Trouvez un article

Rechercher

Secteurs en vedette - Communication
Journalisme

Ça presse

Au Québec, pour un Bernard Derome, on compte des centaines de journalistes, recherchistes et pupitreurs qui exercent leur métier dans l’anonymat. Nouvelles fraîches.

par Sylvie L. Rivard et Martine Roux


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 6
juin-juillet 2006


De 1990 à 2000, le journalisme a connu son lot de compressions, de gels d’embauche et de conditions de travail», expose Chantale Larouche, présidente de la Fédération nationale des communications, qui regroupe des syndicats des salariés et des travailleurs autonomes du Québec. «La crise économique que traversait le Québec à cette époque n’a pas épargné les médias, qui ont dû procéder à des réorganisations structurelles et adopter de nouvelles technologies», explique-t-elle.

Toutefois, elle ajoute que la santé financière des médias s’est grandement améliorée et prédit une reprise prochaine de l’embauche dans la majorité des médias. «D’ici cinq ans, les prises de retraite vont s’accentuer. Nous prévoyons que la situation sera plus favorable aux diplômés.»

Pub.

Au Cégep de Jonquière, les finissants de l’option Journalisme du diplôme d’études collégiales Art et technologie des médias se trouvent facilement du travail. Bon an mal an, depuis 2000, le taux de placement de ceux qui se destinent à l’emploi se situe autour de 85 %. Où trouvent-ils du boulot? Surtout dans les quotidiens, les hebdos et les stations de radio régionales. «Si environ 40 % des étudiants se spécialisent à l’université, en sciences politiques, en droit et en sociologie notamment, c’est par intérêt et non faute de trouver un emploi dans leur domaine», souligne Andrée Lemay, coordonnatrice du programme.

Mille endroits où écrire

Du travail, il y en a aussi pour les bons pigistes. Mais les rédacteurs en chef confient à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) – qui recense 4 300 journalistes au Québec pour un millier de médias écrits et électroniques – qu’ils manquent de rédacteurs pigistes compétents. Du côté des médias écrits spécialisés, on réclame des journalistes économiques, disent les experts consultés. «Dommage, car ce n’est pas la “tasse de thé” de nos étudiants», s’attriste Antoine Char, professeur et directeur par intérim du baccalauréat en journalisme à l’Université du Québec à Montréal.

Et s’il y a des débouchés comme journalistes dans les quotidiens – et, dans une moindre mesure, dans les hebdos – les postes de pupitreurs constituent une bonne porte d’entrée, dit Antoine Char. «Certains débutent comme simples commis en répondant au téléphone dans la salle de rédaction, en triant les dépêches d’agences et en s’occupant du courrier. Mais d’autres font de la mise en pages, comme pupitreurs, avant d’occuper un poste en rédaction.»

Par ailleurs, les sites Internet de la presse écrite et électronique constituent un tremplin pour les jeunes. «Quand les médias écrits ont taillé leur place dans Internet, on y présentait davantage un calque du journal, se rappelle Andrée Lemay. Aujourd’hui, les contenus diffèrent, et de nouvelles équipes de journalistes sont embauchées. Et ce marché est loin d’être saturé : plusieurs médias investissent pour développer leur site Internet, et il y a multiplication des médias spécialisés.»

Internet n’est pas seulement créateur d’emplois : la Toile modifie l’exercice de la profession. «Après avoir été boudé par bon nombre de journalistes, c’est désormais un outil essentiel pour mieux contextualiser une nouvelle, faire des recherches en amont et en aval et respecter les impératifs de l’heure de tombée, indique Antoine Char. C’est sans compter sur les blogues qui ont des retombées sur l’information et ses artisans. Les journalistes sont obligés d’en tenir compte, car parfois, il y a là de véritables échanges d’information, des scoops

Si la télé vous intéresse

À l’avenir, les finissants en journalisme qui se destinent à la télévision devront être multidisciplinaires, martèle Claude Robillard, secrétaire général de la FPJQ. «Dans les années 1980, Radio-Canada pouvait dépêcher un preneur de son, un caméraman, un réalisateur et un journaliste sur les lieux d’un événement. Désormais, on recherche des vidéojournalistes capables de capter les images et de faire le reportage, et d’autres qui combinent la réalisation et le reportage/montage. Les syndicats ont toujours protesté contre le décloisonnement des métiers, mais la pression est très forte.» Les programmes de formation commencent à tenir compte de cette réalité, mais les journalistes devront aussi apprendre sur le terrain.

À noter : les jeunes journalistes ont souvent plus de chances de dénicher un emploi dans les médias électroniques régionaux ou comme correspondants en région pour un grand média. Télévision et radio comptent sur leur mobilité professionnelle, une caractéristique que les vieux routiers n’ont pas tous. Par ailleurs, le poste de recherchiste constitue toujours une porte d’entrée dans les grands médias électroniques.

Convergence oblige, les journalistes de demain travailleront dans plus d’un média, prédit Claude Robillard. «Dans la même journée, ils pourront toucher à plusieurs médias électroniques et écrits – parfois dans deux langues. Par exemple, lors d’un événement, on pourra demander à un journaliste de faire un reportage télévisé, puis d’écrire un court article pour un site Internet et un autre, plus fouillé, pour un journal.»

Le retraitement de l’information a aussi la cote, croit Claude Robillard. «Par exemple, dans les stations de radio, plutôt que d’envoyer des reporters sur le terrain, on engage des gens qui épluchent les fils de presse, les sites Web, etc., et qui remanient cette information pour créer un bulletin d’informations.»

Comme quoi, si les emplois sont au rendez-vous, les jeunes journalistes devront toutefois s’adapter à une profession et à un environnement qui bougent vite, vite, vite.


guide de survie


Si vous gaffiez devant vos collègues et patrons, comment réagiriez-vous?








Résultats