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«Macho», «paternaliste», «sexiste». Voilà comment les acteurs du milieu de l’assurance décrivent leur industrie telle qu’elle était autrefois. Les femmes représentent maintenant plus de 60 % des effectifs d’un secteur qui se plie désormais à leurs quatre volontés.

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Annie Nadeau vient tout juste d’intégrer le secteur de l’assurance de personnes. L’ancienne barmaid, conseillère en sécurité financière pour l’Industrielle Alliance depuis le mois de mai, a découvert le métier de courtière par hasard.
«Je ne savais même pas ce qu’était un REER! raconte-t-elle. Il y a cinq mois, je me suis acheté une maison et j’avais absolument besoin d’une assurance vie et d’une hypothèque. J’ai contacté l’Industrielle Alliance et j’ai remarqué que l’entreprise recrutait. J’ai tenté ma chance et, depuis ce temps, j’en mange, de l’assurance!»
La jeune femme confirme la tendance dans cette industrie qui était un bastion mâle et macho il n’y a pas si longtemps. Les femmes investissent tous les échelons de l’industrie de l’assurance de personnes. Au Québec, elles représentent plus de 65 % des effectifs du secteur. Dans celui des assurances de dommages, elles sont plus de six femmes sur dix au Canada.
Selon Annie Nadeau, les femmes sont particulièrement bien placées pour conseiller les clients en matière d’assurance de personnes. «Souvent, elles ont un instinct maternel, dit-elle. Elles désirent prendre soin des gens. Mon travail n’est pas de créer des besoins, mais bien d’aider mes clients.»
Dans le domaine depuis 1981, Madeleine Lafontaine, directrice générale pour Transamerica Vie Canada et responsable de la distribution directe des polices et des placements au Québec, croit elle aussi que les femmes apportent une profondeur nécessaire à la profession. «La capacité d’écoute fait partie de notre nature, affirme-t-elle. C’est la force d’une conseillère.»
Danielle Thibodeau est propriétaire de son propre bureau de courtage. Elle a 43 ans d’expérience. Elle a amorcé sa carrière à l’âge de 15 ans comme secrétaire. Les femmes prennent selon elle leur place dans ce domaine d’hommes parce qu’elles sont plus perfectionnistes. Sa compagnie embauche maintenant 18 employés, majoritairement des femmes. Près de 90 % d’entre elles travaillent à temps partiel. «Les femmes doivent être efficaces au travail, mais elles doivent aussi l’être à la maison! défend-elle. Lorsque j’étais employée, personne ne m’a donné cette chance, même si j’étais chef de famille.»
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Depuis une vingtaine d’années, les femmes sont devenues de grandes consommatrices d’assurances. Cet intérêt aurait favorisé leur intégration dans le milieu, selon Madeleine Fontaine. «Les conseillers ressemblent souvent à leur clientèle, observe-t-elle. À l’époque, on assurait les hommes pour 100 000 $ et les femmes pour 25 000 $. Aujourd’hui, les deux partenaires d’un couple ont les mêmes responsabilités.»
«Elles ont des voitures, elles sont propriétaires de maisons, confirme Maya Raic, présidente-directrice générale de la Chambre de l’assurance de dommages. Elles se lancent de plus en plus en affaires et elles ont besoin d’assurances pour leur commerce.»