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Selon les estimations du MAPAQ, si chacun achetait 30 $ de produits québécois par semaine, on créerait 1 800 emplois. «Le mouvement local, c’est l’équivalent de celui du bio il y a dix ans», croit pour sa part Marie-Claude Giraudo, de la FCAQ.
Il s’agit d’une tendance de fond, mais ça ne veut pas dire qu’on a le temps de lire toutes les étiquettes pour savoir où c’est fait.
Denis-Paul Bouffard a vu l’émergence de la mode bio au Québec. Il y a dix ans, celui qui est maintenant PDG du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants du Québec souhaitait que le bio s’aventure hors des marchés d’alimentation naturelle. «Aujourd’hui, il y a en moyenne 300 produits bio par magasin!» se réjouit-il. La tendance du local, bien amorcée en Europe et aux États-Unis, pourrait suivre la même voie.
Francine Rodier a analysé les effets du logo sur 15 produits dans 4 supermarchés de la Montérégie. Habillés du dessin bleu, les aliments ont vu leur part de marché grimper de 2,8 % en moyenne. Le cheddar Perron a connu un succès monstre : une hausse de 22 %!
La doctorante à l’Université de Sherbrooke a publié ces résultats d’une étude commandée par Aliments du Québec en janvier dernier. Les producteurs peuvent l’utiliser si au moins 80 % de leurs ingrédients sont québécois. Ils sont 380 à s’en être prévalu pour apposer l’étiquette sur 6 000 produits.
La moitié des consommateurs disent rechercher ce logo lors de leurs emplettes, selon un sondage Léger Marketing de 2007. Attention, prévient le président des miels Capilano Labonté, Jean-Marc Labonté, «ils vont oublier leur esprit patriotique si c’est trop cher». Généralement, les prix seraient comparables ou légèrement supérieurs.
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À l’île d’Orléans, une douzaine de producteurs de fruits et légumes se sont réunis et ont lancé l’an passé leur propre logo : Savoir-faire île d’Orléans. «Il fallait se protéger», soutient l’agriculteur et président Daniel Pouliot. «Je ne peux pas empêcher un gars de Laval d’écrire “fraises de l’île d’Orléans” au crayon- feutre sur le bord du chemin. Par contre, si le logo est là, l’acheteur est sûr que ça vient de nous.»
De là à dire que les locavores vont sauver l’économie, Isabelle Joncas, d’Équiterre, tempère. «On n’est pas au bout de nos peines, dit-elle, il y a beaucoup d’endettement chez les agriculteurs, le nombre de fermes est en décroissance.» Avec tous les logos qui apparaissent, elle se demande si la confusion surviendra, «mais trop c’est quand même mieux que pas assez».