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Publicité et relations publiques

Étude de marché

On n’a plus les publicitaires et les relationnistes qu’on avait. En cette ère de mondialisation, les agences de pub cherchent des créatifs polyglottes et les communicateurs de toutes sortes se tournent vers le Net pour capter l’attention de leur public.


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 6
juin-juillet 2006


Ne dites pas à ma mère que je suis dans la pub, elle me croit pianiste dans un bordel. Lorsque le scandale des commandites a éclaté, nombre de travailleurs de la publicité ont sans doute trouvé que ce titre du publicitaire et auteur français Jacques Séguéla devenait soudain moins drôle.

Tout à coup, leur univers glamour se transformait, aux yeux du public, en un monde de magouille où tous étaient suspects. Mais ce n’était pas le premier coup qu’encaissaient les professionnels du milieu, déjà échaudés par de nombreuses restructurations d’entreprises à la fin des années 1990.

Pub.

C’est qu’avec la mondialisation des marchés, «les annonceurs importants du monde entier ont centralisé leurs activités de publicité dans les grands centres comme New York, Londres et Paris et se sont tournés vers les agences de ces villes», constate Jean-Jacques Stréliski, vice-président et directeur de la planification stratégique et créative chez Publicis Canada et professeur au diplôme d’études supérieures spécialisées en communication-marketing, à HEC Montréal. Résultat au Québec? «Des agences ont été vendues ou ont fusionné. D’autres ont fermé leurs portes ou réduit leur taille et leurs effectifs.»

Depuis lors, les agences québécoises se voient confier plus de traduction et d’adaptation de campagnes qu’avant. Les métiers traditionnels de la pub, comme la rédaction-conception, en ont pris pour leur rhume. N’empêche, selon l’Association des agences de publicité du Québec, la province compte encore aujourd’hui une centaine d’agences et près de 3 500 travailleurs en publicité.

Voir loin

Jean-Jacques Stréliski souligne que, pour développer leur service marketing, les grandes entreprises de plusieurs secteurs – bancaire, pharmaceutique et alimentaire, par exemple – ont récupéré beaucoup de professionnels de la publicité laissés-pour-compte à la suite des restructurations. Graphistes, chefs de projets et directeurs de produits ou de marques peuvent maintenant œuvrer chez leurs anciens clients, à créer des stratégies marketing «maison».

Mais il y a encore des jobs en agence. Car les nouvelles technologies, comme Internet, le cellulaire ou les iPod, constituent un secteur en émergence, poursuit le publicitaire. «L’industrie cherche à la fois des stratèges pour créer des concepts adaptés à ces nouveaux supports publicitaires et des designers capables de les matérialiser.»

Internet, qui permet de communiquer directement avec son public cible, est aussi créateur d’emplois en relations publiques.

Les chargés de comptes sont aussi très recherchés, précise Yves St-Amand, président-directeur général de l’Association des agences de publicité du Québec. «Pour créer des emplois ici, il faut des clients aux États-Unis, en Europe ou en Asie. Des compagnies comme Diesel, Taxi, Bleu Blanc Rouge, Spoutnik et Cossette exportent déjà leur expertise. En 2006, quiconque connaît plusieurs langues, pays et cultures est en position de force devant les employeurs.»

Parle parle, jase jase

Pendant ce temps, les relations publiques ont de la jasette. Les communications s’intensifient, tant dans les médias qu’au sein des entreprises, qui doivent à la fois mobiliser leurs troupes et entretenir de bonnes relations avec la clientèle, les actionnaires et le grand public, souligne Marcel Barthe, professeur et directeur du programme de baccalauréat en communication à l’Université du Québec à Montréal. L’engouement est tel que nombre d’étudiants de cet établissement sont embauchés avant d’être diplômés.

Les quelque 7 500 professionnels québécois de la communication recensés par Statistique Canada sont de véritables touche-à-tout. En début de carrière, ils conçoivent des communiqués, des discours, des sites Web ou des vidéos promotionnelles, créent des liens avec les médias, organisent des conférences de presse et divers événements et participent au développement de stratégies de communication. Ensuite, ils accèdent à des postes de directeurs des communications, de conseillers stratégiques, de gestionnaires de l’image ou de porte-parole officiels au sein de grandes entreprises, de cabinets de relations publiques ou de ministères, par exemple.


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