Daniel Dufour est formateur pour le Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation, un organisme québécois qui défend les intérêts de plus de 425 entreprises œuvrant en agroalimentaire. Daniel Dufour précise que la certification HACCP gagne en importance dans toute l’industrie au Canada. «Les entreprises certifiées exigent de plus en plus que leurs fournisseurs le soient aussi. Cette mesure accroît les besoins en perfectionnement, car toute entreprise certifiée HACCP doit offrir de la formation continue à ses travailleurs.» L’Institut de technologie agroalimentaire (à Saint-Hyacinthe et à La Pocatière) offre des cours sur la norme HACCP. Les deux campus font partie des établissements vers lesquels se tournent les entreprises pour former leurs employés.
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Des représentants de l’industrie alimentaire souhaiteraient que les systèmes de gestion des risques, comme la certification HACCP, deviennent obligatoires dans tous les établissements où l'on manipule ou transforme des aliments. C’est notamment ce que prône la Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation (CAPA), une commission parlementaire qui fait des recommandations au gouvernement. Cette initiative obligerait les usines de transformation alimentaire à embaucher davantage de techniciens en contrôle de la qualité. «Actuellement, les titulaires du diplôme d’études collégiales en technologie de la transformation des aliments qui exercent ce métier sont déjà très recherchés», affirme Lise Perron. Le taux de diplômés en emploi est de 85 %, selon la Relance au collégial en formation technique 2005 du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.
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Les producteurs ont dû intégrer de nouvelles méthodes de travail : par exemple, la tenue de registres de fonctionnement, la désinfection des bâtiments avant l’arrivée de nouveaux animaux, etc. «Pour faciliter l’implantation des nouvelles règles, nous avons embauché un technicien-agronome pour former les producteurs sur les rudiments du PASAF», explique Bernard More, directeur des communications à la Fédération des producteurs de volailles du Québec. Les producteurs de dindons et d’œufs ont aussi un programme de contrôle de la qualité adapté à leur production.
Rappelons qu’au printemps 2004, la menace de grippe aviaire a créé des remous au pays alors que le virus a été découvert dans une quarantaine de fermes de la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique. Plusieurs millions de volailles ont alors été abattues. En 2005, dans la même région, ce sont des canards infectés par une forme non pathogène du virus qui ont sonné l’alerte. Ces découvertes ont entraîné la fermeture de plusieurs marchés d’exportation. «Les éleveurs de volailles du Québec ont été peu touchés, car ils exportent moins de 10 % de leur production», précise cependant Bernard More.
La menace de la grippe n’en demeure pas moins prise au sérieux par les autorités. «L’automne dernier, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a demandé à tous les producteurs avicoles de garder leurs oiseaux à l’intérieur pour réduire les risques de contamination par d’autres oiseaux, affirme Francine Lord. Cette mesure touche surtout les petits producteurs qui élèvent leurs animaux en basse-cour et qui n’ont pas de bâtiments fermés.» Selon Francine Lord, un plan d’urgence en cas de pandémie est aussi en cours d’élaboration en concertation avec tous les intervenants de l’industrie avicole.
L’industrie agroalimentaire est donc sous haute surveillance. En cas de crise, l’application des mesures de salubrité et de biosécurité dans les élevages avicoles et bovins limiterait sans doute l’étendue de la contagion. C’est somme toute une bonne nouvelle pour les producteurs, qui évoluent au sein d’une industrie essentielle, mais combien fragile.