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Commerces agréables

Des possibilités d’avancement rapide, un contact privilégié avec la clientèle et une carrière stimulante. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, les commerces de détail doivent offrir encore plus pour attirer des employés.

Par Marie-France-Lou Lemay
Coordination : Charles Messier


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 5 Mai 2008


«Le secteur du commerce de détail est un domaine fascinant où il y a beaucoup de défis», lance Gaston Lafleur, du Conseil québécois du commerce de détail, essayant tant bien que mal d’expliquer pourquoi les chercheurs d’emploi devraient aller porter leur curriculum vitæ au magasin du coin. «Les occasions de développer une carrière sont nombreuses et les individus peuvent progresser rapidement dans la hiérarchie», ajoute-t-il.

Or, pour trouver et garder leur personnel, les employeurs doivent offrir plus, notamment au chapitre des horaires et des avantages particuliers. «Le salaire n’est pas la seule chose, il faut aussi se servir d’autres facteurs qui peuvent devenir intéressants pour les employés comme offrir des quarts de travail plus flexibles», croit Jacques Poirier, gérant du magasin Intersport de La Sarre et président de la Chambre de commerce de l’Abitibi-Ouest.

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Et ces avantages doivent pouvoir s’adapter à différents publics cibles. «Ma génération ne demandait pas de congés», dit Julie Miclette, gérante d’un magasin de vêtements pour femmes à Granby. «Maintenant, les jeunes demandent plus de congés. Je pense qu’il faut être conciliant et faire des compromis.»

Chez Intersport, les employés et leur famille bénéficient de prix réduits sur la marchandise en magasin. «Ça leur permet de faire de bonnes économies. Ce sont des petits plus pour les garder dans notre entreprise», explique Jacques Poirier.

Aller vers les employés

Avant d’offrir des réductions sur le dernier gilet à la mode, les employeurs doivent innover dans leur recherche de personnel. Fini le temps où le patron plaçait dans sa vitrine le carton «employé demandé» pour trouver la perle rare. Les entreprises doivent maintenant initier de nombreuses démarches pour mettre la main sur le candidat idéal. «Les commerces sont appelés à investir dans la promotion de leurs emplois comme ils le font pour leurs produits. Ils doivent se mettre en valeur», explique Patricia Lapierre, directrice générale chez Détail Québec, le Comité sectoriel de la main-d’œuvre du commerce de détail.

C’est un domaine dynamique où il y a beaucoup d’innovations et où le changement est souvent la règle.

Il faut désormais que les employeurs mettent au point de nouveaux outils pour rejoindre la main-d’œuvre disponible, composée de plus en plus d’immigrants et de jeunes retraités. «Les employeurs ont intérêt à développer des outils qui sont adaptés à des clientèles différentes, poursuit Patricia Lapierre. Ils doivent reconnaître les ressources qui existent actuellement.»

Selon elle, les employeurs doivent se demander où sont les personnes de 45 ans, qui sont plus disponibles pour travailler, et comment rejoindre les nouveaux arrivants. «Il faut créer des alliances avec les organismes comme le nôtre pour créer un réseau d’information et de communication qui va faire en sorte que les emplois vont aller vers les gens, dit-elle. Pas seulement attendre que les gens viennent vers eux.»

Gaston Lafleur rappelle aussi qu’il n’y a pas seulement des vendeurs dans le commerce de détail. Commis, gérant, superviseur, étalagiste, les emplois disponibles sont multiples. Selon lui, pour pallier la pénurie, il faut faire connaître les nombreux métiers de ce secteur. L’industrie doit promouvoir davantage les professions qu’elle a à offrir. «Il est essentiel que les gens connaissent bien les carrières qu’on peut faire, en plus de comprendre l’importance du secteur [dans la société québécoise], dit Gaston Lafleur. C’est un domaine dynamique où il y a beaucoup d’innovation et où le changement est souvent la règle. Il faut s’adapter énormément puisqu’on est en lien avec les consommateurs.»



Salaire à la hausse

Le 1er mai, le salaire minimum augmentera de 8 $ à 8,50 $, une mesure qui aura un faible impact sur l’attractivité des emplois dans le commerce de détail, croit Gaston Lafleur. «Ça n’amènera pas les assistés sociaux sur le marché du travail. Ils n’y viendront pas pour 50 cents de plus. Mais c’est sûr que ça ne nuira pas.»

«Le salaire minimum va augmenter partout», fait remarquer Anne Bourhis, professeure agrégée et directrice du Service de l’enseignement de la gestion des ressources humaines à HEC Montréal. «La hausse du salaire n’est pas le remède à tous les problèmes. Un salaire attrayant est intéressant pour attirer les candidats, mais une fois les employés embauchés, il faut développer leur sens de la loyauté et les fidéliser avec autre chose que le salaire.»

En tout, ce sont 254 000 travailleurs qui seront touchés. Avec cette hausse, un employé qui travaille 40 heures par semaine au salaire minimum verra son revenu annuel augmenter d’environ 1 000 $.

Les salariés payés selon un pourcentage plus élevé que le salaire minimum auront aussi un portefeuille mieux garni. La rémunération suit ainsi la politique salariale de l’entreprise. Mais encore une fois, la solution n’est pas là.

«Souvent, les employés nous disent que la rémunération vient au quatrième ou cinquième rang des critères qui leur sont importants dans un emploi. Les défis offerts en entreprise, la variété des tâches et les possibilités d’avancement sont des aspects qui pèsent plus lourd que le salaire», tranche Gaston Lafleur.


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