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À trois, c’est mieux (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 7 août 2006

Le feu sacré

L’expert en sinistres est, en quelque sorte, le Sherlock Holmes de l’industrie. Chaque fois qu’un assuré déclare un sinistre, qu’il s’agisse d’un vol, d’une inondation ou d’un accident de la route, par exemple, un expert est assigné au dossier pour établir les faits et les circonstances du désastre. Sa première tâche consiste donc à mener une enquête sur le sinistre auprès des assurés, des policiers, d’éventuels témoins ou même des avocats embauchés par le client. Après avoir évalué l’ampleur des dégâts, il interrogera tous les intervenants mêlés au dossier pour colliger les renseignements nécessaires à la rédaction de son rapport. Une autre profession de terrain et de relations interpersonnelles.

Certains experts travaillent chez un assureur ou au sein d’une firme d’experts en sinistres indépendants qui effectue de la sous-traitance pour une compagnie d’assurance. Lorsqu’un assuré appelle son assureur ou son courtier pour lui signaler un sinistre, c’est l’expert qui prend le relais. D’autres experts, appelés «experts publics», sont au service des assurés. On les embauche lorsqu’il faut négocier soi-même son règlement avec un assureur. En guise de rémunération, l’expert public acceptera un pourcentage du montant obtenu de l’assureur. En mai dernier, le Québec comptait 2 400 experts en sinistres travaillant dans 1 017 entreprises (assureurs et cabinets confondus).

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Expert en sinistres depuis 26 ans, Richard Verreault est vice-président pour le Québec d’une firme d’experts indépendants, Experts en sinistres SCM ltée. Et il pratique toujours sa profession sur le terrain. «Pour donner un bon service, il faut bien connaître les contrats de l’assureur avec qui on fait affaire», explique-t-il. En situation de crise, après un incendie, par exemple, l’expert doit faire preuve de tact et passer immédiatement à l’action. Où dormira l’assuré? Comment joindre les membres de sa famille? Possède-t-il un exemplaire de son contrat d’assurance, une liste de ses biens?

Bien des sinistrés mal informés sur la portée de leur police se fâchent quand ils découvrent le montant du règlement accordé par leur assureur. Malgré tout, Richard Verreault a toujours le feu sacré. Ce qui le motive le plus? «Les relations humaines, le sentiment de rendre service à un assuré dans une situation difficile, répond-il. Il faut être professionnel dans nos démarches, être précis sur ce qui est couvert et ce qui ne l’est pas. La communication est un atout important.»

Le travail de bureau fait partie intégrante du boulot. «Le défi de l’expert en sinistres est de consolider tout son travail de terrain en un rapport complet», explique M. Verreault. Pour convaincre l’assureur et accélérer le règlement du dossier, il faut faire montre d’un bon esprit de synthèse et d’analyse. «Souvent, lorsqu’une maison incendiée est déclarée perte totale, il n’y a aucun indice sur les lieux. Pour bien présenter ce type de dossier, il faut y aller par élimination, couvrir tous les angles. Il faut démontrer, par exemple, que l’incendie n’a pas été causé par l’assuré, ni par un visiteur dans la propriété, ni par le réseau électrique. Une défaillance d’un appareil électrique dans la maison est toujours possible. Il faut répondre à toutes les questions que peut se poser l’assureur, qui est notre patron.»

Un débutant se verra confier de petites enquêtes à mener au téléphone, pour un salaire de départ d’environ 30 000 $. Sur la route, la rémunération est d’au moins 45 000 $ par année, indique Richard Verreault.


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