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Bacs et bottines

Pour bâtir un immeuble, une route ou un barrage hydroélectrique, il faut plus qu’une bonne idée et des ouvriers. Sans ses nombreux techniciens et bacheliers, l’industrie de la construction ne pourrait fonctionner. Portrait de ces importants travailleurs qui œuvrent dans l’ombre des chantiers.

Par Emmanuelle Gril


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 3 Mars 2007


Au Québec, ailes d’hôpitaux, pavillons d’universités et mégacentres commerciaux poussent comme des champignons. En passant près de ces chantiers, on remarque surtout les ouvriers qui s’affairent à couler le béton des fondations ou à installer les tuyaux de plomberie et de chauffage. Pourtant, urbanistes, architectes, arpenteurs-géomètres, designers de l’environnement et différents ingénieurs occupent aussi des postes clés dans le cadre de ces travaux. Il en va de même pour les techniciens et technologues qui gravitent dans le milieu. Une longue chaîne de travailleurs permet de passer de l’idée au chantier.

Projeter et délimiter

Tout projet de construction démarre avec une idée de bâtiment. Par exemple, un promoteur décide d’investir et d’ériger une tour de condos, ou accepte le mandat d’un client qui veut construire une nouvelle usine. Le Québec compte environ 1 000 entrepreneurs généraux qui agissent en tant que promoteurs. Dans le cadre d’un projet, ils peuvent embaucher des dizaines d’entrepreneurs spécialisés (en électricité ou en plomberie, par exemple), qui emploient eux-mêmes des dizaines d’ouvriers.

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Bien avant que le premier clou soit planté, l’urbaniste entre en scène. Ce spécialiste de l’aménagement doit absolument être membre de l’Ordre des urbanistes du Québec. «On analyse différents facteurs démographiques, économiques, juridiques, culturels, sociologiques, explique Pierre Goyer, urbaniste et vice-président adjoint des études et projets stratégiques pour le Groupe Gauthier, Biancamano, Bolduc. Par exemple, s’il s’agit de construire un centre commercial, on doit se rendre sur place, prendre note de la topographie, s’enquérir de la nature du voisinage, anticiper l’impact de cette construction sur le milieu, etc.» Harmonie architecturale oblige, les urbanistes ne permettraient pas, notamment, la construction d’un gratte-ciel dans un quartier où la majorité des bâtiments n’ont pas plus de trois étages!

Sur le terrain, l’urbaniste est parfois assisté par un technicien en aménagement et urbanisme qui est apte à réaliser, entre autres, des recherches sur les aspects socioéconomiques, physiques et environnementaux du territoire. Ce technicien s’enquiert des différentes caractéristiques du milieu urbain ou de la réglementation municipale en matière d’urbanisme. Il peut aussi être embauché par une municipalité afin d’émettre les permis requis pour la construction et s’assurer que les travaux en cours sont conformes aux règlements municipaux. Une fois le travail de l’urbaniste achevé, l’arpenteur-géomètre entre dans la danse. Membre de l’Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec, ce spécialiste établit les limites du terrain choisi pour la construction et effectue les recherches nécessaires pour être certain que l’emplacement du bâtiment projeté respecte la réglementation municipale.

Il supervise une équipe de technologues en géomatique. «Les technologues prennent des mesures très précises afin de situer l’emplacement exact de la future construction par rapport aux limites du terrain ou aux structures existantes autour. L’arpenteur-géomètre analyse ensuite ces données et produit un certificat d’implantation», explique Pierre Tessier, président de l’Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec. Sans ce certificat, les villes ne pourraient émettre de permis de construction.

Élaborer des plans

Certains projets nécessitent l’intervention d’un designer de l’environnement. Ce diplômé universitaire possède des connaissances en design architectural, industriel et urbain qui lui permettent de rendre les lieux esthétiques, confortables et fonctionnels. Il peut concevoir, par exemple, un centre commercial où le mariage de la lumière naturelle et artificielle, des formes, des couleurs et des sons ambiants sera particulièrement agréable.

Une fois son concept global accepté par le promoteur, le designer passe le relais à l’architecte, qui intégrera ces éléments à ses plans. Membre de l’Ordre des architectes du Québec, ce professionnel est habilité à dessiner les plans d’un bâtiment et à préparer les devis de construction, qui précisent notamment les dimensions de l’édifice et les matériaux à utiliser. En cours de construction, il pourra se rendre sur le terrain pour vérifier que l’évolution des travaux est conforme à ses plans. «L’architecte est le représentant de son client sur le chantier», explique Pierre Beaupré, architecte senior associé chez Beaupré et Michaud, Architectes. Ce client sera parfois un promoteur, parfois un particulier qui veut se faire construire une maison. «L’architecte est parfois appelé à tenir des réunions de chantier ou à autoriser les paiements aux entrepreneurs spécialisés qui fournissent les ouvriers, entre autres.»

Des technologues en architecture assistent l’architecte. À partir des croquis et des instructions de l’architecte, ils peuvent réaliser des dessins et préparer des devis ou des bordereaux de quantités de matériaux. Ils sont aussi appelés, dans certains cas, à se rendre sur le chantier pour faire le suivi et voir à ce que les travaux concordent avec les plans de l’architecte.


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