Les vêtements neufs font du chemin pour passer de l’atelier de confection à la garde-robe des consommateurs. Vendeurs, acheteurs, étalagistes, gérants déploient des trésors de créativité pour les choisir et les mettre en valeur.

Dans un monde d’apparences, la mode fait partie de notre trousse de survie. Et les statistiques le prouvent.
Au Québec, en 2006, les ventes au détail de vêtements ont atteint quatre milliards de dollars. Une diminution de 0,6 % par rapport à 2005, selon le Conseil québécois du commerce de détail. «Il ne s’est pas vendu moins de vêtements en 2006, nuance Gaston Lafleur, président de l’organisme. Mais comme les détaillants s’approvisionnent de plus en plus en Asie, ils peuvent vendre leurs vêtements moins cher.»
Ces ventes sont le fruit des efforts de quelque 39 000 travailleurs dispersés dans les 4 500 entreprises et les 300 bannières qui forment l’industrie du commerce de la mode au Québec.
| Pub. |
Pour tenir le rythme, les employeurs cherchent une main-d’œuvre qualifiée… et stable. «Si j’ai à choisir entre deux candidates, je suis portée à engager celle qui possède un DEP en vente-conseil», dit sans détour Nikki-Anne Hartt, gérante de la boutique Tristan & AMERICA au centre commercial Place Rosemère. «Elle a opté pour une formation qui démontre son intérêt pour la vente. Cela limite le roulement de personnel, qui est important dans notre industrie.»
Or, les écoles ont du mal à remplir leurs classes de vente. Faute d’élèves, la formation en vente conseil mode du Centre de formation professionnelle Wilbrod-Bherer, à Québec, n’a été offerte qu’en 2004.
À l’École des métiers de l’informatique, du commerce et de l’administration de Montréal, le DEP compte trois spécialisations : crédit à la consommation, assurance de dommages et commerce de détail. «Depuis deux ans, nous n’avons pas assez d’inscriptions pour donner le profil en commerce de détail», déplore l’enseignante Solange Champagne.
Même déception pour Sylvie Tremblay, professeure au Centre de formation professionnelle Pierre-Dupuy, à Longueuil. «Dans la cohorte de 2006, seulement 3 des 22 finissants ont choisi d’exercer leur métier dans le commerce de détail.» Explication? Le salaire, martèlent les deux enseignantes. «Un diplômé gagne, en moyenne, 20 $ l’heure comme représentant dans les assurances, contre 9,50 $ dans les boutiques», s’attriste Solange Champagne.
Patricia Lapierre, directrice générale du Comité sectoriel de main-d’œuvre (CSMO) du commerce de détail, considère toutefois que la formation aide à progresser vers des emplois plus lucratifs en mode. «Après seulement six mois comme vendeurs, nos diplômés accèdent à des postes de gérants adjoints», ajoute Sylvie Tremblay.
Passionnés de mode, voici donc un éventail de carrières qui, contrairement au stéréotype, ne consistent pas qu’à plier des piles des vêtements jusqu’à la fin de vos jours!
Si le consommateur qui sort de la cabine d’essayage ressemble à un épouvantail, le vendeur doit dénicher rapidement autre chose qui le mettra davantage en valeur. «Pressés par le temps, les clients s’attendent à ce qu’on facilite leurs achats», plaide-t-il.
Le vendeur doit également répondre aux questions concernant les produits, les promotions, les nouveaux arrivages, les tendances et l’entretien des vêtements. Enfin, il bouclera la transaction à la caisse.
En début de carrière, les vendeurs gagnent de 9,97 $ à 11,04 $ l’heure, selon les chiffres du CSMO du commerce de détail. Ils peuvent ensuite progresser et devenir gérants adjoints ou gérants. Les plus créatifs se tourneront plutôt vers l’emploi d’étalagiste. D’autres se verront confier le rôle d’acheteur, explique Maureen Buck, enseignante au DEC en commercialisation de la mode et à l’AEC acheteur junior, au Collège LaSalle, à Montréal.