L’alimentation est un secteur où le marché demeure stable depuis longtemps, soutient Michel Payette, directeur général du Comité sectoriel de main-d’œuvre du commerce de l’alimentation. Tout le monde cherche à attirer la même clientèle chez lui au détriment de ses concurrents.»

Pendant que les uns misent sur les bas prix, d’autres s’ingénient à offrir toujours plus de service, de qualité et de variété.
Le Québec compte 9 500 établissements de commerce au détail en alimentation, dont les supermarchés, les magasins à grande surface, les épiceries de quartier et les dépanneurs. On y trouve aussi 1 500 établissements de commerce de gros.
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Les grandes chaînes Loblaws, Métro et Sobeys approvisionnent la majorité des magasins d’alimentation de la province, y compris les indépendants. Au Québec, les magasins d’alimentation se divisent en trois groupes : ceux qui appartiennent à une chaîne en totalité, ceux dont le propriétaire est indépendant mais affilié à une chaîne (c’est-à-dire financé par elle, comme les marchands Métro) et ceux dont le propriétaire est complètement indépendant. «On voit les commerces d’alimentation comme des méga-entreprises, mais en fait, ce sont souvent des PME rattachées à des grandes chaînes», fait remarquer Michel Payette. Une réalité unique au Québec. Ailleurs au Canada, la majorité des établissements appartiennent aux grandes chaînes.
Pour l’employé, la formation est la principale différence entre travailler pour un épicier indépendant ou pour celui qui est affilié à une chaîne. Les grandes chaînes peuvent offrir des services de formation au personnel des magasins. C’est là tout l’attrait de ce secteur d’activité, selon Michel Payette : il est facile d’y entrer sans diplôme (à titre de commis, par exemple) et d’y acquérir une spécialisation en cours d’emploi.
Comme la main-d’œuvre spécialisée est difficile à trouver, les magasins misent sur leur propre bassin de personnel. Des régimes d’apprentissage sont déjà offerts en cuisine, en boulangerie et en pâtisserie. La boucherie verra le sien lancé au printemps 2003 et la poissonnerie, vers 2004. Ces formations, chapeautées par Emploi-Québec, se déroulent en milieu de travail selon le modèle compagnon-apprenti.
Par ailleurs, avec la taille des magasins qui augmente, l’introduction des systèmes informatiques et l’imminence de nombreux départs à la retraite, des besoins de recrutement se font sentir du côté des directeurs de magasins et des gérants de départements. Ces personnes doivent savoir faire des analyses de ventes et d’inventaires, calculer leur coût de revient et gérer des ressources humaines. Un DEC en gestion de commerce, en gestion de services alimentaires et de restauration ou en administration (option marketing) représente donc un atout pour les candidats.
Les opérations se complexifient également du côté des centres de distribution, si bien qu’il existe maintenant un DEC en logistique de transport, développé pour répondre aux besoins de l’industrie. Les grandes chaînes ont aussi besoin de gérants de catégorie pour acheter et mettre en marché les produits destinés à leurs diverses bannières. Dans le cas des fruits et légumes par exemple, il faut du personnel pour trouver des produits de qualité, à bon prix… quelle que soit la saison.
«Tant pour les postes d’entrée que pour les métiers spécialisés et les postes de gestion, il y a une demande de main-d’œuvre capable de satisfaire les exigences que posent les consommateurs et les nouvelles technologies», conclut Michel Payette.
L’industrie bioalimentaire au Québec
Part dans l’économie québécoise : 8 %
Nombre d’emplois : 426 700, soit près d’un emploi sur huit au Québec, répartis comme suit :
Restauration : 38 %
Magasins d’alimentation : 24 %
Transformation des aliments, des boissons et du tabac : 17 %
Agriculture et pêches : 15 %
Grossistes en aliments, boissons et tabac : 6 %
Valeur des exportations : 3,3 milliards de dollars
Ventes au détail : 14,7 milliards de dollars
Valeur des livraisons d’aliments et de boissons : 17,3 milliards de dollars
Recettes monétaires agricoles : 5,7 milliards de dollars
Nombre d’exploitations agricoles : 31 700
Nombre d’entreprises de transformation : 1 300
Nombre de commerces au détail : 9 500
Nombre de commerces de gros : 1 500
(Sources : MAPAQ, Le Québec bioalimentaire en un coup d’œil, édition 2001; MAPAQ, L’activité bioalimentaire au Québec, bilan synthèse 2001; Éditions Jobboom, Les carrières d’avenir 2003.)