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Secteurs en vedette - Agroalimentaire
L’essor de l’alimentation santé

Nouveau régime

Je mange, donc je suis… en bonne santé. Encore faut-il ne pas manger n’importe quoi! De plus en plus inquiets du contenu de leur assiette, les consommateurs font désormais la fine bouche. Du champ à l’épicerie, l’industrie de la bouffe s’adapte comme elle peut aux goûts du jour. Survol.

par Séverine Galus


Magazine Jobboom
Vol. 6 no. 4 avril 2005


De nos jours, les Québécois prennent conscience que le mode de vie et l’alimentation sont des facteurs importants dans l’apparition de plusieurs maux, dont les maladies coronariennes et le cancer. Ainsi, leurs choix alimentaires doivent désormais leur permettre de conserver la santé, la beauté, la jeunesse, tout en procurant de l’énergie. Conséquence : le bio, et tout ce qui est de souche naturelle, a la cote.

En 2003, 60 % des Québécois avaient déjà acheté des produits biologiques, soit une augmentation considérable de 10 % par rapport à 2001, selon un sondage CROP-Équiterre. «Les scandales de la vache folle ou, plus récemment, le débat entourant l’étiquetage obligatoire des gras trans, rendent les consommateurs plus craintifs face à ce qu’ils consomment, confirme la diététiste-nutritionniste Isabelle Gohier, consultante dans l’industrie agroalimentaire. Ce phénomène est en partie à l’origine de l’engouement pour les aliments biologiques et pour les produits du terroir. Il y a une réelle envie de retour aux sources.»

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La pousse BIO

Actuellement, la consommation de produits biologiques au Canada représente environ 1 % du marché total du commerce de détail en alimentation et croît d’environ 20 % par année, indiquait en 2003 la Fédération d’agriculture biologique du Québec (FABQ). La vente de produits équitables augmente quant à elle de 50 % par année au Canada, remarque Équiterre, selon les statistiques sur les ventes de produits équitables 2003 produites par TransFair Canada.

La croissance des ventes des produits du terroir est plus difficile à chiffrer. Mais il n’y a qu’à voir le nombre de fromages et autres délices made in Québec sur les étals des marchands pour constater une demande grandissante pour ces produits. «Les produits du terroir demeurent des produits haut de gamme qui ne s’adressent pas à tout le monde», nuance cependant Michel Morisset, professeur au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation à l’Université Laval. De plus, les ventes de produits biologiques restent minimes par rapport à celles des aliments traditionnels, avance-t-il. «Les produits biologiques sont coûteux à produire et les prix de vente au détail sont très élevés, ce qui en limite les ventes. Les productions bio resteront petites, dans la mesure où il n’y a pas un marché très important.»

Pourtant, Marcel Roy, responsable du dossier de l’agriculture biologique au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), constate pour sa part une industrialisation de l’agriculture biologique. Dans les grandes épiceries, on peut pratiquement acheter n’importe quel produit certifié biologique, remarque-t-il. «La grande industrie agrochimique, qui produit des engrais et des pesticides, espérait que le bio ne serait qu’une mode. Finalement, elle s’est aperçue du contraire et embarque dans le bateau en fournissant des produits moins dommageables pour la santé ou l’environnement. Aussi, d’importants producteurs d’œufs ont communiqué avec nous pour se convertir à l’agriculture biologique. Même s’ils se fichent du principe, ils se sont conformés à un cahier des charges : ils veulent faire de l’argent…»


Lexique des nouvelles appellations

Produit biologique : Pour mériter cette dénomination, il faut que le produit alimentaire résulte d’un mode de production exempt de produits chimiques de synthèse.

Produit équitable : Un produit équitable est issu de relations commerciales justes avec les petits producteurs des pays du Sud. Le commerce équitable est fondé sur la garantie d’un revenu décent, le respect des droits sociaux et la préservation de l’environnement. Il favorise une démarche de développement durable.

Produit du terroir : Le produit du terroir met en valeur des potentiels naturels et culturels locaux. Sa forme ou son usage résulte de la transmission d’un savoir-faire traditionnel et du maintien d’une filière de production. Le produit du terroir conjugue une ressource unique, des procédés de fabrication singuliers et est associé à un territoire délimité et nommé.

Produit transgénique : Produit issu d’un organisme animal ou végétal dans les cellules duquel on a introduit de l’ADN étranger. La modification introduite dans le génome de l’organisme se traduit par l’apparition d’un caractère nouveau, qui est transmissible à la descendance de cet organisme.

Sources : Le grand dictionnaire terminologique (Office québécois de la langue française); Équiterre; Solidarité rurale du Québec.


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