Pour pallier les carences, les entreprises tentent de retarder les prises de retraite, augmentent les salaires et améliorent les conditions de travail pour attirer les employés de leurs concurrents. «On peut toujours continuer à éteindre des feux, dit M. Edström, mais le problème est que les entreprises pigent toujours dans le même bassin de main-d’œuvre. À un moment donné, il faut réensemencer le bassin.»
Aux grands maux les grands moyens : en mai 2007, le CAMAQ, de grandes entreprises de l’industrie et les écoles spécialisées ont consacré un million de dollars à l’organisation d’un Salon pour promouvoir les métiers scientifiques. Des spectacles aériens étaient au programme afin d’attirer le plus de visiteurs possible. Mission accomplie : 20 000 personnes sont venues, dont 4 500 élèves du primaire et du secondaire débarqués en autobus jaunes. «La question est de savoir combien parmi ces jeunes vont finir par faire carrière en aérospatiale», se demande Éric Edström.
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Il est difficile de mesurer l’impact du Salon, mais dans les semaines suivantes, les écoles qui offrent des formations pertinentes ont vu leurs inscriptions augmenter.
Le CAMAQ a aussi investi 50 000 $ dans la production d’un DVD présentant dix travailleurs issus de métiers en manque de main-d’œuvre. Tous les conseillers d’orientation du Québec en ont reçu un exemplaire.
Pour attirer des candidats, l’École des métiers de l’aérospatiale de Montréal (ÉMAM) a créé une station spatiale mobile de seize mètres de long dans laquelle on anime un atelier pendant une journée complète. Les participants y font de la robotique, de la botanique, de la géologie, etc. Elle parcourt actuellement tout le Québec, va dans les stationnements d’école, dans les centres commerciaux, etc. Éric Edström envisage la possibilité qu’elle puisse parcourir le Canada pour attirer plus d’étudiants dans les écoles du Québec. «Dans le cadre de l’Aérosalon, on invitait les gens à venir à un événement; là, c’est nous qui allons les voir où ils sont.»
L’École nationale d’aérotechnique (ÉNA), située à Saint-Hubert, fait pour sa part la tournée des écoles secondaires et des Salons carrières afin d’attirer des étudiants.
Du côté de la formation universitaire, on multiplie aussi les moyens pour attirer des étudiants. À l’École Polytechnique, un nouveau baccalauréat en génie aérospatial verra le jour en septembre 2009, alors qu’avant il s’agissait d’une spécialisation en dernière année des autres programmes de génie. «En septembre 2001, son élaboration a été mise sur la glace, raconte la conseillère aux futurs étudiants, Sophie Larrivée. Mais en voyant les demandes qui persistaient dans le cadre des partenariats qu’on avait notamment avec Bombardier et CAE, dont le but était justement d’accroître le nombre de diplômés, elle a été remise en marche.» Or, comme beaucoup d’initiatives de recrutement, l’industrie aérospatiale devra attendre quelques années avant d’en récolter les fruits.
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