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Les chasseurs de têtes (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 2 no. 6
novembre-décembre 2001

À qui s’adressent donc les chasseurs de têtes? En général, ils s’adressent à un cadre intermédiaire ou supérieur... qui n’est pas à la recherche d’un emploi! «C’est un principe bête et méchant, mais il est plus facile de trouver un emploi quand on travaille déjà», constate Pierre H. Delisle, dans le métier depuis une vingtaine d’années et maintenant à son compte.

Les conseillers en recrutement exercent dans tous les domaines et se réservent en général des secteurs d’activité, tels que les télécommunications, les assurances, les services financiers, l’informatique ou le commerce de détail. Certains choisissent de se concentrer dans des spécialités très pointues, dans les secteurs scientifique, médical ou pharmaceutique par exemple.

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Selon Suzanne Mallette, directrice de la filiale montréalaise de l’entreprise américaine Robert Half International, plus le poste est important ou élevé dans la hiérarchie et plus les entreprises travailleront avec un chasseur de têtes. «C’est une affaire de confidentialité, explique-t-elle. Les entreprises ne veulent pas afficher publiquement qu’elles ont perdu un cadre.»

Ce que recherchent les chasseurs, ce sont donc généralement des cadres intermédiaires et supérieurs, des professionnels issus des nouvelles technologies ou de spécialités plus rares, ou encore des personnes qui disposent de connaissances ou d’expériences particulières.

«Un bon gestionnaire est toujours difficile à trouver, note Pierre H. Delisle. Et trouver le bon gestionnaire pour la bonne organisation, c’est plus difficile encore.»

Habituellement, le chasseur cherche là où il a le plus de chance de trouver le candidat idéal : dans une entreprise concurrente.

... et d’atomes crochus

Le processus de recrutement commence par une rencontre entre le chasseur et celui qui sera le supérieur immédiat du candidat recherché. Le chasseur cherche à connaître la nature du poste à pourvoir, son historique, les compétences nécessaires, la culture de l’entreprise, etc. Il produira ensuite un document présentant sa compréhension du mandat.

S’il obtient le feu vert, le chasseur utilise plusieurs techniques pour traquer la perle rare. «Il y a beaucoup de bouche à oreille, dit Suzanne Mallette. C’est une question de réseau. Nous sommes constamment à l’affût de ce qui se passe dans le marché, et cela, tant du côté des candidats que de celui des entreprises clientes.»


Se faire remarquer par les recruteurs

Les chasseurs chassés

Si vous ne travaillez pas, le chasseur de têtes a peu de chance de prendre contact avec vous. «C’est aussi une question de timing, explique Louise Côté, de Louise Côté recherche de cadres. Vous aurez beau avoir le meilleur CV au monde, si le chasseur n’a pas de mandat correspondant à votre profil, il ne pourra pas vous donner plus d’importance qu’à un autre.»

Elle conseille tout de même à la personne en quête d’emploi d’appeler un chasseur. «Il ne pourra rien pour vous s’il ne sait pas que vous existez et qu’il ne peut pas vous trouver.»

La façon la plus simple pour un chercheur d’emploi de se faire remarquer est de faire parvenir son CV accompagné d’une lettre à la firme de recrutement, puis de faire un suivi téléphonique. Certains, comme Louise Côté, préfèrent le format électronique au support papier, ou encore les envois par télécopieur.

Selon Suzanne Mallette, de Robert Half International, les chercheurs d’emploi ne savent pas comment attirer habilement l’attention d’un recruteur sur leur dossier. «Il faut respecter le temps du chasseur et éviter les CV de 20 pages, dit-elle. Certains racontent leur vie au téléphone!»

Le CV et la lettre doivent être concis et aller droit au but. «Il faut faire ressortir nos succès passés et montrer ce qu’on a apporté aux entreprises pour lesquelles on a travaillé», dit-elle.

Mais où trouver ces fameux chasseurs? Dans les Pages Jaunes, sous la rubrique «Cadres-conseillers en recrutement». Un bref coup de fil permettra de vérifier ceux qui couvrent nos domaines d’expérience.

On pourra également choisir de communiquer avec un maximum de chasseurs. «Même si ce sont des expériences qu’on ne couvre pas, on pourra toujours les diriger vers des collègues si le profil est intéressant», souligne Louise Côté.

Pour sa part Pierre H. Delisle, de PHD Conseil en ressources humaines, conseille de ne pas négliger le contact téléphonique. «Des CV, on en reçoit à la tonne, rappelle-t-il. Par contre, une bonne discussion téléphonique peut provoquer quelque chose, surtout si on montre que l’on est enthousiaste et que l’on peut apprendre vite.» Il suggère de solliciter une rencontre avec le chasseur. «Si ce n’est pas possible, on envoie le CV et une lettre disant qu’on rappellera.»

Selon les recruteurs, le chercheur d’emploi ne doit pas ensuite s’attendre à ce que le téléphone sonne nécessairement. «Seulement 6 % des postes à pourvoir le sont par des chasseurs de têtes, affirme Nathalie Lord, de la firme-conseil Les Débusqueurs de talents cachés. Le chercheur d’emploi ne devrait donc pas y consacrer plus de 6 % de ses efforts.»


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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