Crise de la vache folle, menace de grippe aviaire, risque d’intoxications alimentaires… Dans les étables, les poulaillers, les usines de transformation et les supermarchés, les mesures de salubrité et de biosécurité sont renforcées pour assurer la santé des consommateurs. Les travailleurs de l’agroalimentaire suivent le pas.

Mai 2003. On découvre en Alberta un bovin atteint d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), mieux connue sous le nom de «maladie de la vache folle». Notre principal partenaire commercial, les États-Unis, de même qu’une cinquantaine de pays interdisent alors l’importation de viande et de bétail canadiens. C’est le début d’une longue période de vache maigre pour les producteurs bovins à travers le pays. Et bien qu’ils exportent peu leur production, les éleveurs québécois n’ont pas été épargnés.
«Cette crise n’a pas entraîné de pertes d’emplois directs chez les producteurs, mais elle a cependant accru leur endettement. Même en tenant compte des aides gouvernementales, les producteurs ont essuyé des pertes nettes de plus de 284 millions de dollars. Aucun producteur n’aurait cru que la crise durerait aussi longtemps, soit plus de deux ans», affirme Denise Audet, agente de communication à la Fédération des producteurs de bovins du Québec.
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Depuis 2003, trois nouveaux cas ont été découverts au pays, dont un en janvier dernier. Ceux-ci n’ont toutefois pas entraîné de lourdes conséquences économiques, le Canada ayant renforcé ses normes de sécurité aux yeux de ses partenaires étrangers.
En juillet 2005, les États-Unis ont levé leur embargo américain sur les bovins âgés de moins de 30 mois et sur de nombreux produits carnés. Mais selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), en décembre 2005, 35 pays maintenaient toujours leur embargo et 11 l’avaient partiellement levé. Reste que le prix du bœuf à la livre est presque revenu à ce qu’il était auparavant. Au Québec, les producteurs de bovins respirent donc plus librement.
Si leurs affaires se portent mieux, c’est aussi en partie grâce à une précieuse acquisition faite en novembre 2005. Déjà propriétaires de l’abattoir Billette, à Saint-Louis-de-Gonzague, ils ont mis la main sur les actifs de l’entreprise Levinoff-Colbex, qui abat 85 % des bovins de réforme au Québec, soit 100 000 têtes par année. Les producteurs sont donc maintenant assurés d’obtenir à l’avenir un meilleur prix pour leurs bovins.
Cette acquisition est aussi prometteuse en ce qui a trait à la création d’emplois dans l’industrie. «Nous examinons actuellement la possibilité d’accroître l’abattage chez Billette et de développer le marché de la viande surgelée à l’abattoir Levinoff-Colbex, affirme Denise Audet. Au cours des prochaines années, des emplois de bouchers, d’ouvriers à l’abattage et d’ouvriers de découpe pourraient donc être créés.»
De plus, depuis fin 2005, dans le cadre du Programme d’amélioration de la salubrité des aliments appliqué au Canada, tous les établissements de transformation de la viande qui exportent leurs produits à l’étranger doivent être certifiés HACCP (Hazard Analysis Critical Control Points ou, en français, Système d’analyse des risques et de maîtrise des points critiques). Cette norme est reconnue mondialement en matière de contrôle de la salubrité en alimentation. Les ouvriers d’abattoir doivent donc appliquer de nouvelles règles de sécurité. Selon Lise Perron, directrice du Comité sectoriel de main-d’œuvre en transformation alimentaire, la mise en place de la norme HACCP se poursuit au Québec dans les abattoirs qui produisent des viandes destinées au marché provincial. Ceci entraîne l’embauche de plus de consultants ou de techniciens en contrôle de la qualité dans les grands abattoirs.