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L’industrie québécoise des produits de toilette

Parfum de fric

Longtemps coincés entre un fard Clarins et deux crèmes Lancôme, les cosmétiques québécois trouvent de plus en plus leur place dans l’industrie mondiale des petits pots. Bref, ça sent les bonnes affaires!

par Técia Pépin


Magazine Jobboom
Vol. 6 no. 6 juin 2005


Hommes ou femmes, les Canadiens adoooorent se pomponner. Leur penchant pour les petits pots se transforme en espèces sonnantes dans les coffres des géants de l’hygiène et de la beauté : ainsi, en 2003, les ventes de produits de toilette atteignaient 5,3 milliards à l’échelle du pays, selon l’Association canadienne des cosmétiques, produits de toilette et parfums. Crèmes, savons, fards, shampoings, produits pour le bain, parfums, hygiène dentaire : tout ce qui rend plus beau – en rêve ou en réalité! – s’envole comme par magie des étals des marchands. Les ventes totales de l’industrie au Canada croissent grosso modo de 6 % par année.

Ce sont les entreprises étrangères qui dominent sur ce terrain. En 2001, les huit plus grands fabricants de produits de toilette se partageaient presque la moitié des recettes mondiales, lit-on dans le Diagnostic sectoriel de l’industrie de la fabrication des produits de toilette réalisé en mai 2005 par la maison Éduconseil, pour le compte du Comité sectoriel de main-d’œuvre de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage (CCPR). Les deux plus importants? L’européen Groupe L’Oréal (Biotherm, Maybelline, Vichy, etc.) et l’entreprise américaine Unilever (Dove, Lux, Pond’s). Ces grandes entreprises sont également actives au Canada : par exemple, le Groupe L’Oréal emploie quelque 1 100 personnes à Montréal, et d’autres géants, tels Johnson&Johnson ou Estée Lauder, font travailler des gens d’ici.

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N’empêche, les entreprises de propriété québécoise ou canadienne conçoivent de plus en plus de cosmétiques. On pense spontanément à Lise Watier, qui a notamment sa boutique rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.

Certaines marques, moins connues, font aussi fureur à l’étranger. Les produits à l’érable (!) du chimiste montréalais Ben Kamins sont courus par les New-Yorkais, et les sérums d’un chimiste de la petite ville d’Hudson, Jess Vivier, sont vendus dans une vingtaine de pays. Hurteau & Associés, mieux connu sous sa bannière Fruits & Passion, est un autre succès outre-frontière.

Briller autrement

Fabricants, laboratoires, distributeurs : en tout, il y a 67 entreprises de cosmétiques au Québec, indique l’étude préparée pour le CCPR. Voilà qui correspond à 39 % des entreprises de produits de toilette canadiennes, d’ailleurs essentiellement concentrées au Québec et en Ontario.

Dans ce marché hyper compétitif, les Québécois doivent se démarquer pour toucher leur part du gâteau. Chez Lise Watier, on mise notamment sur les particularismes québécois, explique le relationniste Ryan Rochford. Par exemple, en lançant son parfum Neiges en 1993, l’entreprise a tenté de se démarquer des parfums parisiens. «Neiges réfère aux espaces canadiens, à la force de la saison hivernale, qui représente celle de la femme québécoise.»

Il y a un réel engouement pour les produits verts. Le secteur des cosméceutiques semble aussi promis à un bel avenir.

Pour Denyse Beaulieu, directrice de la création chez Corporation Pharmaceutique Professionnelle, une entreprise québécoise de 250 employés qui commercialise les marques Marcelle et Annabelle, être petit n’est pas nécessairement un inconvénient. «Notre entreprise a peu de niveaux hiérarchiques. Quand un employé a une bonne idée, il peut parler rapidement à l’interne, ce qui nous permet de sortir plus vite un nouveau produit sur le marché.»


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Résultats



Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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