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Assurance de dommages

Quel dommage

Le secteur de l’assurance de dommages affiche une belle croissance, mais continue à manquer de main-d’œuvre pour poursuivre sur sa lancée.

Par Emmanuelle Grill
Coordination : Charles Messier


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 5 Mai 2008


Avec ses 1 300 employeurs qui font travailler 23 000 employés — dont 1 400 certifiés comme agents, courtiers, experts en sinistres ou souscripteurs —, l’industrie québécoise de l’assurance de dommages est la plus importante au Canada, après celle de l’Ontario.

Son défi n’est pas tant d’accroître son volume d’affaires que de trouver de la main-d’œuvre qualifiée pour soutenir son développement. «Nos récents sondages démontrent que les employeurs ont besoin de 1 300 personnes par an pour répondre à leurs besoins», explique Robert LaGarde, président de la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages. S’il estime que l’arrivée des nouveaux diplômés sur le marché du travail satisfait de 75 à 80 % des besoins, les postes à pourvoir sont tout de même encore légion.

La rançon du succès

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Est-ce à dire que l’industrie de l’assurance de dommages manque de candidats? Les écoles ont-elles du mal à recruter des élèves pour remplir leurs salles de cours? Pas du tout, selon M. LaGarde. «La demande est toujours en croissance et il y a même des cohortes en attente, affirme-t-il. D’ailleurs, 25 cégeps offrent désormais l’attestation d’études collégiales (AEC) en assurance de dommages, alors qu’ils étaient seulement 11 il y a quelques années à peine.»

Du côté du diplôme d’études collégiales (DEC) Conseil en assurances et en services financiers, sept établissements publics ou privés le donnent aux quatre coins du Québec. Selon M. LaGarde, d’année en année on se rapproche donc de l’adéquation entre l’offre et la demande. «Au cours des 18 derniers mois, les demandes d’admission au DEC et à l’AEC ont triplé!» se réjouit-il.

Les jeunes ont tendance à trouver que ces métiers ne sont pas assez sexy.

«Il y a un intérêt réel de la part des jeunes, soutient Maya Raic, présidente-directrice générale de la Chambre de l’assurance de dommages. Nous faisons une bonne promotion et la progression des inscriptions est excellente. Mais ce n’est pas encore suffisant pour satisfaire à la demande.»

Selon elle, la difficulté ne vient pas du manque de candidats; deux autres facteurs rendraient le recrutement particulièrement ardu. «L’industrie connaît une croissance, car les besoins d’assurances se multiplient et les couvertures sont de plus en plus sophistiquées. Par ailleurs, d’autres éléments comme les changements climatiques, l’augmentation du nombre de PME, etc., font croître la demande», explique Maya Raic.

Elle ajoute qu’à l’instar des autres secteurs de l’économie, l’assurance de dommages va connaître des vagues de départs à la retraite à court terme. «Environ 30 % de nos membres ont de 45 à 55 ans et vont se retirer au cours des prochaines années.»

La courbe démographique ne joue donc pas en faveur de l’industrie. «Les employés des cabinets de courtage, notamment, sont vieillissants et vont bientôt prendre leur retraite», confirme Dominic Lalonde, courtier et membre du comité de l’Association de la relève en assurance du Québec (LARAQ).


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