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Assurance de personnes

Roulement à bile

Elle est finie l’époque où l’on cachait ses économies dans ses bas de laine ou au fond du matelas pour parer aux imprévus de la vie : en cas de pépins, les assureurs de personnes veillent au grain.

par Jean-François Perreault


Magazine Jobboom
Vol. 6 no. 10 novembre 2005


Gigantesque. Prospère. Évolutive. L’industrie de l’assurance de personnes est tout ça et même plus. Elle calme surtout les appréhensions de plus de 23 millions de Canadiens qui se font de la bile face à l’avenir et qui achètent l’une ou l’autre des protections offertes.

L’assurance de personnes, c’est aussi un marché florissant que se disputent plus de 127 entreprises au Québec, dont quelques géants (Manuvie, Sun Life, Great-West), des joueurs de taille moyenne (Standard Life, Industrielle Alliance, Desjardins) et une ribambelle de petites entreprises spécialisées dans des créneaux précis, comme les assurances collectives ou les produits liés aux rentes. Les sièges sociaux des toutes puissantes sont situés principalement en Ontario, mais elles possèdent à Montréal d’importants bureaux régionaux.

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La vague massive de fusions et d’acquisitions survenues au cours des dernières années a fait chuter le nombre d’entreprises. Une vingtaine ont disparu depuis 1998, selon l’Autorité des marchés financiers du Québec.

N’empêche, l’industrie est en croissance. Au Canada, les 118 000 personnes qui y travaillent se livrent une concurrence acharnée; et ce n’est pas pour des miettes. Les sommes d’argent transigées par ces compagnies sont astronomiques : en 2003, l’actif de l’ensemble des entreprises canadiennes se chiffrait à 315 milliards de dollars, d’après l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP).

Les Canadiens sont très friands des produits d’assurances qu’on leur offre : ils possèdent près de 2 484 milliards de dollars en assurances vie et ont versé plus de 52 milliards de dollars en primes au cours de 2003. La palette est large : l’assurance vie, bien sûr, mais aussi l’assurance invalidité, l’assurance décès ou mutilation par accident, l’assurance dentaire, l’assurance voyage, l’assurance en cas de maladies graves, les contrats de rentes, les régimes de retraite et tutti quanti.

«Les gens ont leur santé de plus en plus à cœur. Voyez en librairie le nombre de livres consacrés à la nourriture saine et au cancer!»
— Michel Fortin, Vice-président ventes et marketing, Standard Life

Les gains du privé

En 1997, le gouvernement québécois mettait sur pied son régime d’assurance médicaments. Aussi étonnant que cela paraisse, celui-ci n’a pas entravé la croissance du marché des assurances de personnes au cours des dernières années. Au contraire, la part du secteur privé dans les dépenses totales de santé au Québec est passée de moins de 18 % en 1979 à près de 29 % en 2003, signale le site Emploi-Avenir Québec.

Deux importants facteurs nourrissent cette croissance, soit le vieillissement de la population et son inquiétude face au système de santé. Les gens ont peur que le gouvernement diminue davantage sa participation financière dans les soins de santé.

«Les compagnies d’assurances s’adaptent aux temps modernes, affirme Claude di Stasio, vice-présidente adjointe aux affaires québécoises de l’ACCAP. On propose maintenant des produits davantage liés aux conséquences de maladies graves qu’à la mortalité.» Un avis partagé par Michel Fortin, vice-président Ventes et Marketing chez Standard Life. «Les gens ont leur santé de plus en plus à cœur. Voyez en librairie le nombre de livres consacrés à la nourriture saine et au cancer! Les gens sont aussi conscients que le gouvernement ne sera pas toujours là pour subvenir à leurs besoins.»

Le vieillissement de la population stimule également un bel essor des produits d’assurances qui visent la retraite. C’est d’ailleurs grâce à ce créneau que l’industrie est appelée à poursuivre sa croissance. Dans un compte-rendu sur le secteur des services financiers, le ministère des Finances du Canada signalait déjà en 2002 que les produits de retraite, notamment les rentes, les régimes enregistrés d’épargne-retraite et les fonds enregistrés de revenu de retraite connaissaient une croissance rapide. «Par exemple, en 1970, les rentes – produits de retraite collectifs et individuels – ne constituaient que 19 % du revenu-primes des compagnies d’assurances comparativement à 53 % en 2000», explique-t-on dans le site du ministère.


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