des industries souffrent du manque de main-d’œuvre, l’aérospatiale ne ménage pas les efforts – ni les dollars – pour intéresser les candidats. Même les élèves du primaire font partie du plan de relève!

par Charles Messier


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 8
septembre 2008


Plus de 4 000 emplois à pourvoir de janvier 2007 à janvier 2009. C’est ce que prévoyait l’hiver dernier le Comité sectoriel de main-d’œuvre en aérospatiale du Québec (CAMAQ). C’était avant le lancement de la CSeries par Bombardier en juillet. Il faut maintenant trouver 3 500 travailleurs supplémentaires d’ici 2017, sans compter les 1 200 à remplacer à cause du roulement.

Heureuse nouvelle? Certainement, mais les candidats sont encore peu nombreux. Les images des deux avions qui s’engouffrent dans les tours jumelles new-yorkaises un certain 11 septembre 2001 sont restées gravées dans les mémoires. «Les événements ont marqué assez fortement la population étudiante, dit un porte- parole de Bombardier, Marc Duchesne. Après, les classes se sont vidées.» Le carnet de commandes des entreprises de l’aérospatiale aussi, les voyageurs préférant éviter l’avion. Mais cette baisse de régime est chose du passé.

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Depuis 2004, l’industrie se sort tranquillement de cette période sombre et le nombre de travailleurs augmente chaque année, et ce, pour des postes variés : ingénieur, assembleur, technicien d’entretien, ébéniste, peintre, etc. Par exemple, chez Bombardier, on pourrait offrir jusqu’à 300 emplois dès maintenant si la main-d’œuvre était disponible. Et on pourrait embaucher 25 ingénieurs chaque mois pendant deux ans.

Même abondance d’emplois chez Bell Helicopter. «On connaîtra une croissance pendant au moins cinq ans, assure le directeur du recrutement, Claude Gingras. On va augmenter notre capacité de production chaque année. L’achat de certains produits est assuré jusqu’en 2013!»

Difficultés de recrutement

Le problème, c’est que les étudiants du secondaire ou du cégep ne sont pas retournés en nombre suffisant vers les formations qui mènent aux métiers de l’aérospatiale. Pour s’assurer d’avoir une main-d’œuvre de haute qualité, il ne suffit pas d’avoir autant de diplômés que de postes à pourvoir. «Quand on a besoin de 100 personnes, on est toujours plus content d’avoir à choisir parmi 300», illustre Éric Edström, le chargé de projet au CAMAQ.

«On est contraints de faire venir des travailleurs étrangers, et bientôt, si on ne répond toujours pas à la demande, on va faire venir des étudiants.»
— Éric Edström chargé de projet au CAMAQ

«Actuellement, on cherche des gens et il n’y en a pas assez, dit Éric Edström. On est contraints de faire venir des travailleurs étrangers, et bientôt, si on ne répond toujours pas à la demande, on va faire venir des étudiants.»

Dernièrement, Bombardier a d’ailleurs recouru aux travailleurs étrangers pour pourvoir des postes vacants. «On est allés au Brésil, en Russie, en Inde pour rencontrer des candidats potentiels, relate Marc Duchesne. Si on va là-bas, c’est pour recruter des travailleurs expérimentés qui valent vraiment la peine d’être embauchés. Une fois qu’ils sont ici, explique- t-il, on les aide à s’établir et à trouver un domicile et une école pour les enfants.»

Bell Helicopter a les mêmes difficultés que les autres entreprises aérospatiales. «On fait des séances d’information, on annonce dans les journaux, on permet aux jeunes qui souhaitent faire carrière chez nous de s’inscrire à des programmes travail-études pour combler nos besoins», dit Claude Gingras.

Les employeurs sont également coincés par des accords internationaux, qui sont particulièrement nombreux avec les États-Unis. «Les personnes nées en Corée, à Cuba ou au Vénézuéla peuvent faire du travail de bureau, mais elles ne peuvent pas s’approcher des avions [par exemple lorsqu’il s’agit de faire la maintenance d’appareils américains]», dit M. Edström.


guide de survie


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Résultats



Québec

45,9 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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