On ne fabrique plus de Camaro à Boisbriand, mais plusieurs Québécois planchent sur la conception des véhicules de demain. Petite virée dans les horizons de l’industrie de l’automobile.

Depuis peu, des chercheurs de Saint-Jérôme font rouler leurs mulets : il s’agit d’étranges engins sur quatre roues, capables de singer une petite Smart, une Topaz 1987 ou même un Ford Bronco, la pollution en moins! Ces cobayes mécaniques permettent de recréer les caractéristiques des véhicules offerts sur le marché, du modèle urbain ultraléger à l’utilitaire sport, et de contribuer à la conception de véhicules plus écologiques. C’est là la mission de ce programme, appelé Caméléon.
Il y a 10 ans encore, ces chercheurs spécialisés auraient passé pour fous. Mais en 2004, les gouvernements provincial et fédéral ont investi des millions dans leur laboratoire unique au Canada, l’Institut du transport avancé du Québec (ITAQ). Ce laboratoire de recherche en propulsion avancée et en gestion de l’énergie est installé au Cégep de Saint-Jérôme, lui-même devenu récemment un pôle de développement du transport écologique.
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En cette ère de réchauffement planétaire, les mentalités évoluent et les subventions aussi. «Depuis au moins un an, on sent que les choses bougent, autant du côté du grand public que dans les couloirs des différents ministères», se réjouit Hugo Marsolais, directeur de la recherche et du développement de l’ITAQ. Il a enfin la certitude d’œuvrer dans un domaine plein de promesses.
Et il a raison : en avril dernier, l’industrie canadienne de l’automobile s’est engagée volontairement auprès du gouvernement à réduire de façon significative les émissions de gaz à effet de serre produites par les nouveaux véhicules au cours des cinq prochaines années. On parle d’une réduction de 5,3 mégatonnes par an, d’ici à 2010. D’après cette entente, l’industrie promet entre autres d’offrir un vaste éventail de technologies favorisant l’économie de carburant. La table est mise pour de grands changements. D’ailleurs, l’École de technologie supérieure, l’Université de Sherbrooke et l’Université McGill prévoient aussi demander l’aide de Caméléon pour faire progresser leurs recherches.
Peu importe qu’elle soit électrique ou hybride, la voiture de demain «sera certainement plus écologique», dit Denis Gingras, directeur général de l’Institut des matériaux et systèmes intelligents (IMSI) de l’Université de Sherbrooke, l’une des cellules québécoises faisant partie d’AUTO21. Ce réseau chapeaute un programme national de recherche et de développement impliquant des membres de l’industrie, du gouvernement canadien et 37 universités (canadiennes et étrangères). Son but est de favoriser le transfert technologique, afin que des innovations (télécommunications, création de nouveaux matériaux, sécurité, etc.) se retrouvent un jour ou l’autre chez les fabricants d’automobiles.