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Acheter local, manger global (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 3 Mars 2008

Le champ libre en région

Les épiceries exotiques trouvent aussi leur clientèle en région. Même si ces commerces ne sont pas légion, ils servent à approvisionner les communautés culturelles présentes tout en offrant aux «locaux» la possibilité de découvrir des saveurs autrement plus exotiques que le chop suey du restaurant chinois du coin!

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Par exemple, à l’Épicerie Myrand Internationale du chemin Sainte-Foy à Québec, on trouve toutes sortes de produits du Maghreb : viande halal, merguez, épices, confitures, pâtisseries, semoule, etc. «Notre clientèle est essentiellement maghrébine et africaine, mais il y a aussi des Québécois. Ces derniers achètent surtout des ingrédients pour préparer du couscous. Ce plat semble très populaire auprès d’eux», note Dina Benizan, caissière-vendeuse à l’épicerie. Elle remarque que pour l’instant la rivalité avec les supermarchés de la région est presque inexistante.

Il en va de même pour Aliments Toyo, une épicerie asiatique située chemin des Quatre-Bourgeois à Québec, qui offre également un comptoir de mets chinois, vietnamiens, japonais et thaïlandais à emporter. «Les clients québécois sont de plus en plus nombreux, note Colette, caissière-vendeuse. Ils arrivent ici avec leur livre de recettes asiatiques, ou alors ils ont vu une recette à la télévision qu’ils veulent refaire», poursuit-elle.

À Sherbrooke, le marché Aux saveurs exotiques vend du manioc, du riz, des bananes plantains, du bissap (boisson à base de fleurs d’hibiscus) et d’autres mets africains. La propriétaire, Mabimbi Mazvinga, remarque que la clientèle, surtout africaine, s’enrichit de plus en plus de Québécois. Loin de sentir la concurrence des supermarchés, elle note surtout une ouverture à la culture africaine. «Nous avons aussi un petit salon de coiffure dans la boutique, nous faisons des tresses africaines. Les Québécoises semblent les apprécier.»

Un bémol en banlieue

L’entreprise Saveurs d’ici et d’ailleurs, située à Bois-des-Filion en banlieue nord de Montréal, propose diverses petites dou-ceurs telles que des fromages fins, des confits d’oignons, des huiles d’olive, du pesto italien et des chocolats belges. Ouverte il y a deux ans et demi, l’entreprise a connu un excellent départ. «Au début on sentait un très grand intérêt de la part des gens. Ils venaient acheter les ingrédients nécessaires pour faire une recette vue à l’émission À la di Stasio, par exemple», souligne la propriétaire, Nadine Stipetic.

Cependant, elle note un certain ralen-tissement depuis quelques mois environ. «On a construit un gros IGA dans la région et on m’a dit qu’il y avait une section de produits plus spécialisés et haut de gamme.»

Même si elle ne peut pas affirmer que cette grande surface lui fait de l’ombre, Nadine Stipetic déplore que les super-marchés investissent le secteur des aliments spécialisés. «Cela crée une forte concurrence pour les petites épiceries.»

Comme quoi la lutte de David contre Goliath va peut-être finir malgré tout par s’imposer…
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