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De la fourche à la fourchette (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 4 no. 3 printemps 2003


Santé et variété

Autre préoccupation d’ordre réglementaire, la quasi-totalité des entreprises de transformation auront trois ans, à compter du 1er janvier 2003, pour se conformer au nouveau règlement de Santé Canada sur l’étiquetage nutritionnel. Presque tous les emballages devront donc être modifiés pour, entre autres, inclure un tableau d’information nutritionnelle standardisé présentant 13 éléments nutritifs (comme le niveau de cholestérol, la quantité de vitamines, de sodium, etc.).

Hélène Simard, le leader national du Groupe de la consommation de Samson Bélair/Deloitte & Touche, estime que les préoccupations nutritionnelles des consommateurs fournissent une occasion à saisir pour les entreprises du secteur. «Tout produit qui sera présenté comme étant “santé”, tant en ce qui a trait au nombre de calories, au pourcentage de gras qu’à l’absence d’additifs, sera avantagé à l’avenir, parce que les gens veulent manger plus sainement.»

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Plus que jamais, les consommateurs québécois sont également friands de variété, surtout que les tapas, sushis, currys et autres délices exotiques leur sont désormais familiers. Résultat : «Les gens sont prêts à essayer une panoplie d’aliments auxquels ils n’auraient pas touché auparavant, poursuit Hélène Simard. Pensons, par exemple, aux fromages de lait cru. Il y a donc des créneaux à exploiter.»

Lyne Gagné, directrice générale d’Aliments du Québec, un organisme voué à la promotion des produits québécois sur le marché intérieur, croit que l’industrie d’ici est bien outillée pour offrir des produits hautement appétissants. «La serriculture (production de légumes en serre) nous permet de faire d’énormes progrès quant à ce qu’on peut produire au Québec. On peut maintenant avoir des tomates en plein hiver! On est aussi en train de se démarquer en ce qui a trait aux produits du terroir, que ce soit les produits de l’érable, les boissons et alcools, le pain artisanal, les charcuteries ou les fromages.»

Par ailleurs, avec la population qui vieillit et les coûts de santé qui augmentent, les nutraceutiques et les aliments fonctionnels offrent d’excellentes perspectives de développement, puisqu’il s’agit de produits dont les bienfaits pour la santé ont été démontrés scientifiquement. Les aliments fonctionnels se présentent comme des aliments traditionnels, qui peuvent être enrichis ou modifiés (par exemple, les œuf Oméga 3, riches en acides gras essentiels et en vitamine E). Les nutraceutiques, eux, prennent une forme davantage médicinale (comme les capsules de soya, dont les antioxydants limiteraient les effets du vieillissement). La croissance de ce marché serait trois fois plus rapide que celle des aliments traditionnels, selon le document sur la Politique québécoise de la transformation alimentaire.

«Ce secteur présente une intensité technologique et scientifique nettement plus élevée que le secteur alimentaire en général, précise Chi Mai Vu, de la Direction du développement de la transformation alimentaire et des marchés au MAPAQ. Pour identifier une molécule prometteuse, il faut une formation scientifique, en chimie fine ou en microbiologie par exemple. Ce sont des spécialités très demandées.»

Avec la chute démographique et le virage que prend le secteur vers la qualité et l’innovation, il est de plus en plus difficile de trouver un nombre suffisant de candidats qualifiés.

À qui la chance?

En fait, la demande de main-d’œuvre est grande dans toute la chaîne de production des aliments, de la ferme jusqu’aux usines de transformation. Mais avec la chute démographique et le virage que prend le secteur vers la qualité et l’innovation, il est de plus en plus difficile de trouver un nombre suffisant de candidats qualifiés.

En novembre 2002, le Conseil de développement du bioalimentaire de la Montérégie a d’ailleurs organisé un forum régional portant sur les besoins de main-d’œuvre dans le secteur. Parmi les problématiques soulevées figuraient «l’instabilité et la disponibilité inadéquate du personnel» ainsi que «l’insuffisance d’une main-d’œuvre qualifiée». Plus de 200 recommandations y ont été formulées, notamment améliorer les conditions de travail, favoriser la formation en cours d’emploi et faire connaître les carrières et les employeurs de l’industrie.

«De prime abord, les jeunes connaissent mal la transformation alimentaire, explique Lise Perron, directrice du Comité sectoriel de main-d’œuvre en transformation alimentaire. Pour eux, ça n’a pas la connotation high tech que peut avoir l’aérospatiale, par exemple. Pourtant, c’est un secteur sophistiqué, où on fait appel à des robots, à de la machinerie, à de la programmation, dans un environnement particulièrement propre.»


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