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«La plupart du temps, quand les gens me demandent dans quel domaine je travaille et que je leur réponds “l’assurance”, ils répliquent : “Ah, les crosseurs!”» Cette confidence d’Alisa Truong, jeune experte en sinistres travaillant chez ING Canada, illustre bien le paradoxe de l’industrie de l’assurance de dommages. Même si la plupart des Québécois assurent leurs biens, une image dépassée du vendeur d’assurances continue d’avoir la vie dure.

Difficile d’attirer une relève quand les métiers de cette industrie ont mauvaise presse. Pourtant, les assureurs manquent cruellement de main-d’œuvre qualifiée. D’abord, parce que l’industrie est en expansion, notamment chez les assureurs «directs», qui entrent en contact avec les consommateurs par l’intermédiaire de leurs agents.
«Les assureurs directs comme La Capitale, Desjardins, SSQ Assurances générales et Industrielle Alliance misent sur leur expertise reconnue pour recruter à l’échelle canadienne. Mais les emplois de tête – en supervision, en marketing, en actuariat, etc. –, tous des emplois connexes à l’assurance, seront pourvus au Québec», explique Robert LaGarde, président de la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages, un organisme sans but lucratif créé en 2002 par la Chambre de l’assurance de dommages et l’industrie. «Et puis, les banques qui vendent de l’assurance par l’intermédiaire de sociétés affiliées ont aussi besoin de personnel», ajoute-t-il.
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C’est sans compter tous les agents, courtiers et experts en sinistres qui, baby-boomers, prendront leur retraite bientôt. Selon un sondage commandé par la Coalition, au Québec, les employeurs de l’industrie devront pourvoir plus de 4 000 de ces postes d’ici à la fin de 2008. Ce qui correspond presque au tiers de leur effectif actuel.
Les adultes en réorientation de carrière peuvent aussi opter pour un programme d’un an, l’attestation d’études collégiales (AEC) en Assurance de dommages, offerte dans 16 cégeps et écoles privées. «Quand on aura des diplômés du DEC partout au Québec, on pourra dire mission accomplie», déclare Robert LaGarde. En 2005, des cégeps (dont ceux de Sorel-Tracy et du Vieux-Montréal) avaient des listes d’attente, surtout pour l’AEC. Cette année, au Cégep de Sainte-Foy, les demandes d’admission au premier tour pour le DEC ont augmenté de 29 %. «Cela démontre que notre action a porté ses fruits», se réjouit M. LaGarde.
«Depuis quatre ans, on voit sur le terrain les résultats du travail de la Coalition», atteste Johanne Giguère, coordonnatrice du Département Conseil en assurances et services financiers au Cégep de Sainte-Foy. N’empêche, l’établissement n’a pas assez de diplômés pour combler toutes les offres d’emploi qu’il reçoit. «Les jeunes diplômés gagnent environ 30 000 $ par année dès le début et ils jouissent de belles perspectives sur le plan professionnel. Mais peu de gens le savent.»
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«On peut assurer la responsabilité des dirigeants et des administrateurs de compagnies», expose Mathieu Gagnon, courtier en assurance de dommages chez Vézina, Dufault inc. et président de l’Association de la relève en assurance du Québec pour la région de Montréal. «Il y a aussi des assurances contre les erreurs et les omissions, ajoute-t-il, pour couvrir les conséquences d’un acte professionnel fautif, et l’assurance contre le crime, pour protéger contre d’éventuels cas de détournement de fonds, de vol d’argent ou de contrefaçon.» Ces produits sophistiqués ressemblent peu à la banale police d’assurance habitation ou auto.