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Comédie dramatique (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 1 Janvier 2008


Toutefois, ces heures ne sont pas toutes passées à travailler d’arrache-pied. «Quand la caméra tourne, il y a souvent 40 personnes qui ne font rien, car elles ont déjà fait leur travail», précise Martin Ulrich. Mais elles doivent rester sur place en attendant les prochaines étapes.

«Durant les périodes intenses de travail, vivre normalement est très difficile. Il faut se dévouer énormément et oublier le sommeil!» concède Philippe Athlan. «La vie amoureuse, sociale et familiale en prend un coup», renchérit Richard Gravel.

Malgré ce rythme effréné, travailler dans le domaine n’est pas un trip réservé aux jeunes. «Au contraire, ce sont des professions où l’expérience est importante», souligne Martin Ulrich. «Mais il faut être en santé dans sa tête et dans son corps pour continuer, ajoute Richard Gravel. Il faut trouver un équilibre.» Pour favoriser cet équilibre, les techniciens de cinéma travaillent aussi pour la télévision et la publicité, des domaines aux horaires plus conventionnels.

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Question de fric

Qu’est-ce qui explique une telle cadence? Les contraintes de temps et d’argent auxquelles sont soumis les producteurs, selon Brunhilde Pradier, présidente de l’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son. Les tournages de longs métrages québécois s’échelonnent en moyenne sur 20 à 25 jours, ce qui est plus court qu’il y a 10 ans; les tournages duraient alors au minimum 26 jours. Et les budgets, bien qu’ils aient augmenté, restent modestes. Le coût d’un film québécois se situe entre 1,2 et 7 millions de dollars. Des broutilles en comparaison des productions américaines, dont la cagnotte s’élève parfois à une centaine de millions.

«On précipite beaucoup les horaires de tournage, déplore Brunhilde Pradier. Les comédiens et les techniciens subissent cette pression. Physiquement, c’est très demandant; le travailleur peut avoir l’impression que sa vie ne lui appartient plus. On est arrivé à la limite de ce qu’on peut absorber, et le résultat, le film, n’est pas toujours satisfaisant aux yeux de ceux qui y ont travaillé.»

«Durant les périodes intenses de travail, vivre normalement est très difficile. Il faut se dévouer énormément et oublier le sommeil!»
— Philippe Athlan, coiffeur et maquilleur

Philippe Athlan apporte toutefois un bémol. À son avis, de nombreux réalisateurs inexpérimentés font perdre du temps à l’équipe en exigeant, par exemple, 22 heures de travail pour 2 minutes à l’écran. «Mais parfois, ça exige effectivement tout ce temps», concède-t-il.

Payant, tout ça?

Heureusement, pour ceux qui sont doués, l’industrie est généreuse. Les employeurs proposent des rémunérations à l’heure ou à forfait et, dans bien des cas, six mois de travail peuvent générer un montant équivalent à une année entière de salaire dans d’autres corps de métiers. «On vit généralement bien, les salaires sont au-dessus de la moyenne et l’emploi ne manque pas», explique Martin Ulrich.

Philippe Athlan confirme. Selon lui, même si les revenus sont instables, il est possible de vivre confortablement en recherchant les bons contrats. «En coiffure, dans le milieu du cinéma, on peut gagner entre 25 000 $ et 100 000 $ par année.» Des salaires alléchants, mais souvent très faibles en comparaison des recettes enregistrées au box-office...



Cliques de plateaux

L’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son (AQTIS) est le plus gros syndicat de techniciens de cinéma et de télévision au Québec. Elle réunit environ 3 000 membres, auxquels s’ajoutent bon an mal an environ 1 200 «permissionnaires» (des techniciens non syndiqués ou en voie de l’être).

C’est par elle que passent la plupart des négociations de contrats entre les compagnies de production et les employés des plateaux. En 2006, sous l’égide de l’AQTIS, 28 courts métrages, 99 documentaires, 45 longs métrages et 13 téléfilms ont été produits.

Un autre syndicat, américain celui-là, commence à rallier des membres au Québec : l’Alliance internationale des employés de scène, de théâtre, techniciens de l’image, artistes et métiers connexes des États-Unis, ses territoires et du Canada (IATSE).


guide de survie


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